A time of splendour and of economic euphoria, of ostentation and numerous lavish celebrations


Du 27 septembre 2016 au 16 janvier 2017, le[** musée d’Orsay*] propose une superbe exposition intitulée [**Spectaculaire Second Empire.*]
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On croyait connaître le Second Empire, mais de fait nous en savons essentiellement ce que la République nous a enseigné. Or, elle a réussi à croître sous les ruines de l’empire, et comme se sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire, le Second Empire a été chargé de tous les maux. On se souvient, à juste titre, des imprécations de [**Victor Hugo*], en oubliant que [**Théophile Gautier*], les deux[** Dumas*], [**Labiche, Mérimée*] et tant d’autres se sont très bien accommodés de ce régime et ont pu développer tout leur talent.

De fait, depuis quelques décennies, les historiens ont réhabilité le Second Empire et ont démontré que [**Napoléon III*] est un personnage historique bien plus complexe qu’il n’y paraît. On avait oublié le plébiscite de [**1870*] qui montra une popularité que bien des chefs d’état actuel rêveraient d’avoir. Soit, l’empire s’est bâti dans la violence et le sang, tâches qui restèrent indélébiles dans l’esprit de l’empereur. Mais ce dernier n’a jamais oublié qu’il était l’auteur de « L’Extinction du paupérisme » et son action vers le peuple, enfin essentiellement vers la paysannerie ne le dément pas.|center>

Ce que beaucoup se souviennent de cette époque se résument aux meubles de nos aïeuls, que des imitations de styles du passé, des intérieurs surchargés (mais beaucoup moins que les victoriens à la même époque). On oublie très facilement que le symbole du style impérial, de l’aveu même de[** Garnier*], c’est l'[**Opéra de Paris*], que la capitale, mais aussi [**Lille, Marseille, Lyon*] et dans une moindre mesure[** Bordeaux*] sont des villes façonnées par la volonté de l’empereur. Notre cadre de vie doit énormément aux architectes et urbanistes du Second Empire. Combien de cathédrales, de châteaux nous sont connus grâce à [**Viollet le Duc*] et ses réinterprétations d’un Moyen Âge quelque peu fantasmé ? Soit, Napoléon III n’est pas un grand amateur de « culture », mais c’est lui, en 1863, qui crée le salon des refusés ou pour la première fois est visible Le Déjeuner sur l’herbe de [**Manet*], il surmonte la censure et permet que soit joué La Dame aux camélias de [**Dumas fils,*] il passe des commandes à [**Verdi*], il invite [**Offenbach*] plusieurs fois à [**Saint Cloud.*] Soit ce n’est pas ce que l’on appellerait un « connaisseur », mais c’est un libéral au niveau des arts et, de fait, un amateur de l’art « néogrec ». Et que dire d'[**Eugénie*], admirative de Marie Antoinette et par voie de conséquence du style Louis XVI, de son rôle dans le développement de la joaillerie française, etc. La synthèse entre les goûts impériaux est à admirer dans l’extraordinaire berceau du prince impérial offert au couple impérial lors de la naissance du prince impérial par la ville de Paris.|left>

Les expositions universelles de 1852, 1855 et 1867 avec leur incroyable succès ont servi à montrer au monde le « génie de la culture française » et surtout son avance sur les arts appliqués à l’industrie qui nous valurent un espionnage industriel tout azimut de la part de l'[**Angleterre*] (pour ceux qui sont à Paris, une visite au musée de l’armée aux [**Invalides*] s’impose : il y a une excellente exposition sur l’Histoire de l’espionnage dont une partie porte sur le second empire).

Le [**musée d’Orsay*] propose au public des pièces de mobilier, de joailleries, d’architecture, des tableaux, des sculptures, des photographies (cet art qui voit son développement sous Napoléon III) toutes aussi magnifiques les unes que les autres. Toute la vie culturelle de cette époque est parfaitement recréée (au niveau du théâtre, du lyrique, etc) : on passe d’une culture d’élite aristocratique à une culture bourgeoise, beaucoup moins conservatrice, qui ose collectionner des nouveautés, qui accepte que les codes traditionnels volent en éclat (n’en déplaise aux conservateurs de l’Académie des Beaux-Arts).

Bien sûr, la fête impériale (Eugénie adorait les bals) est tournées vers la glorification du régime, mais sans être un souverain « bourgeois » comme [**Louis Philippe,*] l’empereur, l’impératrice y sont perçus avant tout comme des êtres humains et non des sortes de dieux inatteignables descendus sur terre, des monarques proches de leur peuple, respectueux de sa culture, de ses envies et ses besoins. L’empereur en bon saint-simonien, croit au progrès et à l’enrichissement de toute la population (les graines qu’il a semé vont éclore totalement à la  Belle Époque). Tout l’art de cette époque, même le « non-officiel », en est le témoin.

La visite effectuée, il est nécessaire d’acquérir le catalogue de l’exposition (Musée d’Orsay / Skira 45 €). Celui-ci permet de continuer son voyage, théorise parfaitement tout ce qui est exposé et ce d’une façon claire, limpide, remettant les œuvres dans leur contexte historique. Sa lecture finie, il ne reste qu’une chose à faire, revenir à Orsay pour percevoir encore mieux la beauté de cette exposition.

Pour les amateurs, le musée du Luxembourg accueille une très belle exposition portant sur l’œuvre de[** FantIn-Latour*], une bonne occasion pour (re)découvrir ce peintre qui fut un des meilleurs portraitistes et peintre de genre du second empire.

[**Pierre de Restigné*]|right>


Du 27 septembre 2016 au 16 janvier 2017, Spectaculaire Second Empire. [** musée d’Orsay*] . Paris


WUKALI 22/10/2016
*Courrier des lecteurs *] : [redaction@wukali.com
Illustration de l’entête: Jean Auguste Dominique Ingres. Madame Moitessier © The National Gallery, Londres, Dist. RMN-Grand Palais / National Gallery Photographic Department


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