N-Y judge returns Nazi-looted artworks to Holocaust victim’s heirs


C’est un attendu de justice de 17 pages qui a été rendu ce Jeudi 5 avril 2018 par le juge [**Charles Ramos*] à la Cour suprême de l’État de New York dans l’affaire qui oppose les héritiers [**Grünbaum*] au marchand d’art et galeriste [**Richard Nagy*]. L’objet de cette dispute judiciaire : deux dessins aquarellés du peintre autrichien [**Egon Schiele*] qui appartenaient à Frantz Friedrich Grünbaum et sa femme Élisabeth et qui furent «récupérés» par les Nazis. Après une procédure de plusieurs années le juge en dernière instance a donné droit aux héritiers Grünbaum. Le marchand devra restituer les oeuvres, l’une a été peinte en 1911 et est nommée «Femme au tablier noir», l’autre date de 1912 et est nommée «Femme dissimulant son visage».

Ces aquarelles appartenaient à [**Friedrich Grünbaum*] (1890-1941), un imprésario autrichien qui ne cachait pas son hostilité au mouvement créé par Hitler. Il fut arrêté par les Nazis en 1938 parce qu’il était juif, il mourra au camp de [**Dachau*] en 1941. Sa femme,[** Elisabeth*] fut contrainte, après l’arrestation de son mari, de céder la collection composée de 449 oeuvres ( dont 80 dessins ou peintures d’Egon Schiele) que «Fritz» son mari, amateur passionné de peinture, avait patiemment constitué au fil du temps. Elle fut de même chassée de son appartement. On peut imaginer les pressions et violences psychologiques et physiques qu’elle eut à subir. Elle mourra dans un camp en 1942.

Après guerre des oeuvres de la collection Grünbaum font surface en 1956 dans une vente en Suisse organisée par la maison de vente [**Eberhard Kornfeld*] à la demande de [**Matilda Lukacs*], belle-soeur de Friedrich Grünbaum. On ne sait rien de ce qu’il advint de la collection entre 1942 et 1956. Mais ce n’est que lors d’une exposition organisée en 2015 par le galeriste [**Richard Nagy*] à New-York que les deux aquarelles sont très clairement repérées et identifiées par les héritiers du couple Grünbaum : Timothy Reif, David Frankel et Milos Vavra

Dans ce dossier juridique complexe et qui a mobilisé cabinets d’avocats, juristes et experts, Richard Nagy a tout au long des plaidoiries et du dossier témoigné de sa bonne foi lors de l’achat qu’il fit des deux oeuvres. C’est un marchand anglais connu et reconnu, notamment spécialiste des expressionnistes. Ses avocats ont mis en avant le délai du dépôt de la plainte pour restitution qu’ils estimaient périmé.

Le juge de la Cour Suprême de New-York [**Charles Ramos*] a quant à lui excipé de la loi «Holocaust Expropriated Art Recovery (Hear) Act» promulguée en 2016 et qui prolonge de six ans le délai légal pour dépôt de plainte. Justice a été rendue.

[**Julius Kleiner*] correspondant de Wukali à New-York et [**Pierre-Alain Lévy*]


Illustration de l’entête: Femme dissimulant son visage. Egon Schiele. Photo © Richard Nagy Gallery London

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WUKALI 07/04/2018)]

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