Excellence of Chamber music with three delicate musicians


[**Lahav Shani*], piano, [**Renaud Capuçon*], violon et [**Kian Soltani*], violoncelle, c’est le trio de choc du concert donné ce jeudi 5 avril au Conservatoire Darius Milhaud. L’interaction entre les auditeurs et les musiciens était très forte. Il s’est passé « quelque chose » de précieux ce soir-là !

Le pianiste et chef d’orchestre Lahav Shani, âgé seulement de 29 ans, et Kian Soltani, violoncelliste de 25 ans, ont rejoint pour la première fois le violoniste Renaud Capuçon pour un concert à donner des frissons. Une rencontre placée sous le signe de l’émotion car rarement la musique de chambre a atteint une telle intensité. L’interprétation était parfaite, et sur la scène, on pouvait sentir la fraternité qui unissait les musiciens. Une fraternité toute au service de la musique. Non, ces grands n’ont pas d’ego démesuré et pourtant, sur scène, ils étaient les charismatiques Maîtres du monde !

Trio pour piano et cordes n° 3 de [**Dvořák*] ou le Trio de [**Tchaïkovski*] le programme déjà, nous laissait présager le meilleur, et l’excellence s’est présentée.

On retient souvent de Dvorak sa symphonie du nouveau monde, une merveille, certes, mais dans la musique de chambre, c’est également un compositeur de premier ordre. Dans une salle de concert à l’acoustique irréprochable peu de chose nous échappe. On est entré dans l’intimité mélancolique et sombre de cette musique. On reste, longtemps après sous le charme de la fougueuse intensité de ce 3 ème trio en Fa mineur, un trio de passions. Les musiciens nous ont offert l’équilibre parfait de cette musique quasi irréelle.

On se souviendra longtemps de ces tempos enlevés, ce lyrisme incroyable. Quand la tension s’installe, on retient son souffle. Puis la fougue, la vivacité se frayent leur chemin dans la partition pour ré enchanter la musique. Piano, violon et violoncelle contrôlent à merveille ces moments si différents, entre tension, nostalgie, et rêverie. Rêverie souvent apportée par des flottements magiques dans les mouvements lents. Ce qui est étrange, c’est de réussir à créer un climat ténébreux et sombre, et dans le même temps, offrir des moments d’allégresse et de légèreté.

[**Piotr Ilitch Tchaïkovski*] (1840-1893) Trio pour piano en la mineur, op. 50. Là encore, Renaud Capuçon, Kian Soltani et Lahav Shani nous ont offert une interprétation remarquable. Quelle présence scénique, et pourtant, plus que jamais, leur jeu se fait dans l’écoute des trois parties, à armes égales, pourrions-nous dire. On apprécie cette mise en place « discrète » des capacités virtuoses des trois interprètes. Ah cette question d’humilité qui fait défaut à tant de musiciens ! Mais Renaud Capuçon connaît bien ses invités. Il sait que leur sensibilité nous touchera. Il sait encore que leur son est magique et qu’ils sont, malgré leur jeune âge, les musiciens rêvés pour jouer cette œuvre aux dimensions impressionnantes. On rentre dans cette musique dès le premier mouvement. Une succession de thèmes simples nous séduisent. Les trois instruments se répondent sur le même motif, et la mélodie est comme toujours sublime chez Tchaïkovski. On est touché ensuite par la douleur qui s’installe, notamment dans la partie du violoncelle. On passe par des phases de désespoir, (l’argument n’est-il pas d’honorer la mémoire de son ami, [**Nicolas Rubinstein*] ?!) Il est donc question d’un «tombeau » musical et il requiert un ton funéraire approprié. Oui, c’est par moment très sombre, mais on reste désespérément… heureux !

Le festival de Pâques se termine dimanche 8 avril 2018
Nicholas Angelich remplace Daniel Barenboïm, souffrant, pour le concert de clôture du Festival de Pâques, le dimanche 8 avril à 17h au Grand Théâtre de Provence.

Le programme du concert est légèrement modifié :
Claude Debussy
Prélude à l’après-midi d’un faune pour deux pianos
Sonate en ré mineur pour violoncelle et piano
Sonate pour violon et piano
Robert Schumann
Six études en forme de canon, op. 56 (arrangement pour deux pianos de Claude Debussy)
Felix Mendelssohn
Trio pour piano, violon et violoncelle n°1 en ré mineur, op. 49

[**Pétra Wauters*]


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WUKALI 08/04/2018)]

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