Gilles Legardinier
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Gilles Legardinier nous conduit dans des aventures qui relient les temps anciens aux arcanes financières d’aujourd’hui

par Félix Delmas

Voilà un nouvel opus dans la production littéraire de Gilles Legardinier. Nouveau ? Pas tout à fait, car l’auteur, dans la postface où il nous décrit la genèse de sa création, précise que, de fait, la base du manuscrit date de plusieurs années avant qu’il ne le retravaille pour nous livrer le « produit final ».

Certains pourraient trouver qu’au-delà d’un côté quelque peu fantastique, nous frisottons avec certains aspects de certaines théories que l’on dit « complotistes ». En effet, nous sommes en plein dans la lutte du bien et du mal, thème ô combien traité depuis la nuit des temps, thème qui préside les religions monothéistes, bases de notre culture occidentale. Thème repris et bien travaillé par Gilles Legardinier qui l’adapte à notre société.

Le mal, c’est la puissance de l’argent, symbolisé par le patron d’une sorte de consortium : Abermeyer. Son but est de faire de l’argent, à tout prix, sans se soucier le moins du monde des populations. Tout pour soi, rien pour les autres. Le symbole de la puissance de l’argent qui n’a pour but que de faire de l’argent pour le plus grand bénéfice des dirigeants. Cette puissance de l’argent prête à tout pour arriver à ses fins, cette puissance de l’argent qui domine le monde. Les gouvernements et autres politiques sont totalement impuissants face à elle, car le vrai « maître du monde », c’est le consortium.

Le bien, c’est le Cercle, une sorte de société secrète, très compartimenté qui lutte contre le consortium et qui agit pour le bien de l’humanité. Une sorte de société initiatique avec ses échelons, ses Maîtres, ses valeurs humanistes, mais surtout sa volonté d’agir materiellement. Des personnes d’origines et de métiers divers qui s’unissent pour être plus forts. Ce qui les lie, en quelque sorte leur égrégore, est leur certitude d’être en lien avec une démarche qui vient du fond des âges et qui s’est en quelque sorte « cristallisée » avec les Templiers et les Cathares. Leur sagesse, leurs savoirs  sont à étudier et à rechercher car leur élimination au XIIIème siècle a fait disparaître un savoir qui est utile pour le bien être de l’humanité. Le bien, c’est être conscient que notre personne n’est rien, que notre ego ne vaut pas grand chose quand il n’est pas au service du groupe et de l’Homme dans son acception la plus large. Ils sont aidés dans leur quête et leur lutte par le réseau que représente les Franciscains, les héritiers de Saint Bernard. Ce cercle est partout avec des moyens très importants : hélicoptères, abbaye en Écosse, matériels scientifiques ultra-perfectionnés, etc.

Olécio partenaire de Wukali

Le héros, c’est Pierre, un artificier pour le cinéma qui fait partie du groupe dirigeant du cercle. Le roman commence quand, lors d’un footing avec son grand ami Nathan, il est victime d’un attentat dont il réchappe par miracle. Au même moment, on apprend que le consortium va entreprendre des fouilles (à coup d’explosifs) dans le pog de Montségur. Or le cercle avait déjà fait des fouilles (sans explosifs). C’est ainsi qu’ils avaient découvert un vaste réseau souterrain, mais certes pas ce qu’il cherchait  à savoir un laboratoire d’alchimie où sûrement se trouvent des secrets oubliés depuis longtemps et qui pourraient s’avérer terribles pour l’humanité s’ils tombaient jamais entre des mains malveillantes. S’ensuit une course contre la montre sous terre là-même où les Cathares avaient créé une grande cité disposant même d’un moulin à eau. Après bien des péripéties, le laboratoire est découvert, ses secrets préservés, le bien triomphe du mal.

Gilles Legardinier roman Templiers Cathares

Enfin, ce n’est pas si simpliste. Le bien n’a fait que remporter une bataille, sûrement pas la guerre qui perdure depuis toute éternité. De plus, on comprend que faire partie du camp du mal (et par voie de conséquence, du bien) est avant tout le fruit du hasard et qu’une rencontre peut atténuer les conséquences du choix premier. On est loin du manichéisme dans lequel certains se complaisent. Et puis il y l’amitié, celle qui unit Pierre et Nathan. Elle est si forte qu’à deux ils font un, un, bien plus efficace, plus puissant que s’ils avaient été seuls : l’union fait la force… Ou plus exactement, elle nous permet de nous dépasser. Quand on pense aux conséquences que nos actes, nos choix peuvent avoir pour l’autre, on fait taire notre ego et donc, on va vers le bien, dans notre chemin qui nous mène à notre condition d’homme et vers l’humanité qui est en nous.

De fait, il ne faut surtout pas s’arrêter à une lecture au premier degré, nous n’aurions qu’un roman d’aventure de bon aloi, voire moyen sur des thèmes rabattus comme les secrets des Cathares et ceux des Templiers. Non, il faut essayer de lire au second degré pour essayer de trouver les messages subliminaux qu’essaie de faire passer l’auteur. Et là, ce roman devient nettement plus plaisant. Soit, on peut trouver quelques aspects caricaturaux, enfin, plus exactement, des pistes, des idées peu développées, ou du moins pas assez pour certains. Mais n’oublions pas que c’est un roman, destiné à un large public et non pas à de savants penseurs ou philosophes. Alors, si on s’en tient au genre avec ses « passages obligés»,  Le secret de la cité sans soleil atteint parfaitement son but. Et c’est ce que réussit très bien Gilles Legardinier, auteur de ce livre.

Le secret de la cité sans soleil
Gilles Legardinier

éditions Flammarion. 19€90

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