Claude Landmann died aged 92


C’est toujours insupportable d’écrire une notice nécrologique, la nouvelle nous surprend dans l’instant, fortuitement, paradoxalement, incongrument toujours, et la relation rapide de la nouvelle doit se faire dans le respect des équilibres et des valeurs. La mort de [**Claude Lanzmann*] nous est insupportable, car la mort même est insupportable. Le mot même est indicible et renvoie à trop de souffrances, à tant de mémoires personnelles et publiques.

Évoquer [**Claude Lanzmann*], c’est [**Shoah*] bien sûr, un monument de mémoire, et tous ses reportages et documentaires, ses livres, une vie dans le siècle, un témoin du temps d’un siècle douloureux tel un [**Kessel*], un [**Koesler*] ou un [**Semprun*] avec comme eux le sens de l’histoire, une histoire dramatique. Plus encore (car le témoignage est vain et parfois lâchement commode), un combattant, un homme de conviction qui sut porter un regard et utiliser la caméra pour fouiller des destins et exhumer des vérités qui sans lui auraient été enfouies dans la petitesse des lâchetés personnelles ambiantes et des bassesses nauséeuses.

Nous avions évoquer dans les colonnes de **Wukali*] notre magazine, ses batailles, ses combats ([ Le dernier des injustes. Claude Lanzmann face à Benjamin Murmelstein ) (cliquer). Devrais-je citer un seul de ses livres ce serait Le lièvre de Patagonie, une autobiographie qui vibre au rythme du jazz de Saint Germain des Prés, de l’existentialisme dont il fut un acteur, de ses rencontres multiples avec nombre de ceux qui ont donné substance au champ politique et intellectuel ou par ailleurs avec [**Simone de Beauvoir*] dont il fut l’amant, et de sa léonine et superbe résistance contre les fanatismes, son devoir de mémoire ( mot devenu aujourd’hui bêtement attrape-tout mais qui a un sens).

«S’il y a une chose qui me scandalise irrémédiablement, disait-il, c’est le fait d’avoir à mourir. Je suis profondément contre. Je n’aime pas la musique et je n’aime pas mourir, vous pouvez dire cela de moi.» A propos de la musique nous différons, quant au reste l’Ami, avec vous toujours, nous poursuivons le combat et restituons pour le temps des temps, votre philosophie. [**L’chaim !*] (« À la vie» en hébreu )

[**Pierre-Alain Lévy*]


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WUKALI Article mis en ligne le 05/07/2018)]

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