The place of women in the history of music


Passionné de musique, Francis Benoît Cousté nous livre dans une chronique synthétique et subtilement documentée ses réflexions sur un des sujets qui intéressent actuellement beaucoup, musicologues et chercheurs structuralistes: La Musique et les Femmes.

D’Hildegard von Bingen à Björk, un parcours interprétatif qui donne un éclairage sur cette «autre moitié du monde» la plus souvent portée aux pauses et au silence et pourtant clef de notre existence. Cette vision panoramique, et par définition subjectivement sélective, nous incite à vouloir en savoir encore plus sur le rôle des femmes dans la musique, des compositrices ou instrumentistes, des mères, des soeurs, des épouses, des amantes, des amies, de ces dynasties de musiciens, de ces femmes de Salons, mécènes ou protectrices.

Elle, elle, elle toujours, comme la mer recommencée, infiniment…!

P-A L


La chronique de Francis Benoît COUSTÉ.


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Alors qu’il est universellement avéré que les filles réussissent mieux, dans leur scolarité, que les garçons – et cela dans presque toutes les disciplines [phénomène dû à la plus précoce maturité de leur cerveau, liée à la puberté] – comment expliquer leur quasi-absence aux plus hauts postes de responsabilité ?

On constate, en effet, à tous niveaux scolaires, une régulière déperdition de filles. Est-ce dû (comme on le signifie d’ordinaire) à des stéréotypes intériorisés dès l’enfance – entraînant un manque de confiance en soi, de combattivité ? Et cela, amplifié par cet esprit de conciliation naturel aux femmes – comportement spécifiquement maternel…

Précocement matures, les femmes sont, en effet, volontiers consensuelles, répugnant à entrer en compétition – avec les hommes notamment, tout en étant plus adroites que ceux-ci pour prévenir les conflits, voire désarmer la violence.

[Petite parenthèse éthologique : Commun à tous les primates, ce comportement serait, nous dit-on, lié au taux de testostérone qui est, chez les mâles, de 40 à 60 fois plus élevé que chez les femelles… Aussi – notamment chez les anthropoïdes – constate-t-on une identique répartition des centres d’intérêt selon le sexe : les jeunes chimpanzés, par exemple, adoptent les mêmes jouets que nos propres enfants… N’est-il pas, d’autre part, avéré que les mâles sont volontiers explorateurs (comportement centrifuge), cependant que les femelles se concentrent plutôt sur une seule activité (comportement centripète) ?]

Et cela, nonobstant le mythe des Amazones – lesquelles tuaient leurs propres enfants mâles, et faisaient engrosser leurs filles par les plus beaux de leurs prisonniers… Mythe aujourd’hui réactivé par les ultra-féministes, telles les prêtresses américaines du SCUM [Society for Cut Up Men]… Ou bien encore par ces viragos qui se veulent « des hommes comme les autres », demandant à uriner debout, et à s’enfin libérer des charges de la maternité – grâce aux technologies NBIC (nanotechnologie, biotechnologie, informatique & cognitique) permettant, dès lors, une parfaite gestation in vitro… Que vive donc la femme bionique – non pas fille d’Ève mais de… Lilith !

Il est toutefois de sages féministes, telle Antoinette Fouque (1936-2014) qui qualifia de « plus grande ânerie du siècle » la formule de Mme de Beauvoir selon laquelle : « On ne naît pas femme, on le devient ».

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Certes la situation des femmes s’améliore peu à peu (du moins sous nos climats), et s’élève – voire se fissure – ce trop fameux « plafond de verre » que chacun se plaît à dénoncer…

Aussi pouvons-nous espérer qu’une vraie parité soit enfin réalisée, et comblé ce déplorable « Gender Gap » – expression des Américains pour désigner le fossé qui sépare les genres…

Sachant toutefois que ce qui a le plus d’influence sur les performances d’un candidat – qu’il soit homme ou femme -, c’est ce qu’on lui aura dit sur ses chances de réussite – en fonction, notamment, de son sexe… La meilleure preuve n’est-elle pas qu’en Russie, en Asie ou au Moyen-Orient, les ingénieurs & scientifiques sont majoritairement des femmes ?

