A very talented writer, an excellent novel, you ll be under the fire of action in France during the pre war period, its political turmoils and with of course a love story !

Depuis Effroyables jardins, cette perle, ce diamant qui a illuminé la littérature française au début du millénaire actuel, on sait que Michel Quint est un écrivain qui compte dans le paysage culturel français contemporain. Pas un seul de ses livres n’a pu laisser ses lecteurs indifférents tant ils y ont pris du plaisir. Il en est de même à la lecture du dernier, Fox-trot , que les éditions Héloïse d’Ormesson viennent de publier.

Michel Quint nous amène à une période pas si lointaine que ça, dans une France déchirée, dans une France dévastée par les conséquences de la crise de 1929, dans une France tiraillée par des idéologies souvent totalitaristes, dont les partisans s’affrontaient souvent durement, et on ne comptait plus les morts à l’issue des affrontements entre eux. Une constante entre elles, la République, la Troisième était malade, ne correspondait pas aux intérêts de la France et des Français, elle était servie par un personnel politique corrompu qui ne pensait qu’à ses intérêts, à son enrichissement et pas à l’intérêt général. Le roman commence à la mort de Stavinsky, épilogue du scandale du Crédit municipal de Bayonne. C’est une France qui souffre, se replie sur elle-même, où les opinions extrémistes, de droite comme de gauche, font dans l’escalade dans le populisme le plus bas, avec comme boucs émissaires les émigrés, surtout polonais ou italiens. De fait rien de bien nouveau avec la situation actuelle de notre pays, avec la violence physique en moins…

Nous sommes à Lille, et le patois du Nord est loin d’être absent : « Bistouille, être en frefille, etc. », mais au lieu de gêner le lecteur dans la compréhension du texte, l’art de Michel Quint est de l’employer à bon escient pour le plonger plus à même dans l’atmosphère de Lille à cette époque.

Charles instituteur, proche de la SFIO et du maire Roger Salengro, Nelly, fille d’émigré polonais, jeune modiste qui veut sortir de son milieu. Entre le hussard de la république et la jeune femme, une même volonté, progresser ou aider les autres à progresser socialement, chacun avec ses moyens, ses possibilités, mais toujours avec un grand respect pour le genre humain. Respect que l’on ne retrouve pas chez les « nantis », dans la bourgeoisie locale qui méprise le « populaire », qui ne pense qu’à leurs intérêts personnels, même s’ils se mêlent de politique au nom d’un intérêt général qui n’est qu’autre que la défense de leurs privilèges dus à leur place dans la société ou à leur statut d’anciens combattants. Ils militent, dirigent les ligues d’extrême-droite : les Croix de feu, voire les Camelots du roi.

On croise aussi le cousin de Charles, le divisionnaire Henri Demeyer, sorte de policier à la Louis Jouvet ou Harry Baur, la belle Lisa Kaiser, trapéziste, danseuse, prête à tout (surtout grâce à son corps) pour sortir de la misère où elle se trouve, Jojo, le vendeur de journaux et tant d’autres qui ont chacun une personnalité, des problèmes (les contrats de brasserie par exemple qui ont ruiné des centaines de patrons de bar), une vision de la société que Michel Quint aborde avec justesse, humanité, sans aucun jugement, ils sont ! Certains font de mauvais choix, certains sont guidés par leurs passions, par la cupidité, d’autre par la raison, mais tous se fondent dans cette humanité lilloise des années 30.

L’histoire, je ne vais vous la raconter. Il y a des assassinats (3), Charles va servir de « taupe » dans les milieux d’extrême droite au profit de Salengro tout en voulant savoir pourquoi Lisa a été assassinée d’une aussi horrible façon. Tellement pris par la passion pour la danseuse qui le dévorait qu’il ne comprend pas que Nelly est amoureuse, très amoureuse de lui.

Je mettrai un très léger bémol pour la fin, les quatre dernières pages, elles dénotent quelque peu. On dirait que Michel Quint a tout dit, tout écrit et qu’il ne sait pas comment finir. Dommage, cette rencontre entre Charles et Nelly après la magnifique description de ce que fut l’enterrement de Salengro, tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. C’est cette rencontre que je trouve faible par rapport au souffle qui traverse le livre, pas l’épilogue qui en résulte.

Michel Quint est un grand écrivain, que ceux qui n’ont jamais rien lu de lui lisent Fox-trot, et ils en seront convaincus.

Émile Cougut


Fox Trot

Michel Quint

éditions Héloïse d’Ormesson 20€


WUKALI 10/10/2015
Courrier des lecteurs : redaction@wukali.com


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