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La Chronique littéraire d’Émile COUGUT.


Les éditions Albin Michel en collaboration avec le Monde des Religions viennent d’enrichir leur collection « les 20 clés » d’un nouvel opus consacré au bouddhisme. En 20 courts chapitres, l’essentiel du bouddhisme est exposé. De tout le bouddhisme, pas que de celui dont parlent les médias à travers le Dalaï Lama, ou à l’occasion de la venue d’un gourou professant un « enseignement » plus proche de la secte que d’une religion.
Le bouddhisme est une religion, née au nord de l’Inde qui est avant tout apparue en contestation de la religion védique dont elle a fait de grands emprunts tout en refusant l’élitisme basée sur la notion de caste, ce qui a expliqué en grande partie le succès rapide qu’elle a pu trouver au sein du peuple.

Le bouddhisme, la religion de toute l’Asie, a su s’adapter aux croyances locales pour se diviser en plusieurs courants regroupé autour du « petit véhicule » qui ne considère que l’enseignement du Bouddha historique (que l’on trouve essentiellement au Sri Lanka(, et le « grand véhicule » qui prend en compte les enseignements d’autres bouddhas ou bodhisattvas. A cela s’ajoute un courant minoritaire : «le véhicule de diamant » qui ne se trouve qu’au Tibet et qui est un mélange d’un courant dit vajrayana, branche du mahayanas transmis de façon orale après la mort du Bouddha surnommé « l’enseignement des tantras » mélangé avec des croyances locales.

Pour autant, il existe un fond commun à tous les courants du bouddhisme autour des 4 vérités :

La dukka terme difficile à traduire qui exprime la souffrance qui régit l’humanité et la douleur que représente la mort, c’est la « non satisfaction », « le mal être »

La seconde vérité est « la soif » : la source de cette insatisfaction est la soif de prendre ou de rejeter, la cupidité, l’avidité, l’égoïsme

La troisième vérité est que la guérison est possible en percevant que les émotions, la douleur, la mort, la maladie ne sont que des éléments de l’existence, ni plus ni moins.

La quatrième vérité est le moyen d’arriver à cette guérison à partir de la pratique de trois disciplines : comportementale, mentale et réflexive.

Le karma, le samsara, le nirvana sont commun avec d’autres religions comme l’hindouisme ou le jaïnisme, mais avec des significations plus ou moins différentes Ainsi, pour les bouddhistes, le karma trouve son origine dans la croyance en un « moi » qui nous voile la réalité. Ne sachant ni ce qu’il est, ni la raison de son existence, chacun s’imagine posséder un « soi ». La conséquence est la prolongation d’une errance conditionnée par l’ignorance, c’est le samsara, un vrai cercle vicieux des existences. Quand après un cycle de réincarnations, l’individu a su surmonter son soi et s’est affranchi des conditionnements du samsara, alors il peut atteindre le karma qui n’est pas le paradis, ni la vie éternelle, mais une liberté totale au-delà de la souffrance.
Comme pour tous les autres opus des « 20 clés pour comprendre », se trouvent des articles sur les textes sacrés, les rites et pratiques, les fêtes religieuses, les « saints », les rites, les pèlerinages et leurs significations, la vie monastiques et son appropriation par le peuple.

Bien sur le livre finit par une interview du Dalaï Lama et par la diffusion du bouddhisme en Occident.

Il est dommage qu’il n’y ait pas un lexique à la fin de ce petit livre utile pour une première approche de cette religion.

Emile Cougut


20 clés pour comprendre le bouddhisme

Éditions Albin Michel. 9$90


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