The death of Hitler

6- [**La mort d’Hitler*]

Ce dernier chapitre clos l’étude de Jacques Tcharny sur la fuite des nazis en Amérique du Sud, vous en retrouverez les différentes séquences au bas de l’article

**A- L’état physique et psychique du Führer

Le lecteur peut, légitimement, s’étonner que nous n’ayons pas encore parlé d’un mystère qui passionne le monde depuis mai 1945 : celui de la mort d’Hitler sur lequel tout et son contraire a été dit et écrit. D’autant plus que la série historique « Hunting Hitler », dont il a beaucoup été question dans cette étude, est consacrée, principalement, à la traque d’Hitler après la capitulation allemande. Pour saisir la situation, il nous faut reprendre le cours des événements depuis avril 1945, dans les ruines de Berlin.

L’effondrement physique et psychique du Führer, qui suivit l’attentat du 20 juillet 1944, devait aller crescendo jusqu’à la fin, comme le constatèrent ses visiteurs (2), lors de leurs entrevues avec le dictateur dans son bunker fortifié.

Sa dernière sortie filmée eut lieu le 18 avril 1945. Sur ces images, on le voit féliciter de jeunes hommes et des gamins de leurs exploits contre les Russes. De satisfaction, il tapote la joue d’un très jeune en l’encourageant à persévérer. On le voit aussi tenant son bras gauche avec sa main droite pour éviter que l’on se rende compte de son tremblement nerveux. Au-delà du psychopathe, en voyant ce personnage au visage ravagé, n’importe qui ayant de l’expérience humaine peut affirmer qu’Hitler n’avait plus beaucoup de temps à vivre, non pas qu’il apparaisse « malade » à proprement parler mais son état de déchéance physique comme sa décrépitude morale, évidente, ne laissent aucun doute sur sa fin imminente. Le diagnostic saute aux yeux (2).

Le 20 avril, jour du cinquante-sixième anniversaire d'[**Hitler*], il reçut les félicitations de [**Goring, Ribbentrop, Goebbels, Donitz*], Etc…Tous le trouvèrent vieilli, paraissant vingt ans de plus que son âge réel.** Dans la nuit du 21 avril, Hitler perd connaissance et le [**Docteur Morell*] doit lui faire une piqûre, qui le rend hystérique. Hitler était devenu complètement fou (2). Il était, à coup sur, toxicomane à la morphine. Il avait toujours été dérangé mais la défaite accentuait sa manie de la persécution et sa mégalomanie. Au regard de tout observateur objectif, son existence touchait à sa fin. Il le savait : c’est ce qui le décida à demeurer à Berlin jusqu’au bout, cherchant à entraîner ses fidèles, voire le peuple allemand, avec lui. Mais son entourage n’avait aucune envie de se suicider dans cette « apothéose wagnérienne » revue et corrigée par Nietzsche.

**B- Les faits dans le bunker

Le 23 au matin, le [**général Helmut Weidling*] appris sa condamnation à mort par le Führer pour « lâcheté devant l’ennemi ». Il se rendit dans l’après-midi au bunker où Hitler, impressionné, le bombarda « commandant en chef de la forteresse Berlin ». Ce militaire correct (2) ne fut pas servi par la chance : il dut signer la capitulation de la garnison, fut fait prisonnier par les Russes qui l’envoyèrent à la « Loubianka » !prison du régime stalinien de triste mémoire), où il fut interrogé sans ménagements par ses geôliers (2). En 1954, les soviétiques relâchèrent la quasi-totalité des prisonniers allemands qui retournèrent en Allemagne, de l’Est évidemment, mais pas Weidling qui fut alors condamné à dix ans de prison supplémentaires pour n’avoir pas capitulé assez vite et, par-là, être devenu « l’assassin de milliers de soldats russes ». Il mourut à Vladimir en 1955, des suites d’un interrogatoire trop poussé. La raison de cet acharnement est à rechercher dans le fait qu’il fut l’un des derniers à rencontrer Hitler, dans le bunker, le 30 avril 1945 au matin…

Le 26 au soir, se produisit un événement incroyable : [**Hitler*] avait convoqué le [**général Ritter Von Greim*] pour lui confier la direction de la Luftwaffe et l’homme vint donc de Munich où il se trouvait. Il arriva , accompagné de sa maîtresse, [**Hanna Reitsch*], qui était le meilleur pilote de toute l’Allemagne. Elle réussit l’invraisemblable : poser son petit appareil (un Fieseler Storch) près de la porte de Brandebourg ! Le 28 au soir, Hanna Reitsch reprit les commandes d’un avion d’entraînement (un Arado 96), avec Ritter Von Greim à ses côtés. Elle fut capable de le faire décoller de la porte de Brandebourg, devant les yeux médusés des soldats russes proches, qui CRURENT qu’Hitler s’échappait (2).

