Accueil Actualités Le calligraphe, sexe, violence et poésie dans un Japon trépidant, un roman d’Hisaki Matsuura

Le calligraphe, sexe, violence et poésie dans un Japon trépidant, un roman d’Hisaki Matsuura

par Émile Cougut

Otsukii est l’exemple parfait du trentenaire en pleine dérive, l’auteur de mauvais choix qui l’ont poussé dans une marginalisation totale. Renvoyé de l’université car le temps qu’il consacrait à faire la fête était inversement proportionnel à celui porté aux études, il commet une tentative d’assassinat. Il se retrouve en prison, consomme de la drogue à forte dose, fait des petits boulots plus ou moins en marge de la légalité. De fait, il tire ses (maigres) revenus lui permettant une certaine indépendance symbolisée par un appartement miteux à Tokyo, de son physique, car il se comporte en gigolo, surtout avec la belle Hiroko.

Et puis un jour, il rencontre un de ses anciens collègues « suintant la folie » qui lui propose un travail car il sait parler le français. Il finit par se laisser convaincre et rencontre Kôyama un vieux maître calligraphe. Envoûté par ce dernier il accepte de voir un film inachevé montrant des scènes morbide d’insectes entrecoupées de scènes pornographiques dont l’actrice principale est la belle Tomoé, la petite-fille de Kôyama. Le calligraphe lui demande de terminer le film.

Après bien des hésitations, des  fuites, des questionnements, il finit par accepter. Otsuki tombe dans une spirale d’hallucinations, dans une sorte de cauchemar éveillé. Il ne supporte pas qu’Hiroko le quitte, la recherche et finit par la retrouver chez Kôyama. En outre Otsuki est attiré sexuellement par la beauté de Tomoé, il veut comprendre pourquoi le film achevé, il est totalement marginalisé. 

En plus, il apprend à ses dépends la force des groupes de yakuzas (dont le mari d’Hiroto est un des membres) et découvre ô combien la fréquentation des personnages troubles n’est pas sans risques physiques.

Otsuki comprend qu’il a fait preuve de naïveté, qu’il s’est fait manipuler, que tout est apparence et donc que ce qui lui était présenté comme vrai est faux, qu’il n’était qu’un minuscule pion dans un processus qui le dépasse. Processus, né dans un cerveau quelque peu tourmenté, à la recherche d’un but pseudo philosophique et esthétique et qui est prêt à tout, même à la pire des violences pour y arriver. 

Sexe, violence, mais aussi dissertation métaphysique sur le temps et sur la vérité, sont les quatre piliers de ce beau texte d’ Hisaki Matsuura et d’où la poésie est loin d’être absente.

Le calligraphe
Hisaki Matsuura
éditions Payot-Rivages. 21€

                                                            

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