Aussi, et au-delà de toutes vaines incantations, s’agit-il de réaliser une véritable parité des sexes – fussent-ils… surnuméraires ! Sans, pour autant, donner dans l’ultra-féminisme, sans non plus nous inspirer de ces Suédois qui ont ouvert, à Stockholm, une crèche HBT [autrement dit, réservée aux parents homosexuels, bisexuels & transsexuels].

Mais il est heureusement quelques femmes à diriger le monde :
Angela Merkel, l’indestructible (59 ans)
Hillary Clinton, probable candidate, en 2016, à l’investiture démocrate (66 ans)
Janet Yellen, présidente de la FED (68 ans) & Christine Lagarde, directrice du FMI (58 ans), banquières du monde
Dilma Rousseff, présidente du Brésil (66 ans)
Erna Solberg, Premier ministre de la Norvège (53 ans)
Helle Thorning-Schmidt, Premier ministre du Danemark (47 ans) – qui ne laisse pas d’évoquer le personnage de Birgitte Nyborg, dans la série télévisée Borgen

Répétons-le : il n’est pas domaine intellectuel où les femmes ne réussissent aussi bien, sinon mieux, que les hommes – et cela, grâce à leur naturel pragmatisme, leur esprit de finesse.

[Sauf, toutefois, dans les disciplines abstraites, typiquement schizophréniques, que sont les mathématiques & la composition musicale – domaines où, à de rares exceptions près, elles ne se seront guère distinguées. Je vous rappelle que la schizophrénie – perte de contact avec les réalités – est une affection qui touche principalement les hommes. Mais nous y reviendrons…]

Dans le domaine des Sciences appliquées, il y eut toujours des femmes remarquables.

• physiciennes, tout d’abord : Hildegard von Bingen (1098-1179), auteur de Physica, ouvrage dans lequel elle décrit les vertus thérapeutiques de diverses substances… Émilie du Châtelet (1706-1749), aussi célèbre pour ses traductions d’Isaac Newton que pour avoir été la très spirituelle maîtresse de VoltaireSophie Germain (1776-1831), auteur d’une Théorie des surfaces élastiques… Sans, bien sûr, oublier Marie Curie et sa fille Irène Joliot-Curie

• autres célèbres femmes de sciences : les psychanalystes Anna Freud et Mélanie Klein, les doctoresses Maria Montessori et Françoise Dolto… Et, aujourd’hui, l’anthropologue Françoise Héritier (°1933) – qui a hérité, au Collège de France, de la chaire de Claude Lévi-Strauss

De grandes femmes de lettres : la lyonnaise Louise Labé, dite « La Belle Cordière » (1524-1566), Mme de Scudéry, Mme de Sévigné, Mme de Lafayette, Mme de Staël, Jane Austen, Virginia Woolf, George Sand, Emily Dickinson… jusqu’à Marguerite Yourcenar ou Marguerite Duras [dont, de cette dernière, je citerai la mémorable formule : « Les femmes jouissent d’abord par l’oreille »], mais aussi Nathalie Sarraute et Françoise Sagan – pour ne citer que de défuntes plumes…

Deux éminentes philosophes auront marqué le début du XXe siècle : Hannah Arendt (1906-1975) et Simone Weil (1909-1943). Et aujourd’hui : Mona Ozouf (°1931) et Sylviane Agacinski (°1945)…

Il y eut toujours d’admirables plasticiennes : Élisabeth Vigée-Lebrun (peintre de Marie-Antoinette), Berthe Morisot, Camille Claudel, Suzanne Valadon, Marie Laurencin, Tamara de Lempicka, Leonor Fini, Maria Helena Vieira da Silva, Louise Bourgeois, Niki de Saint-Phalle… et notre contemporaine Sophie Calle (°1953).

Mais je n’ai pu trouver que cinq architectes mémorables : la californienne Julia Morgan (1872-1957), la new-yorkaise Norma Sklarek (1828-2012), l’irakienne Zaha Hadid (°1950), la française Odile Decq (°1955) et la japonaise Kazayo Sejima (°1956).

