The extreme Russian sensitiveness


LE FILM D’ANIMATION DU SAMEDI.


La chronique de Pierre-Alain LÉVY.


Voici un dessin animé russe réalisé par Andreï Kharjanovsky en 1972, et l’on ne sait des images ou de la musique que préférer en premier. Un film sensible, raffiné, poétique et délicat, une envolée onirique au milieu de fleurs et de papillons dont les couleurs des ailes se mélangent comme des prismes de verre au milieu d’un Kaléidoscope. Comme toujours chez les russes, un soin particulier est donné au souci du détail, à l’élégance du trait, à la touche de couleur et au décor. On est là très proche des effets des papiers mâchés ou des bois laqués de la tradition artisanale. À la fin du film, les papillons, les couleurs se mélangent et se fondent comme dans une composition expressionniste.

Quant à la musique, elle aussi magnifique, elle a été composée par Alfred Schnittke (1934-1998) dont on n’ a découvert que très récemment la stupéfiante richesse de son oeuvre nourrie d’influences diverses allant des musiciens russes, Prokofiev- Chostakovitch, à des influences plus occidentales comme celles de Malher pour lequel il vouait une admiration absolue ou à des compositeurs plus proches tels Berg ou Nono. La composition symphonique débute par un solo de flûte puis est suivie de violons et de hautbois, viendront les cuivres, le piano et les percussions. «C’est un rêve, une folie…», comme dans l’habanera de Kurt Weil qui a pour nom Yukali

Pierre-Alain Lévy


WUKALI 27/04/2014


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