An exquisite mixt of characters, a brief novel, a talented Jamaican writer


Il est une forme romanesque assez souvent employée : un fait et plusieurs personnages racontent leur histoire et s’intriquent mutuellement. C’est une forme littéraire devenue classique et qui bien employée aboutit à d’agréables moments de lecture. C’est le cas de Trésor, dernier ouvrage de la jamaïcaine (habitant Paris) [**Alecia McKenzie*].

Dulcinea Gertrude Evers dite Dulci vient de mourir. Un cancer ? Un suicide ? Peu importe, c’était une jeune femme brillante, une artiste peintre au fait de sa gloire, coqueluche des milieux artistiques de New York où elle vivait. Sa meilleure amie, Cheryl ramène une partie de ses cendres dans cette ville pour qu’elle soient dispersées dans un parc que la défunte appréciait. Soit les cendres se retrouvent dans une bouteille de bière (car l’urne s’est brisée), mais peu importe. Cheryl son amie, Desmond, son père qui l’a chassée mais qui souffre de ne pas pu lui dire son amour, Carlton et Dakota Beckett, son premier amant et la femme de celui-ci qui causa le scandale dont la principale conséquence fut que Dulci pu se consacrer à son art, mais aussi sa mère incomprise, Marjorie, Mavis, la tante de Cheryl qui a toujours soutenu la jeune femme, Josh Scarbinsky, le professeur d’art et son éphémère mari, Susie la responsable art et culture d’un journal bref tous apportent leur pierre pour dessiner la personnalité de Dulci. Une jeune femme en révolte, en quête sans que vraiment personne n’arrive à comprendre de quoi. Sauf Cheryl, mais bien trop tard. Et puis il y a les secrets de chacun que cette mort fait ressurgir, et tous convergent non sur la morte mais vers Cheryl. Non seulement elle a perdu son amie, mais toute sa vie, son quotidien vont être transformés par la révélation de ces non-dits, de ces pudeurs trop longtemps gardés.

En toile de fond, il y a la [**Jamaïque*], sa beauté, ses tempêtes, sa nonchalance, son basculement dans la violence, la volonté de ses habitants de survivre, l’émigration pour certains, ses mystères aussi.

Voilà un court roman particulièrement bien écrit et traduit. Un immense sentiment d’une douce nostalgie saisit le lecteur à chacune de ces pages. Avec une écriture sans aucune fioriture, [**Alecia McKenzie*] campe ses décors, ses personnages et d’une fiction nous raconte une histoire d’un total réalisme. Fiction ? Le lecteur finit par avoir des doutes : le nom de famille de Cheryl, qui de fait est le personnage principal, est McKenzie, comme celui de l’auteur. Cette proximité entre elles n’est sûrement pas pour rien dans la beauté, dans la vérité de ce récit.

[** Émile Cougut*]


[**Trésor
Alecia McKenzie
*]
éditions Envolume. 16€


Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 19/04/2017

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