L’Arago 96 se fit tirer dessus mais ne fut pas touché et le couple atteignit sa destination finale. Pour que l’avion puisse d’abord atterrir, puis s’envoler, il avait fallu abattre tous les arbres sur Unter den liden ( les Champs-Élysées berlinois), que défendaient encore les Allemands.(2 & 5)

Que les choses soient claires: il n’y eut AUCUN AUTRE avion à se poser ou à décoller de Berlin après l’exploit d’Hanna Reitsch (2).

Le même soir [**Hitler*] épousait [**Eva Braun,*] devant un fonctionnaire de l’état-civil, [**Walter Wagner*] (2).

Le 29 au soir, trois officiers présents dans le bunker reçurent l’autorisation directe d’Hitler de partir et de tenter de passer au-travers des patrouilles russes. Il s’agit de : [**Boldt*], [**Weiss*] et [**Freytag von Loringhoven*].Le même jour (2), [**Erich Kempka*], reçut l’ordre de ramener des bidons d’essence dans le bunker.

Le 30 au matin, le général Weidling vint au bunker et s’entretint avec le Führer. Il fut donc un des derniers à voir Hitler vivant (2). Ce dernier déjeuna avec sa diététicienne [**Constanze Manzialy*] et ses deux secrétaires [**Traudl Junge*] et [**Gerda Christian*] (2). La première fut violée par un peloton entier de soldats russes ivres et mourut. Les deux dernières survécurent et réussirent à passer l’Elbe pour se retrouver en zone américaine. Elles racontèrent leur histoire (2).

Après le déjeuner, Hitler et Eva Braun firent leurs adieux aux intimes, dans leur antichambre.(2) Il était autour de quatorze heures, au maximum quatorze heures trente. Personne n’a entendu les coups de feu mais, vers quinze heure quinze, le valet d’Hitler [**Heinz Linge,*] [**Bormann,*] [**Axmann*], [**Gunsche*] et [**Goebbels*] pénétrèrent dans le salon particulier d’Hitler, les autres furent refoulés (2). Gunsche et Linge transportèrent un corps enveloppé dans une couverture jusque dans les jardins de la Chancellerie (2). Puis ce fut au tour du corps d’Eva Braun (2). Les deux cadavres furent arrosés d’essence et brûlés. Goebbels, Bormann, Krebs et Burgdorf firent le salut nazi en signe d’adieu (2). Les deux derniers se suicidèrent peu après.

**C- Découverte des corps d’Hitler et d’Éva Braun

[**Staline*], fasciné par Hitler, son modèle et le seul homme en qui il eut jamais confiance ( à tort), avait envoyé une équipe du redouté SMERSH (Смерть шпионам, police politique spéciale) pour récupérer Hitler ou son corps. La traductrice, [**Yelena Rjevskaia*], et les membres du groupe durent signer un document qui leur interdisait de dire un mot sur leur mission à quiconque. Sachant ce qu’ils risquaient, ils se turent si bien que, vingt ans plus tard, la traductrice (2) apprit la vérité sur la mort du Fuhrer à [**Joukov*] lui-même !

La fouille du Bunker avait commencé dès le 2 mai. Ce n’est que le 5 mai que furent découverts les corps d’Hitler et Eva Braun, calcinés, dans les jardins de la chancellerie, à l’extérieur du bunker donc (2). Le [**général Vadis*] ordonna les vérifications des corps. On retrouva l’assistante du dentiste de Hitler qui examina les mâchoires et reconnue alors les prothèses comme étant celles du Führer (2).

**D- Le secret de Staline

[**Staline*] laissa planer le doute, auprès des occidentaux, sur le sort d’Hitler. Il alla jusqu’à dire qu’il ne savait pas si son alter-ego dictateur avait pu s’enfuir ou non, qu’il n’y avait aucune preuve de son décès. La tournure des événements devenant un affrontement larvé entre l’Est et l’Ouest, la crainte s’installa : Hitler avait-il pu fuir Berlin ? Et gagner l’Argentine (5) ? Ce qui enchantait le dictateur de Moscou dont une des devises était : « diviser pour mieux régner ». C’est seulement à la chute du communisme que, lentement, l’esprit des dirigeants russes évolua sur ce sujet devenu point d’Histoire contemporaine.


