A famous American photographer spotting Aix en Provence in France


Le[** musée Granet*] s’associe à la [**Maison Européenne de la photographie*] pour présenter [**Harry Callahan*].

Au cinéma, c’est un inspecteur de la police de San Francisco joué par Clint Eastwood. Mais Harry Callahan, c’est aussi un des grands noms de la photographie américaine de l’après-guerre, un artiste autodidacte, connu principalement pour ses photographies noir et blanc.

[**Bruno Ely*], Conservateur en chef du Musée Granet, a découvert l’exposition à la Maison européenne de la photographie (MPE) il y a environ deux ans. La thématique l’a immédiatement passionné. Sur les 130 clichés d’Aix et alentours que le photographe avait offerts au Musée sous le nom de French archives, 80 sont exposés à Granet jusqu’au 21 juillet.

Bruno Ely explique comment le photographe s’est retrouvé à Aix de septembre 1957 à juillet 1958. « En 1956 Harry Callahan (1912-1999), alors directeur du département de photographie de l’Institute of Design de Chicago aux États-Unis, reçoit une bourse de la Fondation Graham. Il décide de partir en Europe, avec sa femme [**Eléonore*] et sa fille [**Barbara*]. Ils séjourneront à [**Aix-en-Provence*] de septembre 1957 à juillet 1958. Ce séjour à Aix fut, selon le témoignage d’Harry Callahan, un moment de plénitude et de bonheur. »

Le bonheur ne s’affiche pas vraiment dans ces photographies ! Elles nous font découvrir Aix autrement. On ne reconnaît pas la ville de prime abord et la visite-presse dans les rues jadis arpentées par Harry Callahan fut bien utile pour la reconstitution de son parcours et de son travail. Après la visite de l’exposition au musée Granet, il s’agissait en effet de découvrir les motifs du photographe. Une sorte de « parcours d’orientation ludique » en compagnie de Bruno Ely, dans un périmètre serré autour du cours Mirabeau. Le conservateur a dû retrouver les lieux au préalable, et ce ne fut pas chose aisée, surtout à 62 années d’écart. Les photos en noir et blanc de Callahan furent comparées sur place, à la réalité d’aujourd’hui. Dans cet esprit, un dispositif numérique à l’entrée d’une salle de l’exposition permet au public de découvrir la ville d’Aix de Callahan et l‘actuelle. Une application ingénieuse qui va sûrement plaire à tous. Sur le plan de la ville, il s’agit de choisir un des lieux où le photographe a pris ses clichés, et en faisant glisser son doigt, le cliché pris aujourd’hui apparaît sous le même angle.

Il ne faut donc pas s’arrêter à la première impression d’une petite ville aux rues étroites et sombres. L’artiste n’a pas photographié les plus beaux monuments, même si l’on reconnaîtra sur un cliché, un petit bout de la place d’Albertas ou ici encore, un bout de façade du cours Mirabeau. On est loin d’Aixn, ville d’eau ville d’art telle qu’elle apparaît aux Aixois et aux touristes.

Les photographies d’Aix d’Harry Callahan sont très belles et directes. Elles se définissent surtout par une vision immédiate et intense de la ville. C’est fort et contrasté. Un travail qui exige un parfait contrôle de la lumière. Et si de la lumière, à Aix, il y en a à profusion, c’est sans compter sur ce besoin qu’a Harry Callahan de tout assombrir pour faire passer d’autres émotions et donner du relief à ses scènes de vie. Donner du relief au sujet aussi, faire varier les nuances de gris et soudain, à l’angle d’une rue, une silhouette s’illumine, sort de l’ombre et ne fait que passer. Là, place aux fenêtres, au linge qui sèche, aux tuyaux d’évacuation des eaux qui dessinent sur la façade un graphisme curieux et glissent le long des façades séculaires. Le photographe a su jeter un trait de soleil à l’angle d’une rue. Une femme passe d’un bon pas, éclairant sur son passage une enseigne de rôtisserie aujourd’hui disparue.

Cette exposition réunit également des clichés des environs d’Aix. Pour certaines, elles ont été réalisées dans le jardin de la maison que Callahan occupait sur la route de la montagne Sainte-Victoire. Joli prétexte à photographier le paysage différemment pour nous offrir une image minimaliste. Ici une pinède, toujours assombrie, là au contraire, seul le squelette des quelques arbres se détache sur un fond blanc qui l’engloutit. Ici, c’est sa femme Eléonore qui pose pour l’homme de toute une vie. Ils sont restés ensemble soixante ans, elle fut son modèle. Des nus pudiques, qui se superposent parfois à des paysages. Ces photos nous rendraient presque nostalgique de l’argentique. L’exposition nous montre à quel point l’artiste allait jusqu’au bout d’une idée pour obtenir le résultat désiré. Des techniques différentes, des collages, des multi-expositions et des heures en laboratoire pour arriver à ce magnifique résultat.

[**Pétra Wauters*]


[**Harry Callahan, French archives, Aix-en-Provence 1957 – 1958*]
Musée Granet
Aix-en-Provence


Illustration de l’entête: Bruno Ely (à droite) en compagnie de Simon Baker, directeur de la MEP, et (au centre) Pascal Hoel, conservateur, chargé des collections, Harry Callahan.


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Contact : redaction@wukali.com

WUKALI Article mis en ligne le 22/03/2019

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