Four girls, four teen agers. I love, you love, she (or he) loves, the eternal, tender and often cruel merry-go-round


La chronique littéraire d’Émile COUGUT.


Eric-Emmanuel Schmitt continue son œuvre littéraire en alternant pièces de théâtre et romans. Son dernier opus vient de paraitre aux éditions Albin Michel. Il s’agit des journaux intimes, et de quelques échanges par sms de quatre jeunes filles de 16 ans du lycée Marivaux de Paris. Elles sont en première et vont monter Roméo et Juliette. Julia, amatrice de Shakespeare, qu’elle cite régulièrement, arrive à décrocher le rôle de Juliette. Raphaëlle, le garçon manqué du quatuor, sera Roméo. De fait, elles auraient du jouer plutôt Othello.

Colombe, Anouchka, Julia et Raphaëlle sont « amies pour la vie ». Même si elles se promettent de tout ce dire, de fait, elles se mentent, cachent leur part de vérité, se haïssent, se réconcilient. Jeunes filles de leur époque, elles ont du mal à croire à l’image de la famille traditionnelle. Le père d’Anouchka part vivre avec un homme, les autres ont vu leurs parents divorcer. Le seul exemple de couple ayant duré qu’elles ont sont les grands parents de Raphaëlle qui meurent quasiment ensemble. Elles sont toutes quatre en pleine crise d’adolescence, se veulent être des femmes mais restent des adolescentes, voire refusent de vieillir, ou comme Anouchka veulent rester et être traitées au niveau affectif comme des enfants.

C’est l’âge aussi où elles découvrent l’amour et la sexualité. Les deux sont souvent fantasmés, les échanges entre elles sont emprunts de non dits, de vantardises, de manipulations. A travers l’histoire d’Augustin et de Marie (qui avorte deux fois), elles perçoivent non seulement les risques de la sexualité, mais aussi la complexité des rapports amoureux. La seule qui arrive a « géré » sexualité et amour est Colombe qui amoureuse de Lucas, finit par faire l’amour avec lui après avoir pris quelques chemins détournés.

Dans ce court roman, Eric-Emmanuel Schmitt dessine avec pudeur, à travers ces quatre héroïnes, les élans, les doutes, le mal être, le mal vivre des adolescentes. C’est l’époque où l’amitié tissée durant l’enfance trouve ses limites, où l’amour, vrai ou fantasmé, provoque des changements en chacune d’entre elles et surtout dans les rapports qu’elles ont entre elles.

Le titre du roman : Le poison d’amour, résume à lui seul les ravages de l’amour lors de l’adolescence.

Emile Cougut
Chroniqueur de www.wukali.com


Le poison d’amour
Eric-Emmanuel Schmitt

Éditions Albin Michel. 15€


WUKALI 07/10/2014


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