Paradisiac Polynesia died away


L’enfer à bout touchant , voici un premier roman de Marie Beyer dont le manuscrit est allé en finale du prix Matmut du « Premier roman  2014». C’est le gage d’une certaine qualité.

L’histoire se situe à Tahiti. Blanche, jeune femme partie des Hautes-Pyrénées, se retrouve en Polynésie pour des raisons professionnelles et se trouve, à son corps défendant, mêlée à un trafic de perles noires et assiste à une cérémonie traditionnelle durant laquelle un homme est sacrifié. Elle rencontre le docteur Riley, spécialiste des perles, Tumare, un ancien gendarme dépressif devenu détective privé, Kiivea, un greffeur de perle, le lieutenant de gendarmerie Tavaha, Samuel qui va devenir son amant, de terribles Chinois et un mystérieux autochtone Marana. Le paradis auquel tout un chacun pense quand il entend Tahiti, se révèle être un véritable enfer avec une violence frôlant le sadisme le plus profond.

A la fin de son histoire, Blanche va connaître une autre vérité, une vérité qui la concerne en premier lieu, une vérité cachée qu’elle ne recherchait pas et qui s’impose à elle avec une violence inouïe. C’est plus qu’une démarche initiatique (elle n’a aucune volonté, ne peut agir sur les événements) elle subit sans comprendre, ce n’est qu’à la fin qu’elle comprend qui de fait elle est, qu’elle est son histoire, la vraie, pas celle qu’elle a vécue depuis sa naissance.

L’enfer à bout touchant, plonge le lecteur dans l’univers de la culture polynésienne. Des notes en bas de page, un glossaire à la fin du livre permettent de traduire certains mots ou phrases en polynésien, car l’auteur sait intelligemment glisser au bon moment un peu d’idiome local ce qui permet d’aborder la culture ancestrale tahitienne comme le fa’a’amu, ce système d’échanges d’enfants et d’adoptions naturelles. On est très loin de notre culture occidentale.

Ce que l’on pourrait reprocher à ce livre est sa longueur, il y a quelques redondances, certaines ficelles ne sont pas grosses mais énormes (comme le rôle de Samuel), et si on comprend ce que veut montrer Marie Beyer à la fin du roman par rapport aux origines de Blanche, il n’en demeure pas moins qu’il y a trop d’invraisemblances par rapport au reste du roman pour que nous puissions y croire. Alors, est ce un conte, une métaphore ?
Pas une quête c’est certain, car Blanche n’est pas du tout dans cette démarche.
Mais il ne faut pas être trop dur, surtout pour un premier roman, il faut être honnête, on passe un bon moment à la lecture de L’enfer à bout touchant, et qui plus est on s’enrichit dans la connaissance de la culture et des traditions des îles de la Polynésie.

Émile Cougut


L’enfer à bout touchant

Marie Beyer

Éditions Carpentier. Les nouveaux romanciers. 19€90. (Sortie en librairie le 15 mai)


WUKALI

05/05/2015

Le Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com


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