An excellent detective story with numerous corpses in Paris and a perfect knowledge of French police practices

Voici un roman policier qui ne viole pas à longueur de page la réalité judiciaire et policière. Bien sûr les puristes de la procédure judiciaire trouveraient parfois à redire, mais il est certain que Pascal Marmet a travaillé, réuni une bonne documentation sur la réalité, la vie quotidienne à la direction de la police judiciaire de la Préfecture de police et plus particulièrement à la « Crim ». Les passages sur le « traumatisme » du déménagement du Quai des orfèvres dans des bureaux aux Batignoles montrent une vraie connaissance du sujet.

La lecture d’un roman policier dont l’action se passe à Paris (hormis un petit passage à Colmar pour les besoins de l’enquête) est bien plus plaisant, bien plus facile quand c’est les mécanismes policiers et judiciaires français qui sont suivis et non une sorte de ratatouille faite de clichés véhiculés avant tout par les séries américaines voire françaises dont nous abreuvent la télévision. Je peux vous assurer que l’on passe un très bon moment à la lecture de Tiré à quatre épingles, un moment nettement plus plaisant qu’au visionnage des histoires irréalistes du petit écran.

Albane Saint-Germain de Ray est retrouvée assassinée dans son appartement parisien. Son mari, ancien préfet de Police a lui aussi été assassiné quelques mois avant. Les deux premiers maris d’Albane sont eux aussi morts violemment. Un expert d’art africain est lui aussi retrouvé mort, tué par la même arme que le couple Saint Germain, dans un congélateur se trouve le corps d’un sculpteur africain étranglé. Le commandant François Chanel va devoir créer des liens entre tous ces morts sur fond de trafic d’art africain.
Enfin, un enquêteur digne de ce nom ! Pascal Marmet nous offre un portait particulièrement réussi, réaliste de son personnage principal, sorte de moine totalement dévoué à son métier mais qui n’en reste pas moins un être humain avec ses faiblesses, ses blessures, doté d’une grande empathie. Il y a du commissaire Maigret derrière François Chanel ! Les autres personnages sont eux aussi particulièrement bien esquissés, réalistes.

Les lecteurs qui ont aimé les atmosphères « lourdes » de Simenon ou de Manchette, voire Joncquet ne seront pas déçus à la lecture de Tiré à quatre épingles. C’est du vrai roman noir, avec un personnage principal quelque peu désabusé mais passionné par la recherche de la vérité et sachant s’interroger sur les motivations, les vraies responsabilités de chacun.

Pascal Marmet est un écrivain, un vrai qui sait décrire un univers et y placer, déplacer des personnages ayant une vraie consistance, une vraie réalité. C’est devenu tellement rare qu’il faut le saluer.

Pour l’éditeur, Michalon, en cas de réédition, il faut revoir la quatrième de couverture Albane Saint-Germain de Ray est assassinée de trois balles et non de cinq.

Émile Cougut


Tiré à quatre épingles
Pascal Marmet

Éditions Michalon. 18€


WUKALI 22/09/2015
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