A pleasant and refreshing novel taking place in the Marais district in Paris


Le mouton de la Place des Vosges de Catherine Siguret est un roman léger, bien écrit et très plaisant à lire, [[page 223, il y a une phrase qui ne veut rien dire, sûrement une petite omission lors de la mise en page, ce qui est dommage]]) avec énormément d’humour. Si vous aimez les livres d’Alix Girod de l’Ain ou d’Agnès Abécassis (Agnès pas Eliette, elle aussi romancière mais dans un total autre genre) vous remarquez que je ne cite que des romancières, je l’ai fait exprès, alors vous serez comblé avec ce nouveau livre.

L’héroïne, dont nous connaîtrons jamais ni nom ni prénom est l’heureuse propriétaire d’un appartement avec petit jardin dans un hôtel particulier place des Vosges. Elle est entourée de voisins, décrits sans complaisance à grands coups de pinceaux définissant parfaitement leurs caractères : Mme Revon la personne âgée avec son chien, les Simon, Mrs Burt, l’américaine, mère fille, l’obèse Natacha Lebras, le jeune couple Manon et Paul, ce dernier se découvrant bisexuel avec le jeune Wanda, le couple Jouffa, elle sosie de Fanny Ardant, lui Éric politicien véreux qui est un temps l’amant de l’héroïne. Cette dernière vit seule, ce qui ne l’a pas empêchée d’avoir une multitude d’amants, mais plus pour le sexe mais que par sentiment. De fait elle est amoureuse de « l’Inconnu de la place des Vosges », qu’elle rencontre régulièrement dans la rue. Le moins que l’on puisse dire, elle est originale, pas du tout dans le « moule » de la bonne bourgeoisie résidant dans ce quartier parisien, totalement décalée, voire totalement « folle ». Comme elle se plaît à dire : « je plaisante naturellement », mais de telle façon qu’elle est une véritable « plaie » pour ses voisins.

Elle atteint son paroxisme quand elle leur déclare qu’en souvenir de son enfance, elle décide d’avoir un animal de compagnie : un mouton ! Elle se rend en Corse pour trouver un petit bélier qu’elle surnomme Toi (ce qui nous vaut une superbe description de l’île de beauté et le berger, un vrai taiseux devient naturellement son amant) . Mais un mouton n’est pas fait pour vivre en ville. Malgré l’odeur, les dégâts, elle ne veut pas reconnaître ce fait au grand dam des voisins qui ne supportent pas ce genre d’animal. Suite à la plainte de madame Simon, elle doit prendre un avocat qui n’est autre que l’inconnu.

Et bien sûr entre l’amour pour son mouton et celui de l’Inconnu, il lui faudra choisir.
Tout le livre se trouve résumer dans sa dernière phrase : « je voudrais qu’il soit bien clair dans l’esprit de tout le monde qu’il ne faut jamais lâcher ses rêves, même quand on sait qu’ils ne vont pas se réaliser. » Une formidable leçon d’optimisme, de vie. Non l’héroïne n’est pas folle, elle rêve, et comme ses rêves ne sont pas ceux que la société attend d’elle, elle est marginalisée, elle le sait et elle l’assume totalement. Elle est une vraie femme libre qui nous envoie un message plein de fraîcheur et d’optimisme.

La vie est magnifique quand on se donne les moyens de réaliser ses rêves nous dit Catherine Siguret, cela nous change des introspection nombriliste larmoyantes que nous avons (trop) l’habitude de lire, et ça fait énormément de bien.

Émile Cougut


Le mouton de la place des Vosges

Catherine Siguret

Éditions Albin Michel. 18€


WUKALI 13/05/2015

Courrier des lecteurs: redaction@wukali.com


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