Hervé Le Corre, a brilliant thriller writer. The action of his last book takes place in 1871, a glaucous period of French History, when took place in Paris a civil war named La Commune


Tous les amateurs du romans noirs français connaissent [**Hervé Le Corre*], un des auteurs le plus talentueux en ce domaine. Dans son dernier livre, [**«Dans l’ombre du brasier»*], et contrairement à bon nombre de ses précédents titres, l’intrigue ne se déroule pas dans la région bordelaise, mais à Paris, et pas à n’importe quelle époque puisqu’il s’agit de 1871. Tout de suite, on pense, et ce à juste titre à la Commune, à cette guerre civile qui déchire, non la France, mais la capitale contre les forces « réactionnaires », les versaillais menés politiquement par [**Thiers*] et militairement par le maréchal [**Mac Mahon*] (deux des premiers présidents de la République), sous les yeux des forces prussiennes.

L’action se déroule du 19 au 27 mai, à l’époque où les troupes versaillaises commencent à reprendre, rue par rue, barricade par barricade, le contrôle de la ville. Et de fait, en toile de fond à cette histoire, on assiste à la désorganisation des communards, à leur impuissance face à la puissance de feu des versaillais, en effet ils passent plus de temps à discuter, ou à se déchirer. Certes, il y a parmi eux de bons stratèges militaires, mais ils sont peu écoutés et manquent de moyens tant humains que matériels au moment où ils pourraient, non vaincre mais faire reculer les attaquants. On n’est pas loin des déchirements qui ont tant pénalisé les républicains espagnols en 1936, l’histoire balbutie. Et puis, il y a l’immense majorité de la population qui essaie de survivre, voudrait que tout cela cesse, mais qui de fait n’apporte pas un soutien total aux insurgés. D’ailleurs nombre de civils vont se montrer de zélés collaborateurs quand, dans les quartiers « libérés », il va s’agir d’éliminer les communards (quitte à assouvir des vengeances personnelles) ; anticipation en quelque sorte de ce qui s’est passé lors de la libération en 1944 et de la collaboration. L’histoire ne se répète pas, mais elle met en exergue certains (très mauvais) côtés de la nature humaine.

C’est durant ces quelques jours que vont se croiser les destins de plusieurs personnages pris dans cette tourmente autour de la disparition de jeunes femmes. Antoine Roques qui vient d’être nommé par une assemblée délibérante commissaire de police de son quartier, il est secondé par l’inspecteur Loubet, un des rares représentants de l’ordre qui n’a pas fui à Versailles ; Pujols, un tueur sans pitié, qui fournit des jeunes femmes à un photographe qui s’est spécialisé dans les photographies érotiques et pornographiques, Clovis Landier, un avocat à la recherche d’une sorte de suicide depuis la mort de sa femme et de ses enfants, et surtout Caroline, une des victimes de Pujols qui passe une partie de son temps libre dans une infirmerie pour soigner les blessés ainsi que son amant, Nicolas, sergent dans un régiment de la Commune, brave, téméraire, très vite conscient qu’il se bat pour une idée qui ne gagnera pas par les armes.

Avec bien sûr des personnages « secondaires », comme Le Rouge, qui sont pris, broyés pour la plupart, par des événements qui dépassent totalement leurs personnes. Tout ne finit pas particulièrement bien pour certains, mais tel fut le destin de bien des combattants.

De fait à travers ces événements, chacun des protagonistes cherchent à donner un sens à leurs actions, à leurs vies. Clovis Landier est à la recherche d’une résurrection, Antoine Roques veut donner une vraie signification au terme justice ; Caroline et Nicolas souhaitent être heureux ensemble ; etc. L’histoire révélatrice des âmes humaines.

Dans le genre du roman noir, [**Dans l’ombre du brasier*] est un excellent opus qui mérite de figurer gaillardement dans toutes les bonnes bibliothèques. [**Hervé Le Corre*] montre là toute sa maestria pour créer une atmosphère pesante, pour donner vie à ses personnages, les suivre dans leurs actions, dans leurs interrogations. Ce sont des personnages de fiction, certes, mais ils auraient très bien pu avoir réellement existé et réagir comme le décrit dans son roman si bien l’auteur.

Qui plus est, Hervé Le Corre nous invite, comme le fit Tardi, à mieux approfondir nos connaissances sur cet événement « inouï » que fut la commune. C’est sans conteste parfaitement réussi !

[** Émile Cougut*]


[**Dans l’ombre du brasier
Hervé Le Corre*]
éditions Payot et Rivages. 22€50
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WUKALI Article mis en ligne le 12/01/2019)]

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