Casual ingredients to imagine a novel about terrorism


La chronique littéraire d’Émile COUGUT.


« Lisa Sellam Belkacemi, fille de Mohamed Sellam Belkacemi ; né à Sour, province de Mostaganem, Algérie », est une jeune femme habitant Marseille. Elle correspond à bien des stéréotypes dont tout un chacun est abreuvé par les médias. Le père, musulman pratiquant mais pas islamophobe, a besoin d’espaces et surtout d’ « une vue ». N’arrivant pas à vivre son rêve, il finit par disparaitre. La mère, obligée d’avoir des petits boulots pour pouvoir survivre, à une relation conflictuelle avec sa fille qu’elle ne comprend pas. Lisa a deux frères : l’un se tue en moto (volée bien évidement) l’autre est une sorte de débile léger qui ne pense qu’à jouer sur sa console informatique et à savoir ce qu’il y a à manger. La seule fille, bien sûr, réussit au niveau scolaire, fait des études supérieures pour devenir avocate. Toujours le même poncif de la fille d’immigré algérien qui veut sortir de son milieu grâce à l’éducation et les garçons en échec qui ne font rien ou alors tombent dans la délinquance.

Pour pouvoir arriver à un début d’indépendance, elle est serveuse à mi temps dans un routier quelque peu glauque où les consommateurs passent leur temps à lui toucher les fesses et le patron à la harceler (sexuellement s’entend). Mais grâce à sa première paie, elle trouve un logement ce qui lui permet de sortir de l’étouffant milieu familial. Le propriétaire, un certain Kamal Maha Agatti, un indien trentenaire, séduisant, vivant entre Londres et Paris, est un musulman pratiquant, ayant une profonde haine des juifs de part son père palestinien et depuis la mort de deux de ses frères tués par une roquette israélienne. Riche, séduisant, il n’a aucun mal à séduire Lisa (qu’il débaptise en Lilah), et lui demande de lui rendre des services particulièrement bien payés. Totalement sous sa domination, sans ce faire beaucoup d’illusion elle accepte et vient en aide, sous couvert d’actions humanitaires, à un réseau terroriste. Quand Kamal part, Lisa (alors qu’elle est enceinte) perd sa tête et ses repères.

Si la première partie de ce livre est intéressante, avec une atmosphère lourde montrant bien le mal aise profond de l’héroïne, la seconde partie qui commence avec la rencontre avec Kamal est nettement moins convainquante : les personnages deviennent caricaturaux, ils apparaissent et les effets qu’ils ont sur Lisa sont certains mais incompréhensibles. Soit, Kamal est plus qu’un séducteur, c’est avant tout un manipulateur. Le lecteur à la fin comprend que sa rencontre avec Lisa est loin d’être spontanée, mais on ne comprend pas pourquoi elle, comment il s’y est pris, pourquoi il met fin à cette manipulation et à cette relation. Les réactions de Lisa deviennent strictement incompréhensibles. Soit, même si elle n’est pas amoureuse de Kamal, elle est sous sa domination sans que vraiment on puisse comprendre comment le processus ait pu être mis en place ou subit. Il n’en demeure pas moins que rien n’explique comment de femme à la recherche d’une indépendance, tout en la restant, Lisa se comporte comme une marionnette lucide, qui accepte d’aider Kamal pour de l’argent tout en sachant que la mort est sûrement inéluctable. D’ailleurs comment en prend-elle conscience ? Mystère.

Je conseille vivement, pour ceux qui ne l’ont pas lu de lire L’attentat de Yasmina Khadra.

Emile Cougut


Miss Bomb

François Luciani

Éditions Michalon. 16€


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