Don’t make war, play music and play together instead and think !


C’est une toute nouvelle académie de musique qui vient d’être présentée à la presse à Berlin, elle est due à l’initiative de Daniel Barenboim, et formera de jeunes musiciens venus du Proche et du Moyen-Orient prolongeant ainsi l’esprit du West-Eastern Divan Orchestra qui rassemble de jeunes instrumentistes venus d’Israël, des pays arabes et d’Iran. Elle aura pour nom: Barenboim-Saïd Akademie Berlin et sera opérationnelle dès 2015.

Le West-Eastern Divan Orchestra avait été conjointement créé par Daniel Barenboim et Edward W. Said (1935-2003) à Weimar en 1999. L’un et l’autres ont été honorés d’un grand nombre de distinctions académiques et honorifiques internationales pour leurs contributions à la recherche de la paix.

Depuis sa création le West-Eastern Divan Orchestra s’est forgé une réputation d’excellence internationale et ses jeunes musiciens chaque année répètent régulièrement, jouent régulièrement ensemble et participent à de nombreuses tournées. Nombre d’entre eux ont rejoint d’ailleurs de très grands orchestres tant en Israel qu’en Europe ou aux Usa mais aussi au Proche -Orient dans des formations symphoniques telles que l’Orchestre symphonique du Caire, l’Orchestre national symphonique du Liban, ou l’Orchestre national symphonique de Syrie. ( lire en contrebas les différents articles parus dans Wukali sur ces sujets)

Daniel Barenboim suit avec opiniâtreté et courage une ligne intellectuelle et spirituelle qui veut renverser la culture de la confrontation, de l’irrationnel et de la négation de l’autre en rassemblant des garçons et des filles qui acceptent de s’écouter sans haine et sans préjugés, mus par l’idée supérieure du beau, de l’intelligence, de la musique et le désir de s’affranchir des barrières d’ordre psychologique ou politique dans leurs pays respectifs.

Bien plus qu’une simple académie dévolue au seul enseignement de la musique, et il n’en manque pas, des cours de philosophie et sur l’histoire intellectuelle et le mouvement des idées seront dispensés aux élèves. Daniel Barenboim en personne s’impliquera dans les conférences tant philosophiques que dans la formation musicale des élèves. La formation des élèves de cette nouvelle académie sera sanctionnée par un diplôme d’état. Le président nommé pour cette nouvelle académie, Michael Naumann, est particulièrement connu en Allemagne où il a été délégué du Gouvernement fédéral à la culture et aux médias pendant le premier gouvernement social-démocrate de Gerhard Schröder.

Voilà bien un projet proprement révolutionnaire.

Près de 100 étudiants seront ainsi formés pendant 3 ans, venant tous des pays en conflit du Proche-Orient. Chaque étudiant deviendra, de retour ainsi dans son pays respectif, un ambassadeur de la paix, du dialogue et de la musique.

L’académie sera implantée dans un bâtiment qui servait de dépôt pour le Staatsoper, dans le coeur de la capitale allemande, et dans un quartier actuellement en rénovation. Un bail emphytéotique d’une durée de 99 ans pour un euro par an, a été conclu entre l’académie et les autorités de la ville de Berlin. La Barenboïm-Saïd Akademie Berlin sera dotée d’une salle de 622 places dessinée par Frank Gehry qui a offert son travail architectural comme contribution au projet. Le coût des travaux est estimé à 33,7 millions € dont 20 millions seront pris en charge par le gouvernement fédéral, le reste provenant de dons privés.

Leipziger Strasse 40, voici une adresse qu’il faut dores et déjà retenir, celle de l’académie imaginée par Daniel Barenboim. Gageons que les fruits de cette nouvelle «Thélème» répandront des graines qui germeront et prendront racine. Plus que de la musique, c’est un défi aux gouvernements, un pari sur l’avenir !

David Kvar Vitkin pour Wukali


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Illustration de l’entête: Daniel Barenboim, Monika Grütters ministre d’état pour la culture, Michael Naumann directeur de la Barenboïm-Saïd Akademie Berlin, lors de la présentation à la presse de l’Académie

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