A double key novel

Que dire ? Je ne me pose pas la même question que [**Lénine*] : « Que faire ? », car je sais ce que je dois faire : écrire, donner mon avis (et le motiver) après la lecture du dernier roman de [**Vladimir de Gmeline*] : La mer en face. Et c’est parce que j’ai cette (douce) obligation que je me pose, après avoir lu jusqu’au dernier mot de ce livre (« à avancer »), cette question « que dire ?  ». Oh, soyons sincères, cette question je me la pose souvent quand je me trouve derrière mon ordinateur avant de commencer la recension d’un livre pour [**Wukali*], mais, malgré l’angoisse de la page blanche (et oui, même un chroniqueur peut avoir l’angoisse de la page blanche), je trouve assez vite un angle d »attaque et les mots, les phrases se déroulent plus ou moins vite dans mon cerveau et j’essaie de les restituer à travers le clavier.

Bon, tout cela nous éloigne pas mal du livre de Vladimir de Gmeline et pourtant cette question je me la pose. De fait je suis dans la question suivante : « est-ce que je l’ai apprécié ?  » Et toutes les autres qui en découlent : « est-ce que j’ai pris du plaisir ?  » « Ai-je perdu mon temps ? » « Est-ce que je vais encore m’en souvenir dans 10 ans ?  » (C’est à dire après avoir lu 2 000 à 2 500 romans de plus). Ce qui est certain c’est que dans 10 ans, quand je le reprendrai je ne trouverai pas automatiquement certains passages que j’ai plaisir à relire comme cela peut m’arriver assez souvent avec le Comte de Monte Christo, Les Misérables ou Guerre et Paix sans parler, bien sûr du Guépard et de tout le théâtre de Shakespeare (à l’exception peut-être de Timon d’Athènes). Non, «La mer en face» ne fera pas partie de mes livres « fétiches ».

Alors je vais essayer d »écrire sur l’histoire de ce roman. Non pas de l’histoire, mais des deux histoires, assez indépendantes l’une de l’autre. Bien sûr, il y a un lien entre les deux, mais il s’agit de personnages et non de faits, il s’agit du « héros » un jeune quinquagénaire quelque peu paumé, qui dans la première partie est la recherche de son passé et surtout d’un potentiel traumatisme d’enfance, et dans la seconde l’aide qu’il apporte à son fils aîné. Et il a Léa, sa concubine avec qui il a une petite fille Charlotte, avec qui il cohabite et qu’il veut, de fait, quitter.

Première partie : il part avec son meilleur ami Guillaume en Allemagne sur les pas de son enfance et plus particulièrement de son oncle chez qui il passait ses vacances et qu’il soupçonne d’avoir été membre des Einsatzgruppen, ces groupes de nazis qui ont procédé à la Shoah par balles, en outre en Lituanie où il finit son périple. Bon, à la fin il continuera sûrement à faire les mêmes cauchemars mais n’aura aucune réponse à sa question. On est très loin des Bienveillantes de [**Littel*], mais bien plus des recherches en psychologie sur les traumatismes que certains ont du passé de leur famille sans les avoir vécus. On y est proche sans être dedans.

Durant son voyage, sa fille aînée Sacha lui fait part de ses craintes par rapport à son frère Ivan, professionnel de hockey au Canada. Aussi part-il dans ce beau pays pour se rendre compte que, oui, il se dope, mais en plus il sert de revendeur. Et comme par hasard, les méchants sont des amis du père de Léa (il faut dire que sa « belle-famille » est plus ou moins en rapport (très étroit) avec une mafia quelconque comme elles se développent sur les rives de la Méditerranée). Tout est bien qui finit bien, après quelques scènes de violences.

Rien à dire sur la façon dont Ivan « plonge » et dans les amphétamines et dans leur « deal  », c’est clair, limpide, criant de vérité. Vladimir de Gmeline démontre parfaitement que n’importe qui, à un moment où il est fragilisé, peut être pris dans ce terrible engrenage surtout quand des prédateurs sont aux aguets à nos côtés.

Le lien entre les deux histoires est ce personnage principal, qui a quelque peu le culte de son corps, qui pense énormément au sexe quand il voit une belle femme, un homme en quelque sorte qui refuse de comprendre qu’il est en train de vieillir. Il est loin d’être mort, mais il sait et refuse plus ou moins consciemment que le temps qu’il lui reste sur terre est moins important que celui qui s’est déjà écoulé depuis sa naissance.

Enfin c’est ce que j’ai compris, ce n’est pas clairement exposé dans ce roman.

[** Émile Cougut*]


[**La mer en face
Vladimir de Gmeline*]
éditions du Rocher. 19€90. Mise en vente en librairie le 5 septembre 2018


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WUKALI Article mis en ligne le 20/08/2018)]

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