Epic and historic adventures in Medieval France


Voilà un nouveau roman de Jean d’Aillon comptant les aventures de Guilhem d’Ussel, chevalier troubadour. De fait il s’agir de six nouvelles mettant en scène ce héros moyenâgeux qui couvrent ou plus exactement qui s’insèrent dans les précédentes aventures couvrant la période 1193/1201.

Nous sommes dans ce qui sera la France mais qui est encore une mosaïque d’états, de fiefs, de liens de suzeraineté, de serments de fidélité qui changent au gré du temps. Une époque rude, où la féodalité régente tous les liens sociaux, où les seigneurs sont tout puissants et le peuple pressuré, à la merci de l’arbitraire de leurs maîtres quand ils ne sont pas les premières victimes des guerres. Et les conflits ne manquent pas, ceux entre les seigneurs et surtout entre le roi de France Philippe Auguste et son puissant vassal en Aquitaine qui est aussi roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion puis son frère Jean sans terre. Sans compter l’Empereur du Saint Empire Germanique Henri VI. Une époque où la religion catholique domine la société, où l’Abbaye de Cluny rayonne sur l’Occident, où en Occitanie se développe l’hérésie cathare qui entrainera la fin des comtes de Toulouse lors de la croisade contre les Albigeois.

C’est dans cet univers que se déroulent les aventures de Guilhem d’Ussel. Celui-ci, comme certains héros de Walter Scott est le fils d’un pauvre roulier marseillais, voleur, routier. Son chemin croise celui du terrible sénéchal de Richard, Mercadier, surnommé Saint-Père l’ennemi du genre humain qui l’adoube chevalier au vu de sa valeur et de son audace. En plus, il est, comme beaucoup de ses confrères, un musicien, un chanteur, un vrai troubadour. Guilhem est avant tout un chevalier errant, comme ceux que nous trouvons dans les romans de la Table ronde, souvent à la recherche d’un seigneur à qui il promettra allégeance. Parfois, au gré de ses aventures, il sera seul sur les chemins, parfois il sera au service d’un chef de bande, d’un seigneur, et recevra même un fief un empannage de la part du comte d’Armagnac.

Malgré toutes les horreurs, les crimes qu’il a commis, maintenant il a pour guide moral, les paroles qui furent prononcées lors de son adoubement : « l’ordre de chevalerie ne souffre aucune bassesse. S’il vous arrive de trouver dans la détresse homme, dame ou damoiselle, aidez-les, si vous en voyez le moyen et si ce moyen et en votre pouvoir. » C’est au nom de ces principes, un peu contre son corps défendant qu’il va aider les villageois contre les abus et la cruauté de leur seigneur dans « la Chartre maudite ». Téméraire, rusé, excellent bateleur, Guilhem arrive toujours à se sortir de toutes les embûches qui parcourent son chemin. Doté d’un sens développé de l’observation, il arrive par la logique a démontré la duplicité de certains personnage l’entourant.

Jean d’Aillon nous transporte à une époque rude, violente, où la vie humaine est loin d’avoir la valeur qu’elle a de nos jours. Il a surtout une très bonne connaissance des faits historiques mais surtout des liens, des rapports juridiques de cette époque. A la fin du livre se trouve un lexique reprenant tous les mots du Moyen Âge employés dans ses nouvelles comme une chainse c’est-à-dire une chemise ample ou un estropiat (bandit, voleur).

L’évasion de Richard Cœur de Lion est une façon agréable, lors des longues soirées d’hiver, de voyager dans le temps, de cheminer dans la France et l’Europe d’il y a 800 ans, un vrai dépaysement.

Emile Cougut


L’évasion de Richard Cœur de Lion

Jean d’Aillon

Éditions Flammarion. 22€


WUKALI 31/10/ 2015
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