Des dizaines d’années après, les soviétiques laissèrent des savants occidentaux examiner la mâchoire inférieure sensée provenir du cadavre du Führer. Elle appartenait à une femme de trente à quarante ans. Eva Braun ? Personne ne sait car il n’a pas été possible de comparer l’ADN du maxillaire avec l’ADN de la seule personne de cette famille encore vivante (5). Les soviétiques du temps de Staline avaient tant l’habitude des coups fourrés qu’il ne faut pas s’étonner de cette péripétie.

Mais [**Yelena [**Rjevskaia*]*], la traductrice, a parlé, lorsque ce fut possible. L’assistante du dentiste d’Hitler aussi, elle qui n’avait rien à gagner à mentir aux Russes, au contraire ! Leur version des faits n’a jamais variée. Ce sont des témoins fiables dont aucun chercheur n’a remis en cause la parole.

D’autre part, comme déjà indiqué, une évasion par les airs est à exclure** et passer par des tunnels secrets pour sortir de Berlin, dans l’état où était Hitler, c’est impensable. N’oublions pas non plus que la plupart de ces fameux tunnels avaient été détruits par l’artillerie russe ! D’ailleurs, ceux qui sortirent du bunker se déplacèrent à l’air libre, avec la crainte permanente d’être tué sur le champ. Si des tunnels avaient vraiment pu être utilisés, pourquoi Bormann prit-il le risque de se déplacer à l’air libre ?

Tout indique qu’Hitler est mort dans le bunker. Bormann a eu une chance incroyable qui lui permit de sortir de la capitale dévastée, d’atteindre l’Argentine où il tenta de mettre en place « le Quatrième Reich ». Son échec fut complet.


Document des archives allemandes, version colorisée.

[** Epilogue*]

Ce sont les vainqueurs qui écrivent l’Histoire affirmait [**Goering*] à ses juges de Nuremberg. C’est exact. Peut-être est-ce la raison qui a prévalu dans le fait que « le Quatrième Reich  », inabouti pour le plus grand bonheur du monde, est resté une aventure secrète que l’on a discrètement escamotée. Est-ce mieux ainsi ? Sans doute…
Mais ni le nazisme, ni le fascisme, ni les dictatures extrémistes, religieuses ou autres, n’ont disparu. Ils pointent toujours leur nez dans les périodes de crises. Ils œuvrent toujours parmi les populations contemporaines. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder les informations télévisées. Les choses ont évolué bien sûr, la forme a changé, mais le fond est toujours le même. Le diable ne meurt jamais.

[**Jacques Tcharny*]


[(Déjà publiés dans cette série:

La Traque des nazis, la fuite de Bormann

Les Nazis en Amérique du Sud

Les accointances nazis de Juan Peron

Le plan des nazis en Argentine, fuite et mort de Bormann

La mort d’Hitler, ultime sursaut du Troisième Reich

L’article dans toute sa globalité, et avec ses notes, peut aussi être lu intégralement, cliquer ICI
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WUKALI 09/02/2018)]

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SOURCES :

(1) Pierre Béhar, universitaire français spécialiste de la civilisation allemande  : du Premier au Quatrième Reich, permanence d’une nation, renaissance d’un état, Dèsjonquères éditeur, collection le bon sens, Paris 1990
(2) Anthony Beevor, la chute de Berlin, éditions De Fallois, Paris, 2002
(3) Alain Decaux raconte : 1969, saison 1, épisode 7 : qu’est devenu Martin Bormann, le second de Hitler ?
(4) référence : http://religion.orf.at/stories/2708868: interview de l’historien Gérald Steinacher, spécialiste des réseaux d’exfiltration nazis
(5) Voir «  Hunting Hitler »( la chasse à Hitler), saisons 1 et 2, série américaine présentée en version française sur la chaîne « Planète + rouge» en 2016, dont certains épisodes sont accessibles gratuitement sur « youtube ».
(6) Voir sur youtube l’interview de Jorge Silvio Colotto(1915-2011) aide de camp et secrétaire particulier de Peron, plus tard Commissaire Général. Entretien avec la journaliste américaine Laurence de Mello. Rediffusé dans « Hunting Hitler », saison 2.
(7) http://www.liberation.fr/planete/1995/08/31/argentine-terre-d-asile-des-anciens-nazis-en-cavale
(8) www.slate.fr/story/101685 du 18 mai 2015)]

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