sexe phallus art
Accueil Actualités Un phallus de pierre, de belle taille et romain

Un phallus de pierre, de belle taille et romain

par Pierre-Alain Lévy

Comment le dire sans heurter les âmes prudes et farouches, ce ne sont pas pourtant les mots et synonymes qui manquent, car c’est de phallus (pour faire chic) dont va traiter cet article, de phallus certes, mais archéologiques. Évidemment çà change tout me direz-vous ! Reconnaissons-le, nous avons tous nos mots pour désigner la chose ( certains utilisent là le pluriel). Mots affectueux, imagés, coquins, familiers, à ne dire qu’en couple dans une intimité complice et passionnée, jurons, mots scabreux et laids, obscènes hélas aussi. Mais ne retenons que ces mots fébriles et offerts comme une promesse de caresses et d’attentions, de puissance et de partage voluptueux .

Celui dont on va parler, un sexe d’homme, un priape, pour ne pas dire bite ( voir sa définition dans le Dictionnaire historique de la Langue française, sous la direction d’Alain Rey, édition Le Robert, juillet 2010, p. 242) a été trouvé en Espagne (voir illustration de l’article). Il s’agit plus précisément d’un exceptionnel phallus en pierre, datant de l’époque romaine, turgescent ( que le mot est drôle), dressé, bandant, ithyphallique pour lui donner sa connotation scientifique et surtout d’une dimension exceptionnelle.

À propos, que le langage est un outil formidable, un mot seul peut changer le monde. En effet, un mot, oui un mot seul, bouleverse les rapports humains, et la dialectique qui va avec ! À cet égard Georges Brassens ( quand on évoque ce merveilleux poète et chanteur, l’on écrit souvent, « le regretté Georges Brassens« ), bref pour faire plaisir allons-y donc, le regretté Georges Brassens dans un bijou de chanson intitulée « Le Blason«  (Cliquer) célèbre quant à lui le sexe féminin, et ses mots sont magnifiques.

Revenons à nos moutons, des archéologues ont mis à jour en Espagne dans le chantier de fouille de El Higuerón en Andalousie, près du village de Nueva Carteya, un phallus ( c’est le terme générique que nous retiendrons) de pierre romain haut de 46 cm. très certainement le plus grand jamais retrouvé ( voir illustration entête)

A l’époque de la Rome antique, ce type de sculpture avait une double fonction. Ces phallus étaient placés près des porches d’entrée des maisons ou contre les fenêtres, ils avaient tout à la fois une fonction prophylactique pour protéger les familiers et propriétaires des lieux du mauvais oeil et des influences mortifères, ils avaient aussi pour objet d’apporter aux habitants mâles des lieux une énergie virile et féconde.

Olécio partenaire de Wukali
phallus priape art archéologie
Représentation phallique sur un mur de la ville romaine de Timgad en Algérie. ( crédit photo Shutterstock)

En outre les organes génitaux masculins étaient parfois représentés sous forme d’amulettes et de pendentifs, ainsi leur fonction était évidente, améliorer la virilité et accroître la fertilité de celui qui exhibait, pour le moins, ses bijoux.

phallus priape art archéologie
Priape ithyphallique. Pompéi
Musée archéologique. Naples

Phallus de pierre, phallus de bronze, expression réifiée du dieu Priape, ces représentations viriles sublimaient l’énergie de la création charnelle, la génération, l’amour physique parfois même certes avec un aspect licencieux.

Retenons aussi que Priape dont le culte initial vient d’Asie-Mineure, était le dieu de la fertilité du panthéon gréco-romain. Il fut touché par une malédiction qui le condamnait à être en perpétuelle érection, ainsi fut-il rejeté par les dieux qui le chassèrent du mont Olympe. Le poète Ovide y fait à plusieurs reprises allusion dans son oeuvre. Ne pourrait-on voir dans cette exclusion divine et païenne une anticipation d’Ève et Adam chassés du Paradis terrestre ?

Notons que cette exaltation du pénis n’ est pas que latine et n’est pas qu’histoire ancienne, ainsi du Japon où on y célèbre chaque année la fête du pénis de fer, le kanamara matsuri ( かなまら祭). Vérité d’un côté des Pyrénées, erreur au delà, ah bon, pas toujours!

N’hésitez pas à nous écrire, à nous faire part de vos réactions, à partager via les réseaux sociaux nos articles, une précieuse aide pour nous ( icônes en haut et en bas des pages)

Souhaiteriez-vous par ailleurs nous proposer des sujets, des textes pour WUKALI, nous les recevrons et les étudierons bien volontiers, nos coordonnées : redaction@wukali.com

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus