The head vanishes or when an old lady loses her head


Avec «Une tête disparait» (2016), film d ‘animation de Franck Dion, on est loin, très loin des effets spéciaux, du clinquant ou des propositions esthétiques, le sujet ne s’y prête pas. Bien loin aussi de la fable présentée dans notre dernière chronique. Le traitement du sujet est içi mêtaphorique, une vieille dame dans toute l’acception d’une vérité cruelle  » perd littéralement la tête. Elle voyage « seule » en train accompagnée par une dame plus jeune qui l’appelle « Maman » et qui semble intervenir en retrait.

Chacun comprend immédiatement de quoi il retourne, et les voix « off », le dialogue prononcé par des comédiennes de talent, fixe le spectateur dans une vérité douloureuse et qui ne fait aucun doute. La «vieillesse est un naufrage» et içi s’agit de cette irrémédiable coulée vers le fond que constitue ce qu’il faut bien nommer la maladie d’Alsheimer. La couleur qui nimbe l’ensemble des images ne porte guère la lumière et est dans des tonalités verdâtres. Un extrême sobriété tout juste contrebalancée par un récit fantastique où l’on voit des poules sans tête ou de poissons étranges eux aussi acéphales et qui semblent flotter dans des univers liquides mystérieux.

Le film a reçu le cristal du meilleur court-métrage au Festival du film d’animation d’Annecy en 2016.

Dessus rivière ou sus estan,
Qui beauté eut trop plus qu’humaine.
Mais où sont les neiges d’antan ?
Qui beauté eut trop plus qu’humaine.
Mais où sont les neiges d’antan ?

Pierre-Alain Lévy


WUKALI 03/09/2016
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