Matisse in London at the Tate Modern, a comprehensive range of the famous Cut-Outs, a Must !

Soyez snob à Londres, offrez-vous le plaisir d’aller y visiter l’exposition Matisse à la Tate Modern. Ce ne seront point les peintures de Provence sous la voute azuréenne, mais les papiers découpés, The Cut-Outs, Matisse voulait «sculpter les couleurs avec des ciseaux » , comme le fait remarquer Nicholas Cullinan, commissaire de l’exposition. Une exposition qui présentera un ensemble encore jamais réuni des célèbres « papiers découpés » sur la période 1943-1954.

Rassemblant plus de 120 œuvres – dont la majorité n’a jamais fait l’objet d’une présentation commune – l’exposition mettra en lumière l’étonnante vivacité des dernières œuvres et années de Matisse, placées sous le double signe de la couleur et l’inventivité. Cette technique du papier découpé avait rendu Picasso jaloux !

Dessinateur, graveur, sculpteur et peintre, Henri Matisse (1869 – 1954) fut une figure majeure de l’art moderne et ses incomparables papiers découpés font figurer ses dernières années de production parmi les meilleures périodes tardives de toute l’histoire de l’art. Ils incarnent le prodigieux dernier chapitre d’une carrière exceptionnelle qui s’étendit sur plus d’un demi-siècle.

Matisse réalisa ses premiers papiers découpés entre 1943 et 1947 dont l’album Jazz de 1947 (Centre Pompidou, Paris) rassemble une vingtaine d’entre eux. Les éditions Tériade en publièrent l’édition originale qui était agrémentée d’un texte manuscrit de l’artiste ; des exemplaires originaux de Jazz seront présentés aux côtés de leurs papiers découpés originaux. Ce sera la première fois, en dehors de France, que les maquettes originales de Jazz et l’album lui-même seront exposés côte à côte.

L’exposition présente également un ensemble de papiers découpés de très grand format datant de 1953 dont L’Escargot (Tate, Londres), son pendant Mémoire d’Océanie (MoMA, New York) et Grande décoration aux Masques (National Gallery of Art, Washington). Une photographie de l’atelier de Matisse révèle que ces œuvres furent initialement conçues en tant qu’ensemble unifié, et ce sera la première fois qu’elles seront réunies depuis leur création dans l’atelier.

L’exposition réunit également le plus grand nombre de Nus Bleus de Matisse encore jamais exposé dont le célèbre Nu bleu I de 1952 (Fondation Beyeler, Bâle). Des œuvres qui illustrent avec éclat l’intérêt renouvelé de Matisse pour la figure vers la fin de sa vie.

Lorsque la maladie empêcha Matisse de continuer à peindre, il se mit alors à découper des morceaux de papier afin de réaliser des maquettes pour des commandes de livres, de dessins de vitraux, de tapisseries ou de céramiques.

Ces recherches se caractérisent par la dimension sculpturale des contours des découpes ainsi que par une luminosité qui rappelle celle du vitrail pour les grands aplats de couleur. La couleur chez Matisse se faisant alors évocation du mouvement de l’eau et d’une végétation luxuriante. Le résultat des recherches de l’artiste reflétant tout à la fois un engagement renouvelé pour la forme et la couleur ainsi qu’une fraicheur renouvelée dévolue à l’œuvre d’art en tant que telle.

L’exposition permet également de reconsidérer les papiers découpés sous l’angle des méthodes et des matériaux utilisés par Matisse ainsi que leurs métamorphoses : champ d’expérimentation au sein de l’atelier jusqu’à l’œuvre achevée, montée et encadrée. L’exposition met particulièrement en exergue les tensions entre processus de création et moment d’achèvement, dimension artistique et décorative, valeur contemplative et utilitaire, dessin et couleur.

Henri Matisse : The Cut-Outs a pour commissaires Nicholas Cullinan, conservateur au département d’Art Moderne et Contemporain du Metropolitan Museum of Art de New York et Nicholas Serota, directeur de la Tate assisté de Flavia Frigeri, conservatrice adjointe à la Tate. Jodi Hauptman, conservateur ainsi que Karl Buchberg, Senior Curator et Samantha Friedman, conservatrice assistante au département des dessins du MoMA de New York ayant également apporté leur concours.

L’exposition est organisée grâce au mécènat de Bank of America Merrill Lynch ainsi qu’au soutien additionnel d’Hanjin Shipping. Elle sera présentée au MoMA New York du 14 octobre 2014 au 9 février 2015.

Timothy Orpington


Tate Modern – Londres
du 17 avril au 7 septembre 2014

Tous les jours de 10h à18h et jusqu’à 22h les vendredis et samedis


Illustrations
Illustration de l’entête: grande composition avec masques 1953/ National Gallery of Art, Washington. Ailsa Mellon Bruce Fund 1973.17.1 © National Gallery of Art, Washington
© Succession Henri Matisse/ DACS 2013Terms of Loan


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