The shroud of Turin, an historic and famous hoax


Le suaire de Turin, dit le «Saint-Suaire  »pour ceux qui le révèrent, est un drap de lin jauni par le temps. Ses dimensions sont : 4,42×1,13m. Il montre une image-empreinte floue (face et dos) d’un homme apparemment crucifié. Il est conservé depuis 1578 dans la chapelle de Guarini, dans la cathédrale Saint-Jean Baptiste de Turin.

Le premier document écrit le concernant est originaire de Lirey en Champagne. Il date de 1357. L’évêque de Troyes y interdit l’ostension de l’objet : après avoir mené une enquête sur ce linceul, il conclut qu’il s’agit d’un faux. Trente ans plus tard, son successeur en arrive à la même conclusion… L’antipape Clément VII, parent de la propriétaire de l’objet, Jeanne de Vergy, autorise l’ostension et qualifie l’image de « représentation » en 1390.

En 1898, Secondo Pia publie une photo du linceul où apparaît clairement le visage et le corps du personnage crucifié, le négatif offrant l’aspect d’un positif…La datation et l’authenticité de l’objet provoquent alors d’innombrables débats.

En 1988, la datation par le carbone 14 démontre l’origine médiévale du suaire (entre 1260 et 1390). C’est net, précis, indiscutable et sans bavure. Ces résultats sont immédiatement acceptés par le Pape régnant Jean-Paul II, qui qualifie l’artefact de « provocation à l’intelligence ». Tout semble donc réglé…

Hé bien non ! Par tous les moyens imaginables, par d’incroyables entreprises de dénigrements de la datation : l’emplacement du prélèvement, le fait qu’un début d’incendie faillit brûler l’objet, le manque de rigueur (supposé) des scientifiques qui s’en occupèrent, etc…Tout cela étant naturellement complètement faux, absurde et inepte, les tenants de l’authenticité réussirent à redorer le blason de l’objet auprès de ceux qui voulurent bien les suivre… Au premier rang desquels le clergé local et les organisateurs de pèlerinages vers Turin… On imagine facilement l’argent que ce linceul rapporte à la ville, avec tous les touristes qui passent par là…

Revenons au suaire. C’est une toile rectangulaire(442x113cm), de couleur ivoire par un jaunissement due à l’oxydation du lin avec le temps. Le linceul est souple et fin, d’une épaisseur de 3 à 4 mm. Il est tissé en chevron et composé de fibres de lin. Il présente des marques de brûlures dues à l’incendie de la chapelle des ducs de Savoie à Chambéry, dans la nuit du 3 au 4 décembre 1532, et aussi des traces laissées par l’eau utilisée pour éteindre le feu. L’artefact était plié en 48 épaisseurs au moment de l’incendie, ce qui explique la symétrie des marques. La où le tissu fut troué, des religieuses (les Clarisses) cousirent des pièces de tissu de lin de forme triangulaire. De part et d’autre de ces rapiècements, on voit les marques de carbonisation qui s’étalent sur deux lignes parallèles. Des taches d’eau latérales et centrales, losangées, sont visibles, au niveau des genoux en particulier. Des trous, de part et d’autre du bassin, forment 4 groupes de trous disposés en L, ces perforations existaient avant l’incendie de 1532.

Le suaire figure l’image jaune, frontale comme dorsale, d’un homme nu, mains croisées sur le pubis. L’avant et l’arrière de la tête se joignent au milieu de l’étoffe. Les vues correspondent à la projection orthogonale d’un corps humain. L’homme du suaire porte une barbe divisée en deux parties, des cheveux à mi-épaule. En ultra-violet, on voit des tuméfactions ou des hématomes sur le visage: une au milieu du nez dont une fracture du cartilage nasal est visible, comme l’est une déviation de la cloison nasale, ainsi qu’une sur la joue droite et une aux arcades sourcilières. Moustache et barbe du côté droit sont arrachées, la paupière droite est déchirée, du sang semble avoir coulé sur le front et le cuir chevelu. Sa taille a été évaluée à 175cm, plus ou moins deux centimètres. Son poids était de 75 à 81 kg. Des taches rouges à brunâtres se voient sur le tissu, signes de blessures : au poignet, sur les cheveux. La présence d’une couronne d’épines, le crucifiement par des clous, le coup de lance dans la poitrine et les marques dorsales évoquant une flagellation, tous ces éléments sont compatibles avec les textes correspondants. Ils suivent même un peu trop les textes reconnus apocryphes aujourd’hui…Et qui ne l’étaient pas pendant la période médiévale !

L’image sur le linceul est un « relief » négatif et non pas un négatif photographique : exemple, la barbe qui paraît plus foncée sur le suaire au bout du menton, là où elle touche le tissu. On a remarqué que les détails et les reliefs de l’homme du suaire sont très augmentés sur le négatif photographique.

Ce qui pose plus de problème que l’époque, ce sont les techniques utilisées pour créer ce faux historique. Pendant des siècles les chercheurs ont buté dessus, ce qui réjouissait les tenants de l’authenticité évidemment, mais les choses ont évolué depuis dix ans.
En 2005, lors d’un expérience imaginée par la revue « Science et Vie  », Paul-Eric Blanrue a réalisé une réplique du suaire en utilisant un mélange de produits et avec des moyens qui existaient au Moyen-Age.

Ce que firent aussi Randall Bresee et Emily Craig par la technique dite du « transfert de poudre  ». Le résultat obtenu est surprenant de fidélité au linceul, y compris pour son aspect tridimensionnel…

Que conclure ? Nous dirons ce qui suit :

-Le carbone 14 a donné des résultats INCONTESTABLES, n’en déplaise à certains…Le suaire date de la période médiévale.

-Les techniques utilisées pour le créer sont moins sophistiquées qu’on ne le croyait, elles existaient à l’époque médiévale comme l’a prouvé Blanrue.

-Ce qui surprend le plus, c’est l’incroyable naïveté des pèlerins qui le vénèrent, encore aujourd’hui. Est née toute une littérature inutile où les tenants de l’authenticité ont cherché à nier l’évidence tout en se confortant les uns et les autres.

On ne peut que penser à la « secte »de ceux qui nient que l’homme ait marché sur la Lune (ils sont plus nombreux qu’on ne le croit!) ou à celle des créationnistes, pour qui l’histoire de l’humanité a commencé il y a cinq mille ans…

On ne peut qu’être stupéfié par ce « tissu » d’inepties et pourtant elles existent (pour paraphraser Galilée)…L’être humain a besoin de mystères…

Jacques Tcharny


WUKALI 17/10/2015
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