Joolz Denby, an instinctive and poetical writer


Dernièrement j’ai lu une parution qui circulait dans les réseaux sociaux : « Sois gentil. Car chaque personne que tu rencontres mène un combat dont tu ne sais rien  ». Cette phrase a elle seule résume, donne toute la philosophie de [**Billie Morgan*], dernier roman de l’anglaise [**Joolz Denby.*]

L’héroïne est une femme qui souffre pour de multiples raisons. Très jeune, son père a quitté le domicile conjugal et maintenant il est décédé. Sa mère a toujours montré une préférence certaine pour sa sœur aînée. Il faut dire que cette dernière est comme sa maman, toujours propre sur elle, imbattable sur les cosmétiques, sur la féminité et surtout est très attentive au « quand-dira-t-on ». Ce n’est pas le cas de Billie, le principal reproche de sa mère c’est qu’elle ressemble à son père. C’est une adolescente « difficile », en révolte totale avec son milieu. Après avoir fréquenté les milieux hippies, elle part dans un gang de motards. Bien sûr, elle ne parle pas de sa seconde blessure, un viol à 13 ans… quand on est jeune, on n’a peur de rien, mais la vie est telle que parfois il faut payer toute sa vie ses fautes ; et Billie va payer. Son adolescence, son début de sa vie d’adulte sont marqués par la violence (elle n’est pas la dernière à se battre) et la drogue. Elle se marie par amour avec un membre plein d’avenir du gang. Elle vit au jour le jour, dans un univers qu’avec du recul elle reconnaît être totalement artificiel. Et un jour, lors d’une dispute, elle tue son fournisseur de drogue. Avec son mari, elle arrive à faire disparaître le corps et tout change.

Le mari part, elle arrête la drogue, elle remonte la pente et nous la retrouvons propriétaire d’une florissante boutique de souvenirs. Mais surtout, elle s’occupe de Jasmine, dite Jad, l’amie de sa victime, une jeune femme noire, totalement incapable de s’occuper d’elle et de son bébé tant elle est droguée. Natty, son filleul, qui grandit pour devenir un jeune homme d’une très grande beauté, mais un jeune homme mal dans sa peau qui attend le retour de son père. Billie s’occupe d’eux comme elle peut, mais est toujours rongée par son secret, elle a conscience que le mal être de Jad et de Netty est dû à elle. Et puis un jour, un journal fait un article sur les personnes ayant disparu sans donner de nouvelles. Malgré toute son énergie, Bellie n’arrive pas à endiguer les événements. Des secrets inattendus arrivent à la surface, les drames se succèdent. C’est une nouvelle femme qui part en Crète et qui se décide de raconter sa vie.

Soit, il a quelques longueurs, des digressions parfois inutiles comme la problématique de la violence à la télévision et dans les films ou la mauvaise foi de certains journalistes qui inventent, interprètent la réalité pour faire du sensationnel afin de vendre,qui alourdissent la lecture. Mais il est indéniaible que se dégage de ce roman énormément de sensibilité, voire de poésie. En plus Joolz Denby sait avoir de l’humour ce qui permet de faire baisser la tension que ressent le lecteur.

[**Billie Morgan*] est l’archétype du roman dérangeant, d’une noirceur totale mais qui est d’un grand réalisme. Quasiment un roman naturaliste. Pour autant, le but de l’auteur n’est pas de « faire pleurer dans les chaumières », loin de là : elle expose des faits, décrit un destin tout simplement. Un destin, non tragique, mais difficile et qui aurait détruit plus d’une personne qui n’aurait pas eu la force de caractère de Billie Morgan.

[** Émile Cougut*]


[**Billie Morgan
Joolz Denby*]
Éditions du Rocher. 21€90


[([**Joolz Denby*]

Principalement connue sous le pseudonyme de Joolz comme poétesse et personnalité de la scène punk anglaise depuis les années 1980, les lectures sur scène de Julianne Mumford -de son vrai nom-, sont célèbres internationalement. En 1998, elle a gagné le premier prix de la Crime Writers’ Association pour son roman, Stone Baby, puis a été récompensée pour la lecture de son livre en 2005. Joolz Denby est aussi artiste peintre, tatoueuse professionnelle et photographe.)]


Contact : redaction@wukali.com
WUKALI 23/04/2017

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