Il est aussi de grandes chorégraphes : l’américaine Martha Graham, l’allemande Pina Bausch, l’américaine Carolyn Carlson, la belge Anna Teresa de Keersmaeker, les françaises Maguy Marin et Régine Chopinot

…ou metteurs en scène de théâtre : la française Ariane Mnouchkine – créatrice, en 1964, de la troupe du « Théâtre du Soleil »…

…ainsi que de réputées cinéastes : depuis Leni Riefenstahl (1902-2003) – égérie d’un certain Adolf H. – jusqu’à nos contemporaines Agnès Varda (°1928), Nelly Kaplan (°1936), Margarethe von Trotta (1942), Claire Denis (°1946), Coline Serreau (°1947), Josée Dayan (°1947), Diane Kurys (°1948), Catherine Breillat (°1948), Jane Campion (°1954), Dominique Cabrera (°1957), Pascale Ferran (°1960), Valeria Bruni-Tedeschi (°1964), Sofia Coppola (°1971)…

À l’Académie française : Marguerite Yourcenar fut la première femme à porter l’habit vert. Précédant de peu l’helléniste Jacqueline de Romilly – puis, aujourd’hui, les écrivaines Danièle Sallenave, Florence Delay, Assia Djebar et Dominique Bona, aussi bien que la femme politique Simone Veil ou l’historienne Hélène Carrère d’Encausse.

Depuis un demi-siècle, le corps enseignant s’est largement féminisé – dans les disciplines littéraires et artistiques, bien sûr, mais aussi scientifiques. Seule la philosophie demeure majoritairement enseignée par des hommes…

Cette excessive féminisation serait à l’origine, dit-on, du décrochage scolaire de bien des garçons – ceux-ci constituent, en effet, les 3/4 des décrocheurs… Surtout dans les quartiers défavorisés où ils ne trouvent plus, à l’école, de modèle viril auquel s’identifier – a fortiori lorsque le père est falot ou bien absent…

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Mais revenons-en à nos disciplines réputées « schizophréniques » :
Aucune femme, en effet [sur cinquante-cinq lauréats, à ce jour], n’obtint jamais la médaille Fields, équivalent du prix Nobel pour les mathématiques. Cependant que le Nobel (créé en 1901) leur était décerné quarante-cinq fois – dans des domaines aussi variés que les sciences appliquées (chimie, physique, physiologie, médecine), la littérature, l’économie ou la politique.|center>

Dans le domaine de la musique, il y eut toujours davantage de femmes instrumentistes que d’hommes (pour le piano et autres instruments à cordes, notamment).
Aussi, à la fameuse formule, dite des « Trois K » [due au Kaiser Guillaume II] – reléguant les femmes dans les trois fonctions que sont : « Kinder (les enfants) Küche (la cuisine) et Kirche (l’église) » – aurait-on pu adjoindre la fonction « Klavier » (le piano)…

Témoin de cette importante présence des femmes dans les classes instrumentales : le « Dictionnaire biographique des élèves et aspirants du Conservatoire de musique de Paris (1795-1815) (cliquer) » établi, pour le CNRS, par Frédéric de La Granville :

Période révolutionnaire où il n’y eut, en revanche, que deux jeunes femmes admises en classe de Composition : la Citoyenne Thérèse Villeneuve (admise le 26 Germinal, an III) et la Citoyenne Antoinette Moulinghien (admise le 22 Pluviôse, an VIII).

Mais, dès la fin du XIXe siècle, complet retournement de tendance : le sexe féminin sera désormais majoritaire dans les classes de Composition (cf. les photos du temps)…

Peu de compositrices auront écrit pour le cinéma – à l’intention de réalisatrices, le plus souvent…
Ainsi de la musicienne Béatrice Thiriet qui collabora…
• avec Pascale Ferran Petits arrangements avec les morts », « L’âge des possibles », « Lady Chatterley », « Bird people »]
• avec Dominique Cabrera L’autre côté de la mer », « Nadia et les hippopotames »]
• avec Anne Le Ny Ceux qui restent », « Les invités de mon père », « On a failli être amies »]
Ainsi de Joanna Bruzdowicz, qui collabora…
• avec Agnès Varda Sans toi ni loi », « Jacquot de Nantes », « Les plages d’Agnès »]

Exceptions notoires :
Eleni Karaïndrou, qui collabora avec Theo Angelopoulos Voyage à Cythère », « L’apiculteur », « Le pas suspendu de la cigogne », « Le retour d’Ulysse », « La poussière du temps »]
Björk, qui collabora avec Lars von Trier pour « Dancer in the Dark », film où elle tient, en outre, le rôle principal.

Il y a, bien sûr, foule de géniales interprètes…
Ainsi, « le » plus grand pianiste de notre temps n’est-il pas Martha Argerich ?

