The unique and delicious pleasure of an erotic novel. Don’t mention it too loudly, the Bible League Trust and some others would infuriate !


L’Âne d’or d’[**Apulée*] est considéré comme étant le premier roman européen. Et (du moins quand les humanités classiques existaient encore), les élèves l’étudiaient à l’école comme La Guerre des Gaules de [**César*] ou L’Enéide de [**Virgile*].

Combien de versions a-t-on du « subir » à partir du texte de cet auteur berbère ! Et dire qu’il est publié dans la prestigieuse collection de La Pléiade ! Bien sûr, au lycée ne sont étudiés que certains passages, et on n’ose imaginer les cris d’indignation des ligues « bien-pensantes » si on faisait lire à « nos chères têtes blondes » d’autres passages qu’une certaine morale réprouve. Et pourtant, L’Âne d’or ( aussi connu sous le nom des Métamorphoses) est un chef d’œuvre de la littérature mondiale malgré les saillies répétées du susdit âne avec un nombre certain de jeunes et belles femmes. Et oui, au II siècle après J.C., le phantasme de la zoophilie existait !

La littérature érotique a toujours existé et a toujours été en butte aux puritains de toutes sortes, vouée aux gémonies par toutes les ligues dites de « vertu » possibles et imaginables. Songeons à l’œuvre de [**Sade*] et aux déboires judiciaires de [**Jean-Jacques Pauvert*] à la fin des années 40 du siècle dernier. On peut penser ce que l’on veut des écrits du marquis dit « divin », toute idée de censure est le signe d’une tyrannie plus ou moins déguisée. Et heureusement qu’en France il y a eu des hommes (et des femmes bien sûr, mais si j’ai écrit homme c’était dans un sens neutre, asexué, le synonyme d’homo sapiens sapiens membre de l’humanité) comme Jean-Jacques Pauvert pour nous permettre d’accéder à ce genre littéraire qui a toujours existé. Soyons lucide, même dans la Bible il y a des passages très, très érotiques voire même à la limite de la pornographie.

Bien sûr, maintenant (pour se donner bonne conscience ?) on différencie érotisme et pornographie, suivant des critères plus que variables, différents suivant les personnes, dont le principal (mais pas unique) est la vulgarité en oubliant que ce qui est vulgaire pour l’un ne l’est pas pour son voisin. Donc tout n’est qu’une question d’appétence individuelle et ceux qui ne veulent pas lire les auteurs érotiques (pornographiques) n’ont qu’à pas les lire, rester aux romans « à l’eau de rose » et ne pas enquiquiner ceux qui lisent cette littérature ! ( Cré nom de Dieu…. NDLR !)

[**Les éditions de la Musardine*] sont spécialisées dans la littérature érotique et tous les connaisseurs reconnaissent la qualité de son catalogue.

Parmi les auteurs (vivants) qu’elles publient se trouve [**Léo Barthe*] et son alias [**Jacques Abeille*]. Son dernier roman, L’Animal de compagnie, aborde le thème de la zoophilie.

Henriette et Jean, un jeune couple, garde Buster, le boxer d’amis partis en vacances. Sa présence va réveiller des fantasmes d’enfance chez Henriette. La sexualité du couple va s’en trouver modifier tout en restant fusionnelle. Buster va avoir les mêmes effets chez ses légitimes maîtres qui vont aller encore plus loin dans la recherche de l’orgasme et le recul des tabous sexuels.

Un déclencheur : un chien. Un tabou transgressé : la zoophilie. Un questionnement : qu’est-ce la sexualité ? Qu’elle est ma sexualité ? », « Mon amour n’a jamais voulu se rassasier que de l’épanouissement du désir de l’autre et mon propre plaisir m’importe peu  », (« Ce n’est pas la baise en soi qui m’intéresse, mais les jeux qui font battre les cœurs à l’unisson »). Et[** Léo Barthe*] aborde la question de la cyber-sexualité qui se développe de nos jours. Henriette donne une réponse qui, si elle ne ferme pas le débat, représente un vrai argument pour ses détracteurs : « Cette machine est trop efficace pour me séduire tout à fait. La mise au point achevée, il y aurait pour moi une perte sensible, le creusement d’une distance dans la réitération systématique de l’expérience. Il me faut les accidents de la vie. »

[**Léo Barthe*] est un écrivain, un vrai, pas un « scribouilleur » qui jette ses phantasmes sur le papier à la va vite. Il sait dans un français parfait, une langue emprunte de sensualité, créer un univers d’une « normalité » parfaite. Ses personnages sont nos voisins, voire une partie de nous-mêmes. Il n’y a strictement rien d’irréel dans son monde. Et il va nettement plus loin : ses personnages s’interrogent sur eux, sur leurs rapports entre eux («Chacun avait ouvert à l’autre la porte la plus secrète de son être, celle qui ne devait s’ouvrir à personne, et ce lieu alors renfermait autant de trésors qu’un coffre à jouets , avec les interdits et les tabous, avec leur sexualité» et de fait, le lecteur finit par se poser des questions avec eux.

[**Emile Cougut*]


[**L’animal de compagnie
Léo Barthe*]
éditions La Musardine. 16€


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WUKALI 22/01/2018)]

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