An excellent historic novel taking place in Constantinople during the 7th century


Bien sûr, il y a Salammbô de [**Gustave Flaubert,*] mais soyons sincères c’est une exception dans la catégorie des romans « historiques », des romans dont l’action se déroule à une autre période du passé (sinon ce serait de la science-fiction) que celle où vit le romancier. Il y a des génies de la littérature mondiale qui se sont essayés à cet exercice. Sans remonter jusqu’à l’auteur inconnu de l’épopée de Gilgamesh, tout de suite nous pensons à [**Walter Scott*] et en France à [**Alexandre Dumas*] (père). Mais n’oublions pas tous les romans qui ont bercé notre enfance et qui continuent à nous faire rêver comme L’Île au trésor, Sinouhé l ‘égyptien, sans oublier bien sûr, Ben Hur ou Quo Vadis ? Et ce n’est là qu’un tout début de liste. Dans les colonnes de Wukali j’ai déjà écrit tout le bien que je pense de la collection « Les grands détectives » publiée par 10/18 : une trame policière (souvent très accessoire) sur un fond historique évitant les uchronies et autres fantasmes liés à l’histoire. Il est difficile de prendre les auteurs à défaut. Ce n’est pas le cas pour tous les romans historiques, mais comme le disait Alexandre Dumas (père) : « on a le droit de violer l’histoire, mais à condition de lui faire de beaux enfants ». Et il savait de quoi il parlait ! Songeons à la[** Reine Margot*]. A la Restauration, la fille d'[**Henri II*], la femme d'[**Henri IV*] était [**Marguerite de Valois*]. C’est Alexandre Dumas (père) qui l’a affublée du surnom de «Margot ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que plus d’un ne la connaissent que par son surnom et en ont oublié son prénom.

Tout cela pour dire que quand vous lisez un roman « historique », il ne faut surtout pas vouloir trouver la Vérité historique (si elle existe toutefois). Peu importe de fait s’il y a des erreurs, à condition que cela ne soit pas des uchronies (comme des coups de canons lors du siège de Syracuse par les Romains) ou des purs fantasmes nés dans le cerveau de l’auteur. Si vous voulez vous informer sur une période de l’histoire, il y a de très bons livres écrits par des historiens qui vous informeront précisément sur elle. D’ailleurs, un bon roman « historique » peut inciter le lecteur à approfondir ses connaissances.


Je rangerai [**Constantinople*] de [**Baptiste Touverey*] dans cette catégorie. Les problèmes de l’empire byzantin au VIIe siècle sont relativement peu enseignés (pour ne pas écrire pas du tout), dans notre beau pays. Et pourtant, cette période de l’histoire a vu la fin d’un conflit pluri-centaire entre l’Empire romain (et ce qui en restait) et la Perse de la dynastie des Sassanides.

Ce roman commence aux derniers jours de règne de l’empereur [**Phocas*] « l’usurpateur » : un simple soldat qui grâce à des concours de circonstances et à des maladresses dues, en outre à sa ladrerie, de l’empereur [**Maurice Ier*] a réussi à monter sur le trône. Si on ne craignait pas de faire un anachronisme, on peut dire que Phocas fut un vrai populiste. Mais sa cruauté (avec le massacre, en outre, de Maurice et de toute sa famille) le rendit vite impopulaire. Une révolte organisée par un ancien général de Maurice, [**Héraclius l’ancien*], exarque de Carthage, le renversa. [**Héraclius*], fils d’Héraclius l’ancien monta sur le trône. Ce dernier dut faire face à la poussée des troupes perses de [**Choroès II*] (qui s’était réfugié à Constantinople sous Maurice Ier qui lui avait permis de retrouver son trône) dirigé par le génial stratège [**Shahrvaraz*] (qui renversera Choroès II) et des Avars qui vont mettre le siège à Constantinople durant un peu plus d’un mois. Mais Héraclius finit par triompher.

Bien sûr des approximations historiques, il y en a, de belles inventions comme de faire de [**Fabia Eudoxie*] sa première épouse la fille cachée de Maurice Ier, des raccourcis, mais aussi des faits réels qui paraissent si irréels qu’on peut les croire inventer comme la fuite de l’empereur pour sortir du piège tendu par les Avars ou la tonsure du [**général Prisque*] pour se débarrasser de lui sans faire couler de sang.
Tout y est : l’amour (parfois impossible), les trahisons, les ambitions, la démesure mégalomaniaque, la violence, le courage, les manipulations, le sadisme chez certains, le dévouement total pour d’autres, et j’en passe. Et cela servi par une écriture incisive, rapide qui place [**Constantinople*] dans les (très) bons romans historiques.

[**Émile Cougut*]


[**Constantinople
Baptiste Touverey*]
éditions Robert Laffont/Versilio. 21€50


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WUKALI 14/02/2018)]

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