A Chinese artist living in France

L’artiste asiatique [**Ma Desheng*] a eu une vie bien mouvementée. Fondateur du premier groupe d’art d’avant-garde Les Etoiles avec [**Ai WeiWei*] et [**Wang Keping*], un accident de voiture qui le laissa grandement affaibli ralentit considérablement sa reconnaissance par le grand public. Depuis 2011, Ma Desheng rencontre un intérêt de plus en plus important de la part des collectionneurs et des galeries. Sa dernière exposition à la Galerie A2Z à témoigne d’un regain d’intérêt pour son œuvre, ainsi que d’une meilleure reconnaissance par le marché d’un des pionniers de l’art d’avant-garde chinois.

Si certains de ses camarades du mouvement Les « Etoiles »星星 ont acquis une renommée certaine dans le milieu de l’art, Ma Desheng n’en vient que récemment à trouver la renommée du marché. Cette remontée fulgurante intervient dans un contexte de libéralisation de la [**Chine*] et d’acceptation des figures alternative. Ma Desheng a été une des figures de proue du milieu contestataire et a dû s’exiler en France. Cette critique du régime communiste de l’époque maoïste ne lui a pas permis de rentrer dans son pays natal depuis son exil et a considérablement ralenti sa reconnaissance dans son pays natal.

L’art de Ma Desheng a considérablement évolué depuis ses débuts. Aux paysages cruels, énigmatiques, se répétant à l’infini, Ma Desheng a substitué une réflexion sur le corps et sur l’individualité, une évolution qui va de pair avec la reconnaissance sans cesse accrue de la diversité de son style. Les premières œuvres de Ma Desheng frappaient par le grand contraste entre noir et blanc, par la force des traits bruts, dans un espace qui ne cessait de s’étendre. Cette géométrie rigide et linéaire ne va pas sans une certaine poésie de l’absence, où l’homme n’a plus sa place dans un univers aussi désenchanté qu’incolore. Cette répétition du même motif n’a cessé de constituer la structure de ces mondes aux trames diverses : tantôt verticaux, tantôt profonds, tantôts d’une largeur aussi vaste que concevable.

L’œuvre de Ma a très rapidement pris comme objet le corps humain, pourtant paradoxalement absent de ses premières œuvres, ou du moins marginal face à des paysages aux dimensions cosmiques. Cet amour pour le corps sous toutes ses facettes n’a cessé de constituer un fil directeur dans ses expérimentations avec l’encre de Chine, ou des lithographies.

Ce revirement vers le corps s’est ensuite progressivement harmonisé avec la période antérieure de l’œuvre de Ma Desheng. Si la stabilité des paysages, des maisons, des plaines constituait un premier moment de son œuvre, ce serait le mouvement du corps qui lui succède. Un troisième moment de l’œuvre de Ma Desheng serait une harmonisation entre ce mouvement et cette stabilité, qu’il a trouvé dans la pierre, dont ses assemblage imite le corps, mais dont la matière rappelle le sol.

Cette synthèse a connu un succès important, qui a conduit Ma Desheng a faire parti des collections permanentes du **Centre Pompidou*] et à rentrer dans le collections du futur [**M+ Museum de Hong Kong*]. Les ventes de Ma Desheng se font majoritairement en Asie, et plus particulièrement à Hong Kong, qui a reconnu la valeur de son art avant l’Occident. Plusieurs tentatives sont faites pour diffuser l’art de Ma Desheng en Europe, particulièrement les vernissages réguliers de ses galeries et la création de ses premières éditions limitées par la[ maison d’édition Blackstamp.

Si Ma Desheng est resté fidèle à l’acrylique, ainsi qu’aux instruments de la peinture chinoise, cette ouverture aux techniques de la reproduction marque une plus grande adaptation de son œuvre face à une demande croissante. La lithographie de Ma Desheng a ainsi été réalisée par ses soins, signée et numérotée afin de démocratiser son art en Europe.

La cote de Ma Desheng a considérablement augmenté ses dernières années. En 2011, Ma Desheng a fait plus de 200 000 euros de revenu annuel en vente aux enchères, et a marqué le début d’une reconnaissance sans cesse accrue de son art. Ses prochaines expositions amèneront sans doute une revalorisation de son art, tout comme les démarches d’ouvertures qui commencent à s’esquisser du côté chinois, en reconnaissance de sa contribution à l’art d’avant-garde.

[**Matthieu Moullec*]


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WUKALI 13/04/2018)]

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