Et comment ne pas citer :
• les violonistes Anne-Sophie Mutter, Julia Fischer…
• les violoncellistes Jacqueline du Pré, Natalia Gutman, Anne Gastinel, Sonia Wieder-Atherton, Emmanuelle Bertrand…
• les organistes Rolande Falcinelli, Marie-Claire Alain…
• et la clarinettiste Sabine Meyer, longtemps seule femme membre de l’Orchestre philharmonique de Berlin, dont elle démissionna – malgré l’indéfectible soutien d’Herbert von Karajan – au prétexte du « machisme éhonté » de ses collègues…

Et combien d’illustres cantatrices ! Emma Calvé, Maria Malibran, Nellie Melba [qui inspira à Auguste Escoffier sa célèbre recette à la pêche], Mary Garden, Jane Bathori, Kathleen Ferrier, Irène Joachim, Elizabeth Schwarzkopf, Birgit Nilsson, Maria Callas…
Et aujourd’hui : Teresa Berganza, Montserrat Caballé, Jessye Norman, Cecilia Bartoli, Ann Sofie von Otter, Natalie Dessay, Patricia Petibon, Angela Gheorghiu, Anna Netrebko…

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Mais, il n’y eut jamais, en revanche, que d’honorables compositrices. À peu d’exceptions près…

• Ainsi de la chanoinesse Hildegard von Bingen (1098-1179), personnage flamboyant : médecin, physicienne, femme de lettres et surtout « premier compositeur dont l’histoire ait conservé le nom » [curieux, n’est-il pas ?]. Les suivants furent Léonin et Pérotin, premiers maîtres de chapelle de Notre-Dame de Paris – alors toute blanche… Hildegard fut canonisée par Innocent IV, en 1244, puis faite « docteur de l’Église » par Benoît XVI, en 2012. Sainte Hildegarde nous a légué un énorme corpus de pièces liturgiques.

• Autre compositrice d’importance, au XVIIe siècle cette fois : Élisabeth Jacquet de La Guerre, très appréciée de Louis XIV, et donc rivale de Lully – qui ne réussit toutefois pas à s’en débarrasser, comme il avait coutume de faire, en assassinant, dit-on, ses concurrents. Mais, fort prudente, la grande claveciniste ne se hasarda qu’une fois dans le domaine de la « tragédie lyrique » – territoire que se réservait le bon Jean-Baptiste…

Elisabeth Jacquet de Guerre. Prélude pour clavecin en ré mineur

Citons aussi quelques « apparentées » notoires : Fanny Mendelssohn (sœur de Felix), Clara Schumann (épouse de Robert) et Alma Mahler (épouse de Gustav), sublime ogresse dite « La Veuve des quat’zarts ». N’aura-t-elle pas, en effet, ouvert sa couche aux peintres Klimt et Kokoschka, au compositeur Zemlinsky, à l’architecte Gropius et à l’écrivain Werfel – avec lequel elle se remaria, in fine ?…

Mais aussi Louise Bertin (1805-1877), fille du directeur du célèbre Journal des débats ; elle composa l’opéra Esmeralda, sur un livret que lui avait confié Victor Hugo, récusant à l’occasion ses propres ukases. N’avait-il pas proféré : « Défense de déposer de la musique au pied de mes vers »… Or, suite à une cabale, cet opéra ne fut représenté que six fois. Avant que – mais bien plus tard – quelques bonnes pages de cet ouvrage soient, en ces lieux mêmes, ressuscitées – votre serviteur tenant le piano…

Autres compositrices de talent : Augusta Holmès, Louise Farrenc, Cécile Chaminade, Lili Boulanger, Germaine Tailleferre (membre du fameux Groupe des Six), Elsa Barraine, Adrienne Clostre…

…et aujourd’hui, les françaises Betsy Jolas (°1926), Michèle Reverdy (°1943), Graciane Finzi (°1945), Suzanne Giraud (°1958), Florentine Mulsant (°1962), Édith Canat de Chizy (°1950), seule compositrice aujourd’hui membre de l’Institut… l’autrichienne Olga Neuwirth (°1968)… ou la finlandaise Kaija Saariaho (°1952), compositrice d’opéras (« L’amour de loin », « Adriana Mater », « Émilie ») – domaine peu fréquenté par ses consœurs…

