Une Nuit Blanche réussie ! Après plusieurs années qui ont connu des succès divers et dont la qualité artistique pouvait jusqu’ alors être plus que douteuse, le millésime 2012 est magnifique !

De l’inventivité, du talent le plus souvent, des réalisations originales utilisant des technologies de pointe (informatique, rayons lasers), une véritable qualité artistique mise en musique ou en image par des artistes, plasticiens, créateurs ou ingénieurs inspirés.

Le parcours limité au «Quartier impérial» et aux espaces entourant le Centre Pompidou-Metz accueillit une foule impressionnante et continue qui venait admirer les différents spectacles avec un calme, voire un silence inhabituel et impressionnant. Pas de voitures. La lune tardivement vint éclairer cette fête .

On est venu de très loin pour participer à cet événement messin et il fallait attendre parfois une bonne vingtaine de minutes pour pouvoir enfin assister à un spectacle. ( un spectacle est étymologiqement ce qui se voit, ce qui se regarde)

La Gare de Metz constituait le point focal des évènements. Elle était sur sa façade décorée de lumières et d’une installation faite de tissages tendus tandis qu’une foule continue patientait calmement sur la place en chantier pour visiter le salon »Charlemagne » et admirer l’escalier d’honneur habillé de barbelés roses ( («Entre là». Marie-Noëlle Deverre) et des danseurs évoluant dans un vide pneumatique.( Shrink01996 Lawrence Malstaff).

Le ciel au-dessus de l’avenue Foch était était éclairé par sept faisceaux laser parallèles qui selon des techniciens portaient leurs lumières sur près de 60kms («Global Rainbow» Yvette Mattern)

Une installation étonnante et poétique ornait la chapelle du Grand séminaire. Intitulée «Uteria», et réalisée à partir d’une multitude de rectangles de verre, chacun suspendus et retenus par des fils de nylon et positionnés avec soin selon des paramètres exigeants, elle avait une forme ovoïde et occupait l’espace sans nulle incongruité dans ce lieu tout de spiritualité fait pour le silence et le recueillement. Il a fallu près de sept jours pour construire cette coquille de verre, cette membrane translucide, qui bouge imperceptiblement dans l’immobilité molle de l’air et du temps. C’est une toute jeune artiste, Rachel Maisonneuve, qui a réalisé ce chef d’oeuvre.

Le vélum du Centre Pompidou-Metz servait d’écrin et d’écran à des jeux de lumières et de projection, de mapping c’est à dire de recouvrement et d’habillage graphique et virtuel par des techniques créées par ordinateur et qui donnaient mouvement et vie à des figures géométriques mobiles et grouillantes qu’on eût pu comparer à des réseaux neuronaux ou une cartographie en noir et blanc du génome humain.

Un nombre fou de spectateurs que l’on peu estimer à plusieurs dizaines de milliers assistaient dans le noir de la nuit à ce spectacle sonorisé par une musique de laboratoire et qui s’apparentait à un ronflement d’une bête terrifiante, peut être le Graouillis, ce dragon des légendes médiévales messines. L’effet était assuré. Après chaque projection des applaudissements saluaient la performance. Réalisation visuelle et sonore, Paleodictyon* , (*Direction artistique Simon Geilfus et Yannick Jacquet, Création musicale Thomas Vaqué, Producteur Nicolas Boritch. Collectif ANTIVJ)

P-A L


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