Borodin Quartet performs in Aix en Provence

Depuis sa fondation en 1944, le** Quatuor Borodine*] a été célébré par l’ensemble de la critique pour l’exigence de ses interprétations dans le domaine de la musique de chambre. Le plus ancien [quatuor à cordes aujourd’hui encore en activité a donné samedi 13 janvier, au conservatoire Darius Milhaud d’Aix en Provence, [**les deux Quatuors n°15 de Beethoven et de Chostakovitch.*]

Les membres du Quatuor continuent à piocher dans le répertoire de Chostakovitch avec bonheur. Le quatuor n°15 de Dmitri Chostakovich, proposé avec le quatuor n° 15 de Beethoven, c’est la garantie d’une soirée réussie, mais pas forcément placée sous le signe de la légèreté et de l’allégresse. Deux registres radicalement différents et un jeu sans concession pour interpréter ces chefs d’œuvres.

L’œuvre de [**Beethoven*] témoigne du combat que mène le musicien ; de la souffrance, de l’introspection, de la violence, mais elle est aussi porteuse d’espoir. Ce soir là, ce ne fut pas si perceptible, car le public aura vécu une expérience musicale plus douloureuse que romantique ou remplie de promesse. Il est vrai que ce quatuor à cordes de Beethoven impose cette tension que les musiciens n’ont pas eu de mal à traduire. C’était même au delà. Sobres, entre pudeur et confession comme renfermés sur la partition, solitaires comme s’ils jouaient parfois pour eux-mêmes, les musiciens ont fait preuve d’une excellence technique. Mettant entre la scène et le public une distance inhabituelle, le quatuor Borodine est par moment déroutant mais toujours remarquable. On se souviendra longtemps du « chant de la convalescence » d’une incroyable complexité.



Après l’entracte, place à l’œuvre sublime de [**Chostakovitch*]. Un requiem qui livre toutes ces noirceurs, résignations, souffrances… mais qui n’en est pas moins contrasté.
Lumières éteintes avec pour seul éclairage les pupitres, l’atmosphère collaient idéalement à l’interprétation et donnait un caractère angoissant à la partition. Il est vrai qu’il s’agit de nous faire « vivre » la fin de vie du compositeur. À la fois lente, triste, nuancée de moments où jaillit enfin un peu d’ allégresse et de sérénité.

Et ce soir là, on retiendra justement la noirceur qui fait grincer les cordes et briser les cœurs. Ces quatuors n°15 ont offert un véritable inventaire des possibilités des musiciens, avec des contrastes inouïs.

[**Pétra Wauters*]


[**Quatuor Borondine:*]
Violon – Ruben Aharonian
Violon – Serguey Lomovsky
Alto – Igor Naidin
Violoncelle – Vladimir Balshin

Photo
© Andy Staples


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WUKALI 15/01/2018)]

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