He thinks he’s the cat’s meow, in French « et le roi n’est pas son cousin! » or if you prefer: the art to be happy, with beauty and music of course!


Par Pétra Wauters, envoyée spéciale au festival / Au programme de cette soirée du mercredi 31 août 2019 dans le parc du Château de Florans à la [**Roque d’Anthéron*], s’ajoutait de la danse à ces superbes pages de musique.

[(Arensky : Suite pour deux pianos n°1 opus 15
Rachmaninov : Suite pour deux pianos n°1 opus 5 “Fantaisie-tableaux”
Prokofiev : Dix Pièces d’après Roméo et Juliette opus 75)]

On ne dira pas que deux pianos c’est encore mieux qu’un seul, car tout dépend bien sûr de qui s’installent aux claviers. En tout cas, pour jouer la Suite pour deux pianos n°1 opus 15 d’[**Arensky*], [**Behzod Abduraimo*] et [**Stanislav Ioudenitch*] étaient remarquables. Comme pour de nombreuses suites de musique à deux pianos, celle-ci exigeait de grandes capacités techniques de la part des pianistes.

Quand on voit toutes les fioritures, les ornements en dentelles qui font sa richesse, on se dit que c’est incroyable de ne rien oublier. Jouer-là pianossimo, ici en sourdine, « accorder ses violons » si l’on peut dire, en faisant en sorte que l’un ne joue pas trop fort et qu’on entende les pianistes tel que leurs partitions le prévoient, c’est déjà un sacré défi. Hier, visiblement les deux pianistes ont trouvé un bel équilibre. Les regards échangés furtivement, leur écoute mutuelle pleine de respect. On peut se demander combien d’heures il convient de répéter à deux pianos ! Le nombre d’heures de répétitions jusqu’à atteindre la perfection doit être impressionnant.

Quand on pense que [**Behzod Abduraimov*] n’a que 22 ans ! [**Stanislav Loudenitch*], originaire comme lui de Tachkent, capitale de l’Ouzbékistan, est également son professeur – qui ne fait pas ses 47 ans. Il est surtout son mentor, autant dire que ces deux là se connaissent bien et se respectent ! Ils se sont bien trouvés. Un look totalement différent mais une même attitude « discrète » devant le piano, pleine d’humilité, même si leurs doigts se baladent sur les touches à une vitesse impressionnante et une justesse incroyable. Tout semble calculé, un peu trop peut être, mais sans doute le faut-il. Ils sont deux, ne l’oublions pas, et les changements de tempo doivent être soigneusement prévus et cela se fait parfois au détriment du « senti »…Toujours est-il que c’était une belle rencontre, une belle surprise. Avec ces deux brillants musiciens, le public avait rendez-vous avec [**Arensky*], trop tôt disparu et injustement méconnu, il est parti à la rencontre de son style musical qui mérite le plus vif intérêt.


Si la musique est le fruit de recherche de couleurs et de sonorités, nul doute, dans la suite pour deux pianos N°1 opus 5 Fantaisie-tableaux, on trouve bien des correspondances entre la peinture et la musique. Entre la poésie et la musique aussi. Barcarolle, la Nuit…l’Amour, les Larmes et Pâques… avec ses cloches qui carillonnent vraiment sous les doigts virevoltant des deux pianistes Leur interprétation est d’une clarté exceptionnelle et bizarrement, on oublie par moment la virtuosité technique pour se laisser porter par des images. Là encore, tout est dans le ressenti ! C’est léger, certes toujours précis, et forcément, on sent ces deux artistes plus que jamais proches du répertoire russe.

Et avec [**Prokoviev*] en deuxième partie, c’est encore l’âme slave qui est exaltée. Des moments musicaux très attendus, car oui, dans le parc, on y danse aussi. Avec Dix pièces d’après Roméo et Juliette opus 75. La danse entre en scène et le piano à queue se glisse sur le côté. Avec [**Matthew Golding*], danseur et chorégraphe canadien, qui ressemble un brin à Brad Pitt, et la jolie [**Rosa Pierro*], c’est un Roméo et Juliette très classique qui nous est proposé. Il n’y a pas vraiment de trouvailles chorégraphiques même si, il faut bien l’admettre, c’est beau à voir et magnifique à entendre ainsi interprété par Behzod Abduraimov. Les images crées sont vraiment superbes. Pièce et musique restent intemporelles. Encore une soirée couronnée de succès !

[**Pétra Wauters*]


Illustration de l’entête: Stanislav Loudenitch et Behzod Abduraimov. Photos © Renaud Alouche


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WUKALI Article mis en ligne le 02/08/2019

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