A French collector sues an art company and Insurance societies because his statue by Brancusi broke


Par Pierre-Alain Lévy / Qui ne sait depuis[** Daumier*] que l’enceinte des tribunaux est la scène du monde, et que tout ce qui a trait au domaine de l’art est un révélateur grossissant ! Il eût été intéressant de pouvoir à cet égard se glisser dans la salle de la Supreme Court de New York ce lundi 5 août pour assister aux débats de l’affaire Baradel V Edelman.

De quoi s’agit il ? Imaginez la scène : un collectionneur français [**Marc Baradel*] a rendez-vous avec un homme d’affaire new yorkais [**Asher Edelman*], président de la financière d’investissement Artemus, pour lui déposer en consigne une oeuvre en marbre de [**Brancusi*], Le poisson. Elle est de petite dimension, elle a été réalisée ente 1920 et 1922. Il en existe plusieurs versions en marbre ou en bronze moulés, Museum of Modern Art, New York, Centre Pompidou, Paris, Tate Modern, Londres, et Philadelphia Museum of Art. A peine installée et mise en place par Baradel dans le bureau d’Edelman, dixit ce dernier, patatras l’oeuvre tombe au sol et se fracasse en deux, Aie ! L’oeuvre est estimée auprès des compagnies d’assurance pour une valeur de 22,5 millions $

Dans un entretien avec le journal ARTnews, Edelman a déclaré qu’il n’avait causé aucun dommage, que Baradel est entré dans le bureau et a provoqué lui-même la chute de l’objet d’art : «Il l’a installée sur son piédestal – il l’a installée, lui pas moi, et quand nous lui avons donné l’accord de consigne ainsi que le certificat d’assurance, à ce moment là elle est est tombée au sol et s’est cassée».

Selon la plainte déposée par Baradel : «Artemus a violé le contrat de consignation en ne protégeant pas les œuvres d’art contre tout dommage pendant leur gérance, poursuit-il. HUB et Lloyd’s ( les compagnies d’assurance NDLR) ont retenu le paiement en se livrant à un comportement qui peut être qualifié de » brut « et » moralement répréhensible ‘, et d’une malhonnêteté gratuite qui implique une indifférence pénale vis-à-vis des obligations civiles en ne payant pas la créance. »

Voila donc le coeur de la requête car une fois restaurée elle ne vaudra plus que 16,9 millions $ selon le collectionneur. C’est donc à une bataille juridique entre le propriétaire Marc Baradel et Asher Edelman et sa société d’investissements artistiques Artemus ainsi que les compagnies d’assurance qui avaient été choisies par Marc Baradel HUB International et le Lloyd’s de Londres que nous avons à faire.

Le requérant Marc Baradel réclame le prix estimé de l’oeuvre soit 22,5 millions $ ainsi que 5 millions $ de dommages et intérêts auprès des compagnies d’assurance. Affaire à suivre !

[**Pierre-Alain Lévy*]


Illustration de l’entête: Le poisson de Brancusi, photographié avant l’accident.


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Contact : redaction@wukali.com

WUKALI Article mis en ligne le 27/08/2019

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