To maintain a Van Dyck in British collections


C’est désormais une vieille et au demeurant bonne habitude en Grande-Bretagne que de lancer une souscription publique nationale pour préserver le patrimoine artistique et garder sur les terres d’Albion les trésors de l’art qui sans cela iraient migrer dans d’autres lieues, vers d’autres continents ( et comme chacun sait, tout du moins les anglicistes qui se reconnaîtront, la Grande-Bretagne est elle-même son propre continent…)

Cette souscription nationale fait suite à l’interdiction provisoire de vente et d’exportation faite par le gouvernement britannique.

L’idée de la souscription pour récolter des fonds auprès du public pour empêcher qu’une oeuvre d’art si elle devait être achetée ne puisse être exportée et que l’équivalent du prix de l’achat soit supporté par une souscription nationale afin que l’oeuvre demeure dans le pays, avait commencé dans les années 70 à l’époque du Premier Ministre Edward Heath (1970-1974) pour empêcher alors la vente vers l’étranger d’un véritable trésor de l’art, un somptueux Titien (tous les Titien sont somptueux): «La Mort d’Actéon ». La souscription avait été un succès au delà de toutes les espérances.

Cette pratique est aujourd’hui monnaie courante (sans jeu de mot) dans la plupart des institutions nationales artistiques et les grands musées dans le monde ou tout du moins en Europe, qui souhaitent ainsi préserver leur capital culturel et font appel à la générosité du public. Dernièrement en France, c’est le musée des Beaux-Arts à Lyon ou Le Louvre (Les Trois Grâces de Cranach) qui avaient usé à plusieurs reprises et avec succès de cette procédure où chaque donateur devient mécène. Cela en dit beaucoup au demeurant sur l’attachement aux valeurs et aux beautés patrimoniales, et tous ceux qui soit minorent le rôle de l’art, soit au niveau politique et à quelque échelon que ce soit envisagent de diminuer les budgets afférents à la culture, feraient bien de méditer sur le sujet!

Ainsi en Angleterre, c’est un Van Dyck qui fait l’objet d’une souscription pour un montant de 12,5 millions £. Il s’agit du dernier autoportrait du peintre (1640-1641) réalisé pendant son séjour en Angleterre.

– Van Dyck est né à Anvers en 1599, il fut élève de Pierre-Paul Rubens, et s’installa en Angleterre en 1632 à l’invitation du Roi Charles Ier dont il devint le peintre officiel attitré. Il est mort en 1641 et a été enterré dans la cathédrale St Paul.

À ce jour ce sont près de 3,5 millions £ qui ont été collectés provenant de 6000 souscripteurs tant britanniques que d’autres nationalités. De grandes institutions et fondations britanniques ont également apporté de fortes contributions.

Le grand musée londonien, The National Portrait Gallery, vient d’obtenir un délai supplémentaire de cinq mois pour collecter les fonds nécessaires afin que ce portrait puisse demeurer sur le territoire faute de quoi il devrait partir car vendu à une collection privée au delà du «continent…»

Timothy Orpington, correspondant de Wukali à Londres


ÉCOUTER VOIR


Illustration de l’entête: la Duchesse de Cambridge accompagnée du Directeur NPG Sandy Nairne et l’autoportrait de Van Dyck. photo © Photograph: Jorge Herrera


Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus