Daniel Sada, mexican author


1946, Oaxada, une petite ville perdue au milieu de nulle part au Mexique, Demetrio Sordo, la trentaine, agronome dans une exploitation agricole, décide pour sortir de sa routine et donner un peu de sens à sa vie de se rendre dans un bordel de luxe le Présomption. Il tombe vite amoureux de sa prostituée préférée, Mireya qui lui fait découvrir les délices de l’amour physique et de la fellation. Mais sa mère et sa tante ont d’autres projets pour lui et lui présente au petit village de Sacramento, dans l’extrême nord du Mexique, la jeune Renata Melgarejo, dont il tombe amoureux et à qui il fait une cour assidue (quand on prend en compte les trois jours de trajets séparant les deux villes) sous l’œil de la terrible veuve de mère de son amoureuse. Demetrio est pris entre son amour chaste pour Renata et les plaisirs physiques qu’il éprouve avec Mireya, déchiré par le choix qu’il doit faire entre la sainte et la putain, le ciel et l’enfer, le plaisir immédiat et le potentiel plaisir qu’il aura peut-être dans l’avenir.

Ayant d’abord opté pour Mireya qu’il abandonne lors de leur fuite, il vivra un long calvaire avant de pouvoir enfin faire l’amour avec la belle Renata.

Demetrio est un homme seul, totalement sous l ‘emprise de ses pulsions sexuelles qu’il ne peut vivre librement à cause de l’hypocrisie et de la pudibonderie de la société de son époque. Dès qu’il veut enfreindre la moindre règle, même non écrite, il en paie un prix disproportionné en connaissant dans des affres morales nées de l’échec de ses rêves.

Peu connu en France, Daniel Sada, qui est décédé en 2011, est considéré comme le plus grand écrivain de sa génération au Mexique. Sa façon d’écrire pleine d’ironie, d’humour n’est pas sans faire penser à certaines des meilleures pages d’Albert Cohen ou des scènes des films de Luis Bunuel.

Mais, le moins que l’on puisse dire, c’est que Daniel Sada n’a pas le sens de la synthèse et de la concision. Il est parfois un peu (et c’est un euphémisme) long pour décrire une situation ou le ressenti d’un de ses personnages. De plus il est parfois quelque peu sentencieux et commente (trop?) souvent la situation qu’il décrit en prenant le lecteur à témoin. Cela entraîne certaines lourdeurs qui gênent la lecture : « si on observe le phénomène sous un autre angle…, donc, par rapport à ce que l’on vient de dire… prenons également l’exemple.. donc, ceci-dit… etc. »

C’est un style, mais pas celui que je préfère et j’avoue avoir eu du mal à lire correctement ces 362 pages malgré les grands plaisirs que j’ai éprouvé à certains passages.

Émile Cougut


Presque jamais

Daniel Sada

Éditions de l’olivier. 24€


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