A witty and funny novel with such congenial characters

Quand j’ai commencé la lecture de [**Modern love*], j’ai tout de suite pensé aux Chroniques de San Francisco d'[**Armistead Maupin*], les Chroniques d’Édimbourg d'[**Alexander McCall Smith*] ou Lady Yoga de [**Rain Mitchell*] (si vous n’avez pas encore lu ces auteurs, précipitez-vous chez votre libraire pour les acheter, les lire et les découvrir. Ces trois auteurs sont publiés par les éditions 10/18 (Hé non, je ne suis pas sponsorisé par cette maison d’édition). Mais je n’y ai pensé qu’au début, environ pendant une vingtaine de pages, et puis après je me suis rendu compte que je me trompais et que le livre que j’avais entre les mains était un roman, un roman de mœurs, de société, avec ses forces et ses faiblesses.

Si je fus trompé, c’est que j’avais au moins une bonne raison : l’unité de lieu. Pas la ville [**(New-York)*] ni même le quartier ([**Brooklyn*]), mais une rue de ce quartier. Dans cette rue, comme on n’est pas dans un développement vertical de La vie mode d’emploi de [**Pérec*] (qui vient, enfin d’être publié dans La Pléïade, et non je ne suis pas non plus sponsorisé par cette maison d’édition, l’Album Pérec (par ailleurs excellent) je l’ai eu pour l’achat des trois volumes de [**Mauriac*], l’immense écrivain bordelais qu’il faudrait un peu plus relire) mais dans un développement plus horizontal, on ne connaît que les habitants de deux maisons.

Celle de la (très) belle Zoé et de sa femme Jane qui tiennent un restaurant (chic) et de leur fille Ruby qui vient d’échouer aux concours d’entrée aux universités (ce qui représente une économie de 50 000 dollars par an (il faut dire qu’elle ne visait pas une université « prestigieuse »), il faut parfois voir du bon dans l’échec), il faut dire qu’elle a tout fait pour les rater, avec ses airs aguichants, ses fréquentations (dont un skater au QI en dessous du zéro absolu) et ses cheveux violets (ou oranges ou de toute autre couleur suivant ses humeurs) ; l’archétype parfait de l’adolescente particulièrement difficile. L’autre maison est habitée par Elizabeth, agent immobilier et son mari Andrew, fils de (très) riches parents qui n’a jamais travaillé et qui cherche un but à sa vie. Ils ont un fils unique Harry (qui n’est pas sorcier comme son homonyme Harry Poter), encore au lycée et titillé par ses hormones sexuelles.

Andrew, Elizabeth et Zoé se sont connus à la faculté ou ils ont monté un groupe de rock qui connut un petit succès. Mais Elizabeth a écrit un tube, qui se chante encore, popularisé par l’ancienne batteuse du groupe, Lydia qui fit une carrière fulgurante avant de mourir d’une overdose. Son ombre pesante va se montrer encore plus prégnante. Il faut dire qu’il s’en passe des choses : on veut faire un film sur la vie de Lydia, mais Andrew refuse catégoriquement de donner son accord pour qu’un acteur joue son personnage. En plus, il se sent de plus en plus attiré par Dave, un professeur de yoga qui se révèle petit à petit être le gourou d’une mini secte. Et puis Zoé et Jane parlent de divorce. Sans compter qu’Harry déclare son amour à Ruby qui lui fait découvrir les plaisirs du sexe. Au milieu de tout cela, Elizabeth essaie, en vain, de rester elle même : bonne épouse, bonne mère et meilleure amie de Zoé. Mais comment résister à des crises d’ado, à des crises de la quarantaine dues à la peur de cette cinquième décennie qui arrive, surtout quand la vie actuelle est faite du deuil de nos aspirations de la jeunesse, voir de non-dits qui peuvent ressembler à des mensonges.

Mais tout est bien qui finit bien, on est quand même dans un roman « grand public » américain !

Bientôt les vacances : Modern lovera est le livre parfait pour lire à la plage : des personnages attachants, une chronique sociale actuelle, de l’impertinence, des crises de larmes, des crises de fous rires : la vie en quelque sorte. Alors pourquoi se gâcher un plaisir assuré ?

[** Émile Cougut*]


[**Modern lovers
Emma Straub*].
Éditions Presses de la cité. 21€50


Emma Straub vit à Brooklyn. Rédactrice pour le magazine Rookie, elle est également l’auteur d’un recueil de nouvelles et de deux romans, dont Les Vacanciers. Ce dernier, paru en mai 2014 aux Etats-Unis, est déjà un best-seller.


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