Sans insister sur la pléthorique production de musiques de salon laissée par les grandes bourgeoises du XIXe siècle – dont il ne demeure plus grand’chose…

À propos de Lili Boulanger, première femme à avoir obtenu le Premier Grand Prix de Rome de Composition (en 1913) mais, hélas ! disparue à l’âge de 25 ans, comment ne pas évoquer son illustre sœur …

Nadia Boulanger, dite « la Grande Mademoiselle » – plus grand professeur du siècle. Parmi ses quelque 1 200 élèves, qui constitueront bientôt le Gotha musical, citons (dans le désordre) : Daniel Barenboim, Aaron Copland, Elliott Carter, Jean Françaix, John Eliot Gardiner, George Gershwin, Dinu Lipatti, Pierre Henry, Vladimir Cosma, Igor Markevitch, Michel Legrand, Astor Piazzolla, Quincy Jones, Lalo Schifrin

À la différence de ses collègues, Nadia Boulanger n’admit que peu de femmes dans ses classes… Et j’avoue n’en connaître que deux : Betsy Jolas (°1926) et, surtout, Marguerite Monnot (1903-1961) qui écrivit, pour Colette Renard, la partition de la comédie musicale Irma la douce et, pour Édith Piaf : L’Hymne à l’amour, La Vie en rose, Milord, La Goualante du pauvre Jean, Mon légionnaire… À ma grande honte, Marguerite Monnot est la seule compositrice dont je puisse encore fredonner une mélodie…

À l’exception, bien sûr, du tube planétaire que la musicologue Mildred Jane Hill cosignait, en 1893, avec sa sœur Patty : « Happy Birthday to You ».

Dans le domaine du Jazz [notamment vocal], le champ est quasi illimité : Bessie Smith, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan, Mary Lou Williams, Nina Simone… Mais aussi la merveilleuse pianiste Carla Bley ou la bassiste française Joëlle Léandre

Je citerai trois de mes rockeuses préférées : Janis Joplin, Patti Smith et Björk

Quant aux femmes chefs d’orchestre, elles ne sont que 17 en France, contre 572 hommes – soit 3%…

Aussi doivent-elles, le plus souvent, créer leur propre formation… Ce qu’auront fait les françaises Laurence Equilbey, Claire Gibault, Florence Malgloire, Brigitte Lesne et Nathalie Stutzmann.

Conduisent divers orchestres : la britannique Alice Farnham, l’américaine Marin Alsop [1re femme à avoir dirigé le concert de clôture des BBC Proms – ce qui a déclenché, à Londres, en septembre 2013, un scandale sans précédent], et surtout la finlandaise Susana Mälkki qui dirige, à Paris, le fameux « Ensemble Intercontemporain » – formation d’avant-garde fondée par Pierre Boulez

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En guise de conclusion…

Êtres foncièrement pragmatiques, les femmes ne sont guère à l’aise dans les disciplines proprement abstraites : le saut irrationnel qu’exige toute création en ces domaines (sinon les ordinateurs nous seraient infiniment supérieurs) ne leur est guère naturel. Schizophrénie coutumière, en revanche, à la gent masculine…

Quant à l’essence des choses… Mathématique et musique ne seraient-elles pas – en définitive – que transpositions abstraites de nos réalités physiques et humaines, qu’admirables simulacres ?

Dussé-je, enfin, être taxé de misogynie – voire de misandrie (ou de gynolâtrie) – je rappellerai que « nier la réalité », c’est labourer la mer ! La réalité, n’est-elle pas ce qui refuse de disparaître lorsqu’on cesse d’y croire ?

Ainsi les femmes ne sauraient oublier leur corps, ne sauraient s’égarer dans des activités purement schizophréniques… Sachant qu’à l’instar de l’autisme [il y a cinq fois plus d’autistes chez les garçons que chez les filles], la schizophrénie concerne surtout les hommes.

Et trêve d’hypocrisie ! Ne convient-il pas de, bien plutôt, valoriser les différences ? Cesser de dire à un Noir qu’il est Blanc, à un Blanc qu’il est Noir…
Quel que soit notre sexe, soyons fiers de notre différence ! Pourquoi diable ferions-nous moins bien que les tenants de la Gay Pride ?

Francis B. Cousté


Illustration de l’entête: Léonor Fini (1908-1996)


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