Don’t feel ashamed to read this erotic novel, it’s a very good literature

Non, Elizabeth n’est pas marquise des Anges, mais de Chester (en Angleterre) et l’action ne se passe pas sous Louis XIV mais au début du XVIII siècle. Non, il n’y a pas grand chose à voir entre l’œuvre de la famille [**Golon*] et le livre de [**Louis Clavel,*] si ce n’est que l’héroïne est une marquise, que l’action se passe il y a au moins trois siècles et que la vie du personnage principal est loin d’être un long fleuve tranquille.

Une pauvre fille riche à qui il arrive bien des déboires avant de (re)trouver l’Amour après des aventures pleines de rebondissements. Voilà un thème connu et bien connu. Tout dépend comment il est traité, et je l’avoue je n’ai pas été déçu par la façon dont [**Louis Clavel*] le traite. Tout d’abord Elizabeth est loin d’être une oie blanche comme trop de livres « à l’eau de rose » ou érotiques aiment à montrer leur héroïne. Non, malgré ses 18 ans, la jeune orpheline, qui doit se marier avec un vieux Duc, a déjà un amant, Thimothy, et maîtrise parfaitement les plaisirs du sexe. Sauf que la veille de son mariage, alors qu’ils font des galipettes dans le foin dans une grange, ils se font surprendre par le fort peu sympathique promis. Elle réussit à s’enfuir grâce aux indications de son amant, et part pour un périple maritime qui doit la conduire en Louisiane. Mais elle est tellement belle et sensuelle, qu’elle attise les fantasmes de l’équipage et surtout des différents capitaines qui commandent le navire. Si grâce à sa suivante et amie Mary, elle n’est pas violée par le premier, elle finit par tomber sous les charmes du second qui n’est autre que le cousin de son amoureux. Prisonnière de pirates, là aussi, elle finit dans la chambre du capitaine Bellamy qui finit par vouloir la vendre avec un lot d’esclaves. Mais grâce « aux pouvoirs magiques » de leur chef Arona à l’organe sexuel démesuré, elle finit par retrouver Thimothy qu’elle croyait mort.

Une histoire digne des bons romans d’aventures maritimes du XIX siècle qui ont enchanté l’enfance de plus d’un. Avec, en plus, moins d’hypocrisie c’est à dire avec des passages (pas trop, juste ce qu’il faut pour interdire ce genre de romans aux élèves des institutions religieuses) emplis de sensualité et de sexualité.

Il est important à mon avis de faire référence au style de[** Louis Clavel*] : il sait parfaitement restituer l’atmosphère des romans d’aventure, et surtout le lecteur retrouve des tournures de phrases, un univers qui n’est pas sans faire penser à certains romans libertins du XVIIIe siècle. On pense à des passages de [**Jacques Cazotte*], d'[**Andréa de Nerciat*] voire du [**cardinal de Bernis*]. C’est léger, pas aussi alambiqué que du [**Mirabeau*] et bien loin de la violence d’un [**Sade*].

Alors bien sûr, aux jours d’aujourd’hui, au temps de « ache-tag ton porc  », les féministes ont de quoi s’indigner de l’image que ce genre de romans donne des femmes. Elles sont toutes dominées par les hommes, toutes des hystériques qui finissent inéluctablement par être dominées par leurs pulsions sexuelles comme Elizabeth ou des nymphomanes comme Mary. Vraiment on est dans l’incorrect total, mais n’est-ce pas cette vision des femmes qui dominait il y a deux ou trois siècles ??

Bien sûr, les tatillons grogneront sur quelques absurdités : Elizabeth et Mary partent avec un simple (gros) sac qui devient des malles en arrivant à Plymouth pour finir par une garde robe bien fournie sur le bateau. Et puis, l’esclavage n’existait pas en France, enfin sur le territoire européen de la France, tout esclave qui en foulait le sol était automatiquement libre. Pas un esclave n’a été embarqué du port de Brest.
Mais ne soyons surtout pas tatillons et profitons de la lecture de ce livre très plaisant.

[** Émile Cougut*]


[**Elizabeth, marquise déchue
Louis Clavel*]
éditions La Musardine. 16€50 euros


[(

– Cet article vous a intéressé, vous souhaitez le partager ou en discuter avec vos amis, utilisez les icônes Facebook (J’aime) ,Tweeter, + Partager, positionnées soit sur le bord gauche de l’article soit en contrebas de la page.

– Retrouvez toutes les critiques de LIVRES parues dans WUKALI

Retrouvez tous les articles parus dans toutes les rubriques de Wukali en consultant les archives selon les catégories et dans les menus déroulants situés en haut de page ou en utilisant la fenêtre «Recherche» en y indiquant un mot-clé.

Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 09/03/2018)]

Ces articles peuvent aussi vous intéresser

Notre site utilise des 'cookies' pour améliorer votre expérience et son utilisation. Si vous le refusez vous pouvez les désactiver. Accepter En savoir plus