A genuine and very gifted author


Après Christo, le gardien de prison de La métamorphose d’un crabe, [**Sylvie Dazy*] dans son nouveau roman, [**L’embâcle*], met en valeur, non un être humain mais une ville. Peu importe quelle ville, d’aucuns dont je suis peuvent penser à Tours, mais une ville, avec son histoire, son développement, ses particularités, ses quartiers : les nouveau quartiers à l’extérieur avec leurs zones commerciales immenses, son centre ville, ses quartiers « riches », ses quartiers des années 60 composés de barres de béton, ses quartiers populaires dont celui de la Fuye, ancien quartier de cheminots, ses deux rivières qui se rejoignent dans la ville. Ces deux cours d’eau qui ont fait la richesse de la ville avec le transport et le commerce fluvial et/mais a décliné avec les chemins de fer.

Les cours d’eau qui peuvent se montrer dangereux : ils le sont naturellement, chaque année combien de noyés qui ne comprennent pas que sous leurs airs paisibles se cachent courants et autres tourbillons ; mais ils se réveillent cycliquement avec des inondations violentes. Soit les hommes ont essayé de s’en prémunir avec des digues, mais face à la violence des flots, face à la nature, l’homme ne peut pas grand chose, pour ne pas dire strictement rien! Et pourtant, malgré les désastres du passé, la croyance au progrès, la perte de mémoire après une génération, ont fait oublié ces catastrophes. Aussi l’homme construit dans des lieux inondables comme le quartier de la Fuye.

Plusieurs personnes vivent, fréquentent ce quartier : Paul, le jeune veuf atteint du syndrome de Diogène qui vit avec ses ordures et ses animaux dans une maison toujours close, Paul qui refuse tout contact avec l’extérieur. Louise, la jeune assistante sociale, solitaire, en butte avec son chirurgien de père, à la recherche de ses racines, de feu son grand-père paternel, syndicaliste CGT aux chemins de fer, Malik, le patron du bistrot sur la place qui a transporté ses racines d’Algérie dans ce petit coin de France. Théo, le jeune cadre dynamique, travaillant pour un promoteur immobilier voulant rénover le quartier et en faire un lieu parfait pour les « bobos ». Pour y parvenir, il faut que les anciens partent, acceptent de vendre leurs biens (au moindre coût) pour les « retaper » et les revendre avec une confortable plus-value. Théo, l’ambitieux qui quitte sa petite amie car elle ne peut point lui être utile dans son plan de carrière (une infirmière pleine d’empathie), qui est jaloux, envieux de ses collègues et qui est prêt à beaucoup pour réussir. Et il y a des personnages secondaires, chacun ayant leur personnalité, leurs vécus, leurs aspirations.

Et puis arrive une crue jamais enregistrée qui va submerger une partie de la ville.
[**Sylvie Dazy*] montre une vraie technique narrative qui lui est propre et non issue d’un quelconque atelier d’écriture. Elle fait montre d’une grande originalité dans la construction de son récit : de cours chapitres, écrit à la troisième personne du singulier, sauf quand il s’agit de Paul qui lui parle à la première personne. Et de fait, on assiste à une même histoire mais dans une temporalité différente : Paul est le présent, alors que la ville est le passé, le présent et le futur, non, bien plus que le futur, l’intemporel, l’immuabilité de la nature ; la ville devient un moment de l’histoire de l’homme dans un monde, dans une nature qui le dépasse et qui, à la fin finira toujours pas vaincre
.
Heureusement qu’il a encore des maisons d’éditions comme[** Le Dilettante*] pour permettre de découvrir de vrais écrivains comme [**Sylvie Dazy*] qui montre une vraie connaissance et une vraie empathie pour l’humanité, qui sait la placer dans son cadre, un cadre bien plus grand quelle.

J’avais apprécié La métamorphose d’un crabe, j’ai adoré L’embâcle.

[** Émile Cougut*]


[**L’embâcle*]
[**Sylvie Dazy*]
éditions Le Dilettante. 18€


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WUKALI Article mis en ligne le 08/03/2019)]

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