A young and so brillant cellist !


Un talent exceptionnel, la beauté, la force de la jeunesse, la capacité à s’élever à hauteur des plus grands, c’est tout cela que l’on a pu voir et entendre lors du concert donné Mercredi 26 avril à L’Arsenal par l’ensemble [**Il Pomo d’Oro*] et [**Edgar Moreau*]. Les baroqueux ont pu être satisfaits, sublimés même, au programme en effet : [**Johann Adolph Hasse*] (1699-1783), [**Giovanni Benedetto Platti*] (1697-1763), [**Christoph Graupner*] (1683-1760), [**Antonio Vivaldi*] (1678-1741), [**Georg Philipp Telemann*] (1681-1767) et[** Luigi Boccherini*] (1699-1783).

Le talent n’attend pas … vous connaissez la suite ! Eh oui quelle satisfaction, quelles promesses, que ces jeunes musiciens rassemblés pour le meilleur. L’ensemble [**Il Pomo d’Oro*] a ainsi été fondé en 2012, et chacun de ses musiciens excelle par lui-même et se fonde en parfaite harmonie dans le groupe. Ils jouent juste sur des instruments d’époque. En cinq ans l’existence il a déjà été invité et a joué dans un un très grand nombre de festivals et s’est produit sur les scènes les plus prestigieuses. Par ailleurs il s’investit dans des actions humanitaires. Quant à [**Edgar Moreau*], il a porté son violoncelle et joué avec tant d’orchestres dans le monde entier qu’il faudrait à un chroniqueur musical plus de temps pour en écrire la liste, qu’un copiste prendrait à retranscrire la partition de La Création de Haydn ou Le Chant de la Terre de Mahler !

Un sacré jeune musicien Edgar Moreau, un brillant violoncelliste en tout cas, et lire son incroyable et jeune biographie permettrait presque toutes les emphases ! Il commence à apprendre la musique dès l’âge de quatre ans, le piano d’abord puis le violoncelle; il est de pires apprentissages ! En 2011 il remporte à 17 ans le Deuxième Prix du XIVème Concours Tchaïkovski de Moscou, lauréat faut-il aussi le souligner du dernier Concours Rostropovitch en 2009, et tant d’autres distinctions. Il faut le voir jouer, concentré sur la musique et à l’écoute des autres, sa longue main gauche et blanche, vibrant au repos au rythme de la partition et du jeu de ses partenaires.


France Musique. Edgar Moreau interprète la Sonate pour violoncelle et piano de Claude Debussy. il est accompagné par Jean-Frédéric Neuburger. 19 mars 2013. Radio France

Ce soir là à L’Arsenal, un programme d’une très grande richesse et d’une très grande classe. On est tout simplement impressionné ou plus exactement transporté par l’excellence des musiciens de l’ensemble Il Pomo d’Oro qui débute le concert. On observe dans leur manière de jouer une justesse parfaite et on a en mémoire les [**I Musici, Karl Munchinger ou Claudio Simone*], les grandes références du répertoire… [**Il Pomo d’Oro*] peut leur être comparé sans nulle difficulté !

Grave e Fuga de [**J-A Hasse*], un orchestre qui sonne bien ensemble, violon et alto en duo avec une basse continue violoncelle et clavecin. [**Zefira Valova*] au violon fait merveille, le clavecin est un peu court. Avec le Concerto pour violoncelle en ré majeur D-WD650 de [**G. B Platti*] qui suit on croit reconnaitre des réminiscences vivaldiennes notamment dans les passages en violoncelle soliste. Le Concerto pour violoncelle en la mineur RV 419 de [**Vivaldi*] est très attendu, c ‘est un très grand moment du concert. Après une brève intervention de l’ensemble de l’orchestre, arrive le violoncelle. Edgar Moreau en gamme chromatique descendante donne force et sensibilité à la partition.Vivaldi triomphe dans ces concertos pour violoncelle, lui qui fut un pionnier du genre. Le Concerto pour violoncelle et orchestre à cordes n°2 en ré majeur, G479 de [**Boccherini*], et dernière oeuvre inscrite au programme, constituera un moment de fusion entre le public et les musiciens. La partition de violoncelle est difficile, le jeu compliqué et nécessite une maitrise parfaite. Edgar Moreau transcende la musique, se joue des difficultés, «il est monstrueux !» me dira plus tard admiratif et bluffé un jeune violoncelliste présent dans la salle, et il ajoutera impressionné par tant d’éloquence musicale, par une telle technique, par une telle maestria : «dans cette partition de Boccherini, les doigts se mangent les uns les autres, pour aller chercher la note, il y réussit à merveille». Edgar Moreau triunfans !

La jeunesse est au rendez-vous de la promesse de l’aube, le soleil et la lumière nous réchauffent et nous éclairent.

On est assuré de revoir ces musiciens l’année prochaine. Promis, nous y serons !

[**Pierre-Alain Lévy*]


[([**Il Pomo d’Oro*] : ce nom est directement inspiré d’un opéra d'[**Antonio Cesti*] (1623-1669), composé en 1666 pour le mariage de l’Empereur [**Léopold Ier d’Autriche*] avec [**Marguerite Thérèse d’Espagne*]. Ce moment solennel fut l’occasion de fêtes somptueuses et grandioses avec notamment un feu d ‘artifice composé de pas moins de 73.000 fusées et d’un ballet équestre avec 300 chevaux. L’opéra Il Pomo d’Oro accumula les magnificences de mise en scène et les reconstitutions avec des effets spéciaux. 50 chanteurs sur scène pendant 10 heures, il marquera tant par sa munificence, sa musique ainsi que ses déploiements techniques et scéniques l’histoire de l’opéra.

[**Zefira Valova*] : violon, [**Esther Crazzolara*]: violon, [**Giulio d’Alessio*]: alto, [**Ludovico Minasi*]: violoncelle, [**Riccardo Coelati*]: contrebasse, [**Federica Bianchi*]: clavecin
)]


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WUKALI 30/04/2017
Illustration de l’entête: Il Pomo d’Oro et Edgar Moreau en concert à L’Arsenal de Metz. 26/04/2017.©Wukali

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