An excellent one-man show, for sure the best actor of his generation


**Philippe Caubère*], au Théâtre du Gymnase. Avec Adieu Ferdinand, Il faisait chaud, très chaud ! Il nous avait régalés avec son[ Bac 68 à Aix-en-Provence, au Théâtre du Jeu de Paume en février dernier. Un mois plus tard, avec cet ultime rendez-vous Philippe Caubère nous a réservé quelques surprises. Des bonnes, des moins bonnes, mais les excellentes l’emportent.

Ces deux spectacles inédits sont totalement indépendants et ne sont pas deux nouveaux épisodes d’un roman bouclé depuis longtemps. C’est le bouquet final d’un feu d’artifice qui a duré plus de 30 ans …

On parle du phénomène [**Caubère*], un titre qui n’est pas usurpé car n’est pas Caubère qui veut ! Depuis 1981, il nous raconte les aventures de son double, Ferdinand.
 Un spectacle-fleuve, une saga touchante, un homme se racontant et racontant toute une époque, livrant une comédie humaine à lui tout seul. Depuis toutes ces années, des milliers de fidèles se passionnent pour l’homme Caubère, son théâtre hors norme. Avec Adieu Ferdinand l’auteur-acteur-metteur-en-scène tire sa révérence à son alter ego théâtral Ferdinand Faure
 et il le fait à sa manière, d’une drôle de manière qui ne plait pas à tous. Gare aux esprits chagrins !

Les choses vont très mal à l’époque pour Philippe Caubère. Pour nous les raconter et raconter cette jeunesse, il a décidé de rester jeune! Il l’est du reste. Il court, saute, se roule par terre, descend des escaliers, les remonte, physiquement déjà, quelle performance !


Il donne tout Philippe Caubère, jusqu’à sa voix qui s’éraille. Voilà des mois qu’il n’arrête pas. Ce soir-là, nous le découvrons avec sa femme, [**Clémence*]. Ils s’étaient mariés à la Cartoucherie devant tout le Théâtre du Soleil fondé par [**Ariane Mnouchkine*]. On en apprend de belles mais quelle est la part de vérité dans tous ses souvenirs? Qu’importe ! On le suit, c’est-à-dire, on essaie, car les thèmes sont abondants : il sera question d’ « une baleine » ou « Moby Dick ». Il ne s’agit pas d’une sirène non, mais bien d’une baleine qui dans son gros anorak lui fait beaucoup d’effet. Une femme, algérienne, grosse, qui l’attire, l’attire et lui de lutter, de lutter… mollement… et Clémence avoue-t-il, «Maigre comme un stoquefiche ne fait pas le poids avec la baleine ». Elle a beau pleurer, gémir, rien n’y fera ! L’appel du sexe est trop fort. Il commet son forfait, on vous passe les détails, et la maitresse d’un soir utilisera le téléphone arabe – scène drôlissime – pour faire savoir la chose à ses voisins de rues… On est à Marseille, ne l’oublions pas, et dans certains quartiers, les ruelles sont si étroites que l’on peut se passer le sel d’une fenêtre à l’autre. Les voisins (c’est le principe du téléphone arabe) colporteront les exploits de Ferdinand jusqu’à Alger. Il est donc question d’adultère, vous l’aurez compris. Pour rejoindre sa maitresse, il prendra le métro. Séquence très drôle aussi. On s’y croirait : coincé, balloté, secoué ; Et secoué encore à l’arrière de la petite Austin Mini Break, « une savonnette blanche », en route pour le camp de naturistes de Montalivet. Pascal, le jeune frère conduit, Clémence est à ses côtés. Elle voulait changer les idées à son mari dépressif, lui faire oublier le cauchemar de son divorce avec le Théâtre du Soleil, ainsi que celui de la création de Lorenzaccio au Palais des Papes en compagnie d’une troupe de Belges. Plus il est déprimé, plus on rit !


Il est encore question de douche, et dans un camp de naturistes, c’est « nature » certes, mais parfois un peu cru. Il est question de nazis, de belges, d’une séance de planche à voile très comique, le fils apprenant au père qui se voit soudain emporté par le vent… On découvre encore un abject personnage face à son petit garçon. Il lui « apprend le foot » à coup de grossièretés… Ouf, il est question de Proust, (qui le sauvera) même s’il n’est ni aisé ni recommandé de lire la Pléiade sur une plage de nudistes.

Vous avez dit « Burlesque» ? Oui, mais cela manque parfois un peu de distinction et il faut bien avouer qu’à certains moments, on se dit « mais il est fou ! Mais jusqu’où ira t-il ? » On imagine que cela ne doit pas déranger notre Philippe Caubère, bien au contraire. Et puis, on était prévenus.. Vous pensiez à quoi lorsque vous avez pris vos places pour le camp de naturistes ? C’est quand même Caubère qui mène la danse. Cela fait partie du « jeu ». Ne le croyez pas quand il dit dans la pièce « Je dis n’importe quoi, empêtré que je suis dans le scotch de la vie ». Philippe Caubère sait toujours ce qu’il dit, à la virgule près, à la respiration près.

Si la provocation dérange parfois, l’acteur est tellement généreux et tellement prodigieux, que l’on « ferme les yeux » ! Non, il faut vite les rouvrir, il passe d’un personnage à l’autre avec une telle rapidité qu’on peut perdre le fil. C’est tellement plein de virtuosité et de malice. Quantité d’images éloquentes, signifiantes défilent à la vitesse grand V devant nous, même si Philippe Caubère est là, tout seul sur scène, avec sa chaise !
C’est vrai, parfois on rit jaune, mais on rit quand même. Puis on ne rit plus du tout, tant pis, on attend que ça se passe. Puis ça redevient cocasse, irrésistible, truculent. On se répète, on vous le redit, cet homme-là est génial, immense.

[**Pétra Wauters*]


Philippe Caubère. Découvrez son site et son actualité.


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WUKALI 08/04/2018)]

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