«Natura horror vacui », Nature abhors a vacuum, it’s also true in geo strategic matters


Sans vouloir jouer les rabats-joie à l’approche des fêtes de fin d’année, il apparaît évident (sauf aux sourds-muets aveugles) que la situation internationale connaît une dérive militaire impliquant des risques énormes de dérapages en conflits armés de premier ordre, et pas seulement en Syrie, quoi qu’en pensent certains.

Certes, ce qui se passe sur le sol syrien est lourd de conséquences mais c’est le monde entier qui peut s’embraser à partir du Moyen-Orient. Le « débarquement russe » dans ce pays provoquera une radicalisation accrue des fondamentalistes musulmans et une recrudescence exponentielle des attentats-kamikaze dans la partie du pays encore sous le joug du boucher de Damas : Bachar-El-Assad. Cet être abject porte, et portera encore plus dans les mois à venir, une lourde responsabilité dans les futurs événements, prévisibles hélas !

Dans un premier temps, les coups de l’aviation russe contre tous les opposants à leur « dictateur protégé » vont faire reculer Daech et consorts. Après quoi, les islamistes vont se réorganiser et changer de stratégie : une masse d’attaques-suicides sur le territoire de Bachar et, surtout, contre les Russes et leurs bases. Les pertes à venir russes feront tourner cette guerre en un cauchemar pour Poutine qui semble avoir oublié la défaite subie par les soviétiques en Afghanistan. Au fur et à mesure du temps qui passe, le nombre des désertions, des blessés et des morts de l’armée du tyran augmentera jusqu’à asphyxier ses capacités de combat. C’est déjà le cas d’ailleurs car l’armée régulière syrienne était forte de trois cent mille hommes au début de cette guerre alors civile, aujourd’hui il en reste cent cinquante mille… C’est la raison de l’entrée en guerre des Russes qui veulent sauver Assad, leur valet local. Sans leur apport, ce despote aurait été détrôné d’ici 3 mois.

Naturellement, Poutine joue une carte double, voire triple : vassaliser l’autocrate de Damas, narguer Obama en démontrant son impuissance, prouver au monde que la Russie est de retour sur l’échiquier politique planétaire. La meilleure preuve en est que le budget de la défense russe représente maintenant vingt pour cent des dépenses de l’état, qui laisse tomber les aides sociales à la population : on ne peut pas fabriquer du pain et des canons ! Il faut choisir…Ce que Poutine a fait.

Ce n’est d’ailleurs probablement pas un hasard si le ministre russe de la défense, Sergei Shoigu, vient de faire savoir dans ce temps politique et diplomatique particulier, que 12 sous-marins nucléaires dont 6 sous-marins nucléaires d’attaque de la classe Akula SSNs vont être modernisés et leur armement rendu plus performant.

En Syrie, il est à craindre que l’envoi de troupes au sol, inévitable, sera lourd de conséquences militaires pour les Russes. De ce point de vue, le pire est à redouter, c ‘est bien aussi pourquoi la présence attestée d’une brigade d’élite des Forces spéciales russes est indicatrice de l’évolution prévisible de l’engagement du Kremlin. Le bourbier syrien fait peur à toutes les démocrates. La leçon de l’Irak est dans toutes les mémoires. On voit bien ce qu’est devenu ce pays…Et nous n’avons aucune solution. Parler de démocratie en terre d’Islam est, au mieux, une incompréhension monumentale et, au pire, une imposture acceptée du fait de notre impéritie. Il suffit de constater l’évolution des pays musulmans depuis ce que l’on a appelé :« les printemps arabes ». La seule exception ( pour l’instant et après une expérience fondamentaliste) est la Tunisie où une fragile tentative démocratique est en cours, malgré les attentats islamistes (Musée du Bardo, etc…). Nous devons impérativement épauler les actuels dirigeants de ce pays : seuls eux peuvent réussir une forme, même modérée, de sécularisation de la religion coranique. La voie est très étroite et rien ne dit qu’ils y parviendront mais nous devons tout tenter pour les aider.

Mais, mis à part ce petit pays, il est bien évident que les autres risquent de tomber rapidement dans l’escarcelle de Daech, qui ne cesse de progresser en Syrie et en Irak mais aussi ailleurs (Yémen, Égypte, Nigéria,etc…). Cette situation instable va s’accentuer avec l’intervention russe en Syrie, dans tous les pays islamiques, en Occident comme en Russie où les candidats au Djihad se multiplient.

Comme chacun sait, les buts de guerre des occidentaux (détruire Daech, liquider Assad et établir la démocratie dans le pays) divergent de ceux des Russes (maintenir leur dictateur protégé sur le trône de Damas)…Les buts de Daech sont connus : un califat mondial.

La destruction systématique des biens culturels par cette organisation monstrueuse, le retour de la barbarie avec les innombrables meurtres commis au nom du « Dieu tout-puissant », la restauration de l’abomination qu’est l’esclavage (des femmes en particulier), rendent inévitable l’affrontement. Daech est une menace pour la République française, pour les démocraties occidentales, pour toute forme de civilisation et, en premier lieu, pour les pays musulmans eux-même… Il faudra bien en tirer les conséquences.

Mais c’est tout l’axe Maroc-Indonésie, le Moyen-Orient en particulier, qui bouge. Certains analystes vont jusqu’à craindre un effondrement rapide du Pakistan, pays qui possède l’arme nucléaire, avec les conséquences que l’on peut imaginer : Daech récupérant la bombe atomique. Autre scénario catastrophe : Gaza devenu une succursale de l’état islamique ou l’Égypte s’effondrant. On pourrait en rajouter pas mal.

La bombe démographique, essentiellement d’origine africaine, nous explose à la figure depuis quelques années. Elle va s’aggraver comme on le voit avec l’arrivée massive de réfugiés et de migrants sur les côtes italiennes, espagnoles et grecques. Il faut aussi se rendre compte que l’arrivée exponentielle de migrants en provenance d’Afrique, du Proche-Orient voire de l’Asie centrale, crée, déjà, d’innombrables problèmes dans les pays d’accueil qui n’ont ni les infra-structures ni les moyens financiers pour faire face à ce raz-de-marée (même l’Allemagne a du modifier son attitude). Il est parfaitement clair que des gouvernements plus autoritaires qu’aujourd’hui vont être élus dans nos pays, qui sont des états de droit. La peur de l’invasion barbare est partout présente chez nous.

Je n’ai pas de solutions miracles à tous ces maux de notre monde actuel. La seule chose que je puisse affirmer c’est que nous allons payer très cher l’incompétence monumentale de nos dirigeants, à commencer par celle d’Obama. François Hollande apparaît le plus courageux.

Alain Fabre


WUKALI 08/10/2015
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com

Illustration de l’entête: avions d’attaque russes


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