A genuine author with style and charm


Fiction ? Autobiographie ? Ce qui est certain, c’est qu’à la lecture de ce court roman d'[**Amandine Cornette de Saint Cyr*], le lecteur se dit que l’auteur.e retranscrit sur papier une partie de sa vie. « Ça sent le vécu  » comme dit le bon sens populaire. Et l’avantage de ce ressenti est le lien de proximité de connivence, voire d’empathie qui se tisse entre le lecteur et l’auteur.e. Un air, une atmosphère de vérité qui plaît d’autant plus que derrière l’histoire de l’héroïne, c’est un vrai pamphlet contre le monde de l’édition auquel se livre Amandine Cornette de Saint Cyr.

L’histoire est très simple : une jeune femme veut devenir écrivain. Comme tous les écrivains, elle connait l’angoisse de la page blanche, les affres de trouver le bon mot, la bonne phrase pour exprimer avec brio sa pensée. Comme tous les écrivains, elle arrive à « produire un produit fini » et cherche à se faire éditer. Par chance, elle a fréquenté, quelque peu à la marge, ce monde de l’édition, et le milieu dans lequel il se développe : écrivains au fait de la célébrité, journalistes spécialisés dans la culture, éditeurs, etc. Le tableau qu’elle en fait est loin d’être flatteur : des monstres d’égoïsme, des drogués à la cocaïne et autres pilules aux effets euphorisants, obsédés sexuels : plus d’un voit en elle une potiche à exhiber (dans le meilleur des cas) mais essentiellement un objet pour assouvir leurs pulsions sexuelles. En tout honnêteté, elle avoue avoir céder à quelques uns, pas à tous, loin de là.

Elle tente, elle veut réussir, elle essaie tant bien que mal d’éviter, de contourner les obstacles qu’elle rencontre, elle est loin d’être une oie blanche et ne se fait que peu d’illusions : les rapports homme/femme, voire même femme/femme sont essentiellement sous-entendus de connotations sexuelles. Mais elle persévère et réussit quand même à être publiée (Des plumes sous ma couette est son troisième roman).

La dernière rencontre est une grande constante : c’est celui qui est le plus opposé à elle, qu’elle fuit et qui paradoxalement l’énerve car il semble indifférent à elle, avec qui elle veut avoir des relations suivis et de confiance. C’est aussi (et surtout?) celui qui a l’ego le plus faible (pour ne pas dire quasi-inexistant).

[**Des plumes sous ma couette*] est servi par un style précis, agréable, sans aucune fioriture. Il n’y a aucun faux-fuyant, une réalité crue et en même temps un certain éloignement permettant de développer une parfaite lucidité et d’elle et de ce milieu.
On ne peut qu’espérer qu'[**Amandine Cornette de Saint Cyr*] puisse continuer à écrire sans être obligée de se heurter à ces égotistes obsédés.

[** Émile Cougut*]


[**Des plumes sous ma couette
Amandine Cornette de Saint Cyr*]
éditions l’Archipel.15€


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WUKALI Article mis en ligne le 27/10/2018)]

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