Dès mardi, les nouveaux timbres seront disponibles dans tous les bureaux de poste et les autres points de vente. Le dessinateur a avoué sur Twitter s’être inspiré de la figure fondatrice des Femen, Inna Shevchenko.

Il était imprimé depuis deux mois dans le plus grand secret à Boulazac, en Dordogne, par des postiers soumis à une clause de confidentialité: le nouveau visage du timbre Marianne a gardé son mystère jusqu’à la dernière minute. Il a été dévoilé ce dimanche à l’Élysée par François Hollande, qui a souligné que son effigie était «l’illustration» de la jeunesse, «priorité de (son) mandat».

Ce timbre a été dessiné par le duo David Kawena-Olivier Ciappa, ce dernier étant l’artiste dont l’exposition de photos en faveur du mariage homosexuel a été vandalisée à deux reprises en juin à Paris. Le choix final du président est intervenu au terme d’une présélection par des lycéens qui avaient désigné trois séries de timbres parmi les quinze proposées. Olivier Ciappa a reconnu sur Twitter s’être inspiré de «plusieurs femmes mais surtout Inna Shevchenko, fondatrice des Femen

».

Pour Olivier Ciappa ce timbre constitue une élégante symbiose entre le visage de la femme de la Renaissance, les mangas des années 80 et les dessins animés de Disney des années 50, il représente une petite fille moderne droite sortie des poupées de porcelaine,du fait de sa sélection par un jury formés de de lycéens il s’inscrit donc dans son actualité comme le timbre de la jeunesse


Cet objet-timbre appelé à être diffusé par milliards d’exemplaires par les bureaux de poste et les buralistes représente bien la dynamique artistique et ce médium de communication, d’exemple et de sensibilité qu’une oeuvre artistique peut avoir sur l’ensemble de la société au même titre que tous les objets du quotidien et de la consommation et qu’avait fort bien compris Raymond Loewy, créateur du design industriel. Ces multiples objets-art impriment tant par leur usage que par leurs vastes diffusions une esthétique des formes qui donne son identité à notre temps.

Dans les années 60, la DS produite par Citroën, puis le timbre représentant la Marianne de Jean Cocteau avaient aussi et de manière considérable constituer un choc esthétique. C’est le rôle de l’artiste , celui même que définit Baudelaire dans son poème l’Albatros, visionnaire avant les autres, inventif et bien entendu créateur.

Si l’on peut lire dans la presse des commentaires peu amènes qui font polémique sur ce timbre, il faut avoir à l’esprit qu’ils émanent de milieux réactionnaires (je serais tenté d’utiliser un tout autre qualificatif), qui de tous temps n’ont jamais brillé par leur ouverture d’esprit, et qui bien au-delà d’un positionnement esthétique (ce qui serait parfaitement légitime), font feu de tous bois pour des querelles politiciennes aux relents glauques et pour tout dire fascisants .

Pierre-Alain Lévy


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