Sexual harassment through animation movie


Les écoles d’art qui ouvrent aux métiers du film d’animation ont toutes leurs spécificités, leurs styles, leurs marques de fabrique en quelque sorte, particulièrement en France. Il en va ainsi pour l'[**École Emile Cohl*] à Lyon, qui développe un style et des approches qui lui sont propres et bien identifiables. C’est ce qui fait d’ailleurs la saveur de ce média cinématographique dont le champ tant stylistique que sémantique, est des plus riches et variés.


Voici donc un film réalisé en 2011 par les étudiants de cette école lyonnaise de grande renommée. Le dessin tout d’abord. N’oublions pas que le nom même donné à cette école est celui d’un dessinateur français, [**Émile Cohl*] (1857-1938) considéré comme l’un des inventeurs du dessin animé (quand on précisera qu’il fut l’élève d'[**André Gill*] dont on connait la verve saillante, acerbe et caricaturale des grands de son temps, on comprendra à quelles influences toutes virtuelles, bien entendu, l’école se rattache).

Le dessin donc n’est ici pas de courbes ni d’arabesques, les figures sont anguleuses, les visages ont le tranchant de lames de couteau, d’un kriss acéré sur la meule, les figures sont peintes de couleurs aux tons acides, verts ou jaunes soufre et bien souvent noires. Voila un tout qui s’adapte et colle bien au récit critique, voire sociétal, qui forme la trame même du scénario. Le tire même de ce dessin animé, [**Urbhaine*], ne laisse aucune équivoque et c’est bien du harcèlement sexuel, des violences faites aux femmes dans les transports en commun, qu’il s’agit

C’est un style au demeurant assez peu développé en France alors que nous avons eu l’occasion à diverses reprises dans cette même rubrique de voir des réalisations de ce style notamment le remarquable Tram de la réalisatrice tchèque **Michaela Pavlatova*], qui au demeurant nous avait fait bien rire. Un petit coup d’oeil sur les aujourd’hui innombrables [films d’animation présentés dans Wukali (cliquer) en rendra compte.

La réalisation technique ici est sobre, elle est celle d’un bon faiseur, l’on est bien loin, des performances digitales devenues monnaie courante aujourd’hui, ce qui n’empêche pas le moins du monde l’expression d’une force sensible et critique, bien au contraire pourrions-nous même ajouter ! A contrario on peut aussi constater que les productions réalisées en 4D s’éloignent du champ sociétal, politique ou philosophique et se cantonnent à des fictions plus seyantes et sans aspérité, ce qui, sans tartufferie aucune également, ne retire rien à leurs qualités intrinsèques. Il va de soi que toutes les transgressions, elles aussi, sont possibles, fort heureusement !

[**Pierre-Alain Lévy*]


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WUKALI 02/06/2018)]

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