The exciting features of new heroes, an hectic mix of history, fantastic and science fiction


La chronique littéraire d’Émile COUGUT.


Les éditions Don Quichotte ont publié l’année dernière, « Spiridon » de Camille Von Rosenschild et cette année la suite des aventures de Victor son héros et de ses cinq spiridons. Ceux qui n’ont pas lu le premier opus de cette saga peuvent la commencer par ce nouveau tome, l’avant-propos situant parfaitement l’action et les principaux protagonistes.

Un « spiridon » est un défunt. Partant du principe que l’âme n’est pas une mais le résultat de la réincarnation en elle d’un certain nombre de défunts, il en résulte que la mort n’existe pas, mais que les défunts partent dans l’éther avant de se retrouver dans l’âme d’un vivant avec d’autres. Les femmes tziganes le savent, gardent jalousement ce secret et en plus ont le « don » de pouvoir percevoir, voire « convoquer » chaque spiridon qui est en tout un chacun et de le « manipuler » avant tout par la torture. Or grâce à un travail d’ascèse, les héritiers du prince Barunsvinski (boyard à la cour d’Ivan IV le terrible) a maitrisé ce don et a légué ce secret à ses descendants. Le dernier d’entre eux, Nicolaï le livre à son ami Athanase qui fonde le monastère de Kondoïst en Sibérie où il forme des disciples à qui il ampute un œil en signe d’appartenance. Son but est de créer une armée afin de dominer le monde en maitrisant les spirodons de chaque être humain.
Victor, le héros a, chose jamais vu chez un homme, non seulement le don de façon naturelle mais aussi « l’étoffe », c’est à dire qu’il est insensible aux souffrances que l’on peut infliger à ses spirodons.

Ce livre se lit comme un roman de cape et d’épée, plein de rebondissements plus ou moins rocambolesque les uns que les autres, avec des plongées dans l’histoire sous Ivan IV mais aussi à Moscou dans les années 70. Par bien des côtés, il nous fait penser à une autre saga, celle d’ Harry Potter   : un jeune, inconscient de ses pouvoirs est le seul à pouvoir définitivement éliminer le mal. Il y a aussi, bien sûr, des relents de science-fiction, des invraisemblances mais qui ne font que renforcer le côté fantastique, mystérieux de ce récit.

Et il y a les tziganes, autocrates, phallocrates, réactionnaires, conservatrices, avec autour de leur chef, la « maitre diseuse » un pamphlet contre le pouvoir, contre la tyrannie et la violence qu’elle peut engendrer. C’est aussi, en ce qui concerne Victor, un roman initiatique, où le jeune homme est confronté à la cruauté, aux mensonges, aux trahisons, où il découvre une partie de sa personnalité qui n’est pas faite que d’empathie mais aussi de haine et de désir de vengeance.

«Spiridon La prisonnière du Kremlin» fait penser à ses romans populaires publiés en feuilletons tout au long du XIX siècle. Il est difficile de se détacher une fois la lecture commencée et ses 362 pages sont loin de rebuter le lecteur. Quand, et c’est à dire très souvent, il n’y a rien à voir à la télévision, la lecture de Spiridon. La prisonnière du Kremlin vous donne l’assurance de passer un très bon moment de détente.


Emile Cougut


Spiridon La prisonnière du Kremlin

Camille Von Rosenschild

Éditions Don Quichotte. 19€90


WUKALI 15/09/2014


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