A new director, previously at Centre Pompidou-Metz, appointed head of Musee Picasso in Paris


[**La chronique de Pierre-Alain LÉVY*]


(Jeudi 5 juin 2014). [**Laurent Le Bon*] directeur du Centre Pompidou-Metz vient d’être nommé à la direction du Musée Picasso à partir du 15 juin prochain. Si la nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans certains milieux messins, son départ pour une autre grande institution de la culture ne pouvait pas faire mystère. Car si le sémillant directeur du Centre Pompidou-Metz est un conservateur talentueux, on lui doit les exceptionnelles expositions Chefs d’oeuvre?, 1917, Sol Lewitt à Metz il est avant tout un serviteur de l’état. N’est pas ancien élève de l’école du Louvre qui veut, ni brillant élève puis professeur à Sciences-Po !

Il a fondé, il a créé cette exceptionnelle opération de décentralisation culturelle que fut l’installation en Lorraine du **Centre Pompidou-Metz*]. La tâche était ardue, et il lui a fallu tout ses talents de fin diplomate, sa souplesse, son entregent, son allure féline, pour séduire et amadouer les grands fauves du marigot politique mosellan. Cela ne lui fut pas chose aisée, et l’opération «Phares», l’installation d’une collection permanente, a laissé des traces. (lire l’article de [Wukali sur ce sujet)

Pour tout dire, tout avait été fait, et même très bien fait par Laurent Le Bon, et celui ci s’ennuyait, l’homme a besoin de grands espaces, de grands projets, de nouvelles missions, c’est un inventeur, un constructeur, une brillante machine intellectuelle. Il avait déjà postulé pour la direction du Louvre et plus récemment encore dans une candidature collégiale pour le Musée d’art moderne à Paris. Sa candidature ne fut pas retenue.

Alors voilà qu’arrive l’affaire Picasso! La Directrice du musée parisien est contestée par la moitié de ses effectifs, on lui reproche un style cassant et les travaux de rénovation du musée n’arrêtent pas de se terminer, l’ouverture au public après cinq ans de fermeture du musée est retardée et devrait avoir lieu en septembre. [**Anne Baldassari*], directrice du musée Picasso est révoquée par la ministre de la culture [**Aurélie Filipetti*], tandis que [**Claude Picasso*] fils du peintre s’en mêle, tonne contre la directrice, écrit à[** François Hollande*] et est reçu par [**Manuel Valls*] à Matignon. Rue de Valois, [**Aurélie Filippetti*], ministre de la culture et de la communication, et au demeurant élu messine de fraîche date, cherche à trouver la meilleure réponse pour sortir de l’ornière. Ce sera Laurent Le Bon.

Si la tâche est exaltante, passionnante même, elle comporte aussi quelques risques. Laurent Le Bon n’est en effet pas spécialiste de l’oeuvre de Picasso. Certes ses qualités d’organisateur d’ expositions ne font aucun doute, il avait été la cheville ouvrière de l’exposition[** Jeff Koons*] au Château de Versailles, et s’ il est par ailleurs un grand spécialiste de l’art des jardins il lui faudra tailler avec subtilité pour faire fleurir en harmonie et beauté le bateau amiral Picasso à Paris. Depuis son ouverture en 1985 le musée Picasso, s’est enrichi de superbes collections et constitue sans ambages un des plus beaux musées de la capitale.

Cher Laurent, votre travail à Metz fut remarquable, nous vous souhaitons bon vent pour vos nouvelles fonctions, et d’engranger des succès pour mettre encore plus en avant la richesse du musée Picasso ainsi que l’image culturelle et dynamique de notre beau pays. Merci pour ce que vous avez su si bien faire avec panache.

[**Pierre-Alain Lévy*]

[**- Dernière minute:*] le vaste chantier de reconstruction a déjà commencé pour Laurent Le Bon, Claude Picasso s’entretiendra avec lui ce vendredi


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Illustration de l’entête: Laurent Lebon, inauguration de l’exposition 1917, Centre Pompidou-Metz. photo Wukali


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