The boring imagination of an auto proclaimed so-called avant-garde artist and the bleats around


Mona Hatoum est née à Beyrouth en 1952 de parents palestiniens et a vécu à Londres à partir de 1975, où elle a étudié les arts plastiques et la vidéo. L’exposition qui lui est actuellement consacrée au Centre Pompidou retrace son parcours, de ses œuvres de formation à celles qui nous sont contemporaines. Elle interroge dans son travail les thèmes personnels de la mémoire, de l’exil, de la sexualité ou de la violence. Autant le dire tout de suite sans détour, le travail artistique de Mona Atoum n’est pas l’art que j’affectionne personnellement, préférant la délectation visuelle aux métaphores métaphysiques ou historiques, et alors même que ces dernières sont au cœur du travail de Mona Hatoum.

Sans doute l’œuvre possède-t-elle sa part d’avant-gardisme : les années 70 et 80 sont celles qui voient émerger la performance et la vidéo comme formes autonomes d’expression artistique, mais expérimentation est aussi rarement signe de maturité immédiate. Les vidéos et les performances de Mona Hatoum n’ont guère de valeur graphique pure : les cadrages comme la composition n’ont franchement rien d’extraordinaire. Les matériaux utilisés, notamment dans la première partie de l’exposition, sont le témoignage de cette volonté d’innovation inaboutie : les blocs de savon (Present Tense) ou simples laines, matières généralement peu utilisées par les plasticiens, n’égayent franchement pas le regard. L’art minimaliste rime souvent ici avec art minimal, comme en témoigne le minuscule tapis cousu en forme de carte du monde. La perfection de la sphère en acier et les lumières rouges de Hot Spot ne parviennent pas malheureusement pas à soutenir le kitsch de l’universalisme facile.

L’œuvre gagne néanmoins en maturité à partir de la moitié de l’exposition. Quelques œuvres se détachent : + and – , un moteur électrique qui brosse un cercle parfait dans le sable surprend par le caractère inhabituel du procédé, et surtout Impenetrable, œuvre datant 2009, carré parfait construit par des barbelés suspendus au plafond, joint la force du message à la sophistication de la forme. Le Centre Pompidou fait son travail d’exposition en ne forçant pas ses capacités pédagogiques, alors même que de plus amples explications des œuvres auraient été nécessaires. Bref, une exposition qu’on peut sans doute se permettre de manquer si l’on n’est pas un grand fan de la contemporanéité à tout prix.

Ambroise A. Evano


Mona Hatoum
Centre Pompidou. Paris

jusqu’au 28 Septembre 2015

Illustration de l’entête: Present Tense, cubes de savon de Naplouse. 1996


WUKALI 07/07/2015
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