Antoine Blondin in French sport newspaper « L’Équipe » turned out The Tour de France runners into antique heroes. A wonderful book full of fantastic remembrances


Et oui, il faut bien l’avouer se l’avouer Antoine Blondin était un écrivain, un très grand écrivain, qui avait le sens du mot juste, de la phrase parfaite, de la description rapide, resserrée qui ouvrait au lecteur un riche univers.

Et oui, il faut bien l’avouer se l’avouer Antoine Blondin avait une immense culture, une connaissance de la France, de son histoire, de son génie (n’ayons pas peur des mots) qu’il savait transmettre à ses lecteurs.

Soit, Antoine Blondin avait ses défauts, ses démons qui le rongeaient, une vraie addiction à l’alcool, et alors, il le savait, parfois jouait avec, mais…, mais il était avant tout un écrivain, un vrai qui avait compris qu’un écrivain, au-delà de son talent à savoir mettre le mot juste là où il faut, doit avant tout faire partager sa vision du monde, de la vie à tous en général et à ses lecteurs en particulier, et surtout qu’il n’y a strictement aucun sujet qui soit supérieur à l’autre et donc qu’aucun est « inférieur », moins digne d’intérêt que l’autre ; à condition d ‘en parler avec son cœur… et son talent. Antoine Blondin aimait le sport en général et le cyclisme en particulier et il a su mettre son génie à leur service. Le sport, le cyclisme sont aussi dignes d’intérêts que n’importe quel autre sujet.

Et oui Antoine Blondin était aussi journaliste et il a écrit des chroniques sportives dans L’Équipe . N’en déplaise à certains, cela ne lui enlève strictement rien à son réel talent d’écrivain. Des grands auteurs de génie, eux aussi ont écrits des articles des critiques sans que cela nuise à leur réputation posthume. Pensons à Diderot, à Baudelaire, à Gauthier (les ignares « pinces cul » diront qu’ils écrivaient sur des tableaux, et alors, non seulement ils font une hiérarchie qui n’existe pas, mais en plus le sport à leur époque n’existant pas sous sa forme actuelle, ils auraient eu du mal à écrire dessus), mais plus proche de nous à Kessel ou à d’Ormesson (je ferai remarquer aux mauvais coucheurs qu’il est un des rares écrivains à être publié de son vivant dans la prestigieuse collection « La Pléïade » de Gallimard).

Antoine Blondin a participé à tous les Tours de France de 1955 à 1958, à l’exception de celui de 1958 pour écrire « Un singe en hiver », excusez du peu. Il a connu, apprécié, tous les grands champions de son époque et a largement contribué à forger la légende, le mythe Raymond Poulidor. Il a traversé la France, fréquenté moult hôtels et surtout cafés et autres bistrots. Il a profondément impressionné les journalistes, les coureurs, les organisateurs du Tour. Il y a le cyclisme avant Blondin, et le cyclisme après Blondin… Soit par son talent, il a su transformer les compétiteurs en véritables héros des temps modernes, mais ne se faisait aucune illusion quand au dopage, mais celui-ci, à cette époque n’était pas voué aux gémonies comme de nos jours. Blondin ne l’approuve pas, mais ne le condamne pas non plus…

Antoine Blondin La légende du Tour est une série de courtes contributions autour de Blondin, du Tour de France, des principaux protagonistes de cette époque. Les auteurs vont du journaliste sportif aux témoignages parfois émouvants de son petit-fils. Ils recréent une ambiance, dessinent la personnalité d’un homme torturé qui vit chaque été au cœur de sa passion.

La lecture des 524 chroniques d’Antoine Blondin (c’est-à-dire l’intégrale) regroupé dans le livre Tours de France publié aux éditions de la Table Ronde en sont bien la preuve, et ceux qui n’ont pas encore eu le plaisir de lire ce livre, ne pourront que reconnaître sa puissance d’écriture à la lecture des extraits des chroniques d’Antoine Blondin qu’il écriva pour l’Equipe dans Antoine Blondin La légende du Tour.

Pour les amateurs du cyclisme, pour les passionnés de la grande boucle, voilà une lecture passionnante dont on peut lire chaque chapitre après chaque arrivée.

Émile Cougut


Antoine Blondin La légende du Tour

Jacques Augendre, Jean Cormier, Symbad de Lassus

Éditions du Rocher.19€50


WUKALI 01/07/2015
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com


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