A Young French painter active on social networks


Quels impacts ont les réseaux sociaux dans la vie d’un artiste du XXIème siècle ? Comment émerger dans la culture et les arts en cette période d’hyper-communication ? Comment se différencier d’autres peintres ou musiciens grâce à Internet tout en se préservant le temps nécessaire à la création ?

Ce sont ces questions que nous avons souhaité poser à Céline Bedat, peintre de renommée grandissante rencontrée par Wukali sur Twitter.

Facebook et Twitter, au-delà du caractère parfois assez futile de certaines conversations qu’ils hébergent, se révèlent être des terreaux merveilleux pour le monde de la culture. Le lien entre les artistes et les médias, que nous représentons ici, est largement facilité et démocratisé. Ainsi Céline Bedat a pris l’initiative de nous contacter et nous avons pu débuter nos échanges avec elle.

Céline, artiste peintre francilienne née en janvier 1967, a suivi des études artistiques à l’école Duperré, puis à l’école Formamod et enfin à l’école Espace et Matière. Aujourd’hui et à la suite de plusieurs décorations, dont le 1er prix de peinture du centenaire des Galeries Lafayette, elle expose en France et à l’étranger dans des galeries ou lieux publics prestigieux (La Grande Arche, Montmartre, Place des Vosges…). Mais la tâche n’est pas toujours aisée, nous confiait-elle et nous avons voulu en savoir plus !

Sébastien Prudent


Céline, pouvez-vous nous dire ce que le fait d’être artiste, d’être peintre au XXIème siècle représente pour vous ?

Etre peintre en ce moment, je pense que c’est, d’une certaine manière, perpétuer un héritage. Evoquer les maîtres, poursuivre leur travail et continuer à relayer au monde ce message de l’art, c’est le devoir de l’artiste aujourd’hui. Il faut toujours avoir cette volonté d’exprimer quelque chose que l’on voit différemment.

Dans un monde où tout va plus vite, les rapports humains se font plus difficilement, les arts comme la peinture permettent un lien différent, un rapport au temps et à la vie également différent.

Plus personnellement, être peintre, c’est une façon de retranscrire les émotions, les miennes et celles qui m’entourent.

Mais il n’est pas facile d’être artiste en ce début de siècle, il y a une multitude de personnes qui exercent, on observe un véritable foisonnement sur la toile, sur les réseaux, il faut être capable de trouver sa place sans écraser l’autre.

Comment et quel équilibre trouvez-vous entre création et promotion de vos oeuvres ?

L’équilibre vient progressivement. Au début j’ai eu beaucoup de mal à promouvoir mon travail, j’étais plutôt gênée de montrer ma façon de peindre… et petit à petit j’ai pris conscience de ce que je pouvais apporter, de comment c’était reçu…

La promotion se fait par des relais, par la communication de médias (comme Wukali) et par des personnes que j’ai rencontrées et qui ont pris un certain recul, qui ont cru en mon travail et se le sont appropriées.

Sincèrement, j’ai eu beaucoup de mal au début à assister à mes vernissages, à venir au contact, puis j’ai compris que les gens étaient émus de rencontrer la personne qui créait, que cela leur apportait quelque chose, donc je me suis lancé.

Mais promouvoir tout seul son travail, comme je le fais, c’est difficile.

Comment vous organisez-vous alors pour assurer cette promotion ?

Des amis et certaines relations m’ont introduite à Twitter, Facebook ou encore des dérivés (blogs…) pour lesquels j’étais très ignorante. Mais cela a été une révélation, cela m’a permis de créer de formidables liens. C’est important d’être présent sur ces réseaux. Cela m’a beaucoup aidé à avoir des contacts directs ou indirects qui m’ont fait aller de l’avant dans ma carrière de peintre. Il faut encourager les artistes à entreprendre de telles démarches…

Quant aux galeries, je n’ai pas encore trouvé la bonne mesure entre prise de rendez-vous, contacts directs… on est amené à faire beaucoup de demandes pour peu de retours… c’est un travail de persévérance, où l’on mise sur le long terme. Je remarque seulement que c’est plus facile à l’étranger.

Il est intéressant d’explorer des formats alternatifs, parfois moins contraints. Par exemple, sur Facebook, j’ai rencontré des personnes du monde de la musique qui voulaient allier art visuel et musique… cela s’est fait facilement et permet d’exposer dans des contextes différents. Récemment, j’ai aussi été sollicitée (via Twitter) par KYU Associés , un cabinet de conseil qui organisait un événement « vernissage » pour ses clients, j’y exposais avec un photographe et un autre peintre.

Et pour les autres artistes que vous côtoyez, comment cela se passe-t-il ?

J’observe que globalement ceux qui ont une bonne visibilité sont sur les réseaux sociaux. Je peux citer Fabien Verschaere, très actif sur les réseaux sociaux (aidé par une personne qui s’occupe des relations et de la communication). Grâce à sa galerie, il a mis en scène une vente aux enchères de Drouot pour le Téléthon… mais on le voit tout le temps, et il a raison, il faut être constant, toujours présent, pour que les gens vous suivent et soient interpellés régulièrement.

Pour conclure, pouvez-vous nous parler de votre travail, votre technique, vos sources d’inspiration ?

Pour la technique, je m’appuie sur les collages, la peinture acrylique et certains dérivés de l’encre. En termes de supports, je travaille sur toiles, cartons et depuis récemment sur bois. Ce qui m’aide aussi, c’est le fait de venir des arts appliqués, j’ai appris à faire de l’impression textile et m’en sers pour réaliser mes toiles.

Quant à mes inspirations, elles sont polymorphes et viennent de ce que je vois, ce que j’entends, du monde naturel (arbres, animaux…) et du monde environnant (architecture urbaine)… tout ce qui m’interpelle en fait. J’écris aussi sur mes tableaux par rapport à ce qui me frappe dans la vie de tous les jours, l’image et le mot se mêlent. Tout peut donc partir d’un article, d’une photo… puis cela dérive.

Un projet en cours est de travailler sur la notion des vêtements sur cintres, pour en faire un parallèle à nos postures dans la vie de tous les jours. Avec ces vêtements, on se camoufle, on se met en lumière…


Propos recueillis pour WUKALI par Sébastien Prudent


Coordonnées de l’artiste

Céline Bedat
Atelier au 21 de la rue de Chartres, à Neuilly-sur-Seine (92200)

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https://fr-fr.facebook.com/bedat.celine
@CelineBedat


Illustration de l’entête: Céline Bedat. Mon coeur à Beyrouth


WUKALI 11/